III. B. Les femmes dans la société française depuis 1958

  • Depuis l’après-guerre, la place des femmes dans la société française évolue. Après avoir milité pendant plus d’un siècle pour obtenir le droit de vote (1944), les femmes se sont battues pour obtenir davantage de droits et, donc, subir moins d’inégalités face aux hommes.

    Ainsi, depuis 1958 (début de la Ve République), elles ont cherché à accéder aux responsabilités politiques, à gagner en indépendance, à supprimer les discriminations dans de nombreux domaines. Ces combats ont nécessité des lois mais n’ont pas tous triomphé.

    En effet, la place des femmes en France souffre encore d’images, de mentalités (paternalisme, supériorité masculine, machisme…) toujours ancrées dans la société.

     

    I] LA PLACE DES FEMMES DANS LA VIE ACTIVE ET LE MONDE DU TRAVAIL

    Depuis les années 1960, les femmes sont entrées massivement dans la vie active, bénéficiant de lois corrigeant des inégalités comme celle de 1965 : loi sur les régimes matrimoniaux : les femmes sont libres d’exercer une activité professionnelle sans l’autorisation de leur mari et peuvent ouvrir un compte en banque en leur nom propre. Les femmes ont également tiré profit de la tertiarisation de l’économie. Néanmoins, 48 % des femmes occupant un emploi sont aujourd’hui concentrées dans 4 secteurs d’activité sur les vingt-quatre que compte le pays : la santé et les services sociaux, l’éducation, l’administration publique et le commerce de détail.

    ♦ Avec la massification de l’enseignement et la loi sur la mixité scolaire (1972 – des mesures en ce sens sont prises dès les années 1960), les femmes ont progressivement eu un accès à l’éducation généralisée et indifférenciée. Leurs parcours scolaires se sont allongés et les filles obtiennent généralement de meilleurs résultats que les garçons, redoublent moins…

    ♦ Cependant, malgré la loi sur la parité professionnelle et sociale (2008 : elle permet d’avoir recours à des quotas pour permettre un accès égal des femmes aux postes de décision : seules douze entreprises respectent actuellement le taux de 40%), les femmes occupent encore bien moins de postes à haute responsabilité que les garçons (on parle de « plafond de verre »). Cela s’explique par une forme de blocage mental/culturel aussi bien dans la société que chez les femmes elles-mêmes (autocensure).

    Il en résulte en tout cas des inégalités de rémunération (les femmes perçoivent en moyenne un salaire 25 % inférieur au salaire masculin). Malgré la progression du niveau moyen d’éducation, de lois (imposant l’égalité salariale en 1972) qui interdisent toute forme de discrimination envers les femmes (à travail égal, salaire égal), la répartition des femmes et des hommes sur le marché du travail évolue peu et empêche le rapprochement du salaire moyen.

    ♦ En outre, les femmes subissent aussi sur le marché du travail des mêmes stéréotypes et affres que dans la société comme le harcèlement (sanctionné dans le cadre du travail seulement depuis 1992).

    ♦ Traditionnellement attachées aux tâches domestiques et maternelles (garde d’enfant), les femmes ont plus tendance à être en temps partiel (en 2013, 82,5% des emplois à temps partiel sont occupés par les femmes).

     

    II] LA PLACE DES FEMMES DANS LA VIE POLITIQUE

    ♦ Si les femmes obtiennent le droit de vote en 1944, elles sont peu représentées dans les partis politiques et les instances du pouvoir sous la IVe République et au début de la Ve. Il faut attendre Valéry GISCARD D’ESTAING pour les voir occuper davantage de postes de responsabilité : le troisième président de la Ve République fait en effet de la féminisation du gouvernement un marqueur de modernité (Simone VEIL est nommée ministre de la Santé).

    ♦ Dans les années 1990, des féministes et des femmes politiques de tous bords revendiquent la parité (manifeste des 577 en 1993), c’est-à-dire un principe qui vise à obtenir le même nombre d’hommes et de femmes dans la représentation politique nationale et locale. La parité devient un thème important de la campagne présidentielle de 1995 et, après la victoire de la gauche aux élections législatives, le Premier ministre Lionel JOSPIN s’engage à faire réviser la Constitution, d’autant plus que l’opinion est très favorable à ce principe (77 % selon un sondage de 1996). Ainsi est opérée en 1999 une révision constitutionnelle qui exige l’accès égal des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives : ce principe est appliqué par la loi du 6 juin 2000. La parité devient obligatoire pour tous les scrutins de liste (élections municipales, régionales, européennes).

    Sous François HOLLANDE puis Emmanuel MACRON, les femmes occupent davantage de postes politiques à responsabilité. En 2018, 38,8 % des députés (Assemblée nationale) sont des femmes (elles étaient 6 % en 1993). Le gouvernement est paritaire est des ministères considérés comme relevant de la responsabilité masculine ont été dévolus à des femmes (Florence PARLY, ministre des Armées).

    ♦ Des progrès restent à faire. Si une authentique amélioration de la parité s’observe tant à l’échelon départemental (pour la première fois grâce à la loi de mai 2013, les conseillères départementales représentent la moitié des assemblées et des bureaux) que régional (où la situation est identique), les hommes restent souvent à la tête des instances territoriales et ont la charge des grands portefeuilles. De même, peu de femmes accèdent à la tête des grands partis (excepté le cas du Front national).

     

    III] LA PLACE DES FEMMES DANS LA SOCIÉTÉ ET LES REPRÉSENTATIONS

    Dans les années 1950 et 1960, les femmes restent à de nombreux égards dans une situation d’infériorité, subissant les représentations d’une société française encore très traditionnelle. Souvent mariées, elles sont soumises à leurs époux d’après le Code civil.

    Les mutations générationnelles de la fin des années 1960 (Mai 68 par exemple) favorise le renouveau du féminisme (MLF, mouvement de libération des femmes, par exemple). Plus diplômées, favorables à l’indépendance et remettant en cause les traditions, les femmes réclament le droit à maîtriser leurs corps et leur sexualité (loi Neuwirth sur la contraception en 1967 ; Simone VEIL parvient avec difficultés à faire voter la loi sur l’interruption volontaire de grossesse – IVG – en 1975).

    L’évolution des mœurs et de la société a permis l’émancipation des femmes mais leur situation et leurs conditions demeurent fragiles. Le machisme et le paternalisme restent encore ancrés à des degrés divers dans la culture de la société française et de ses composantes (selon la géographie et les cultures). Les violences faites aux femmes, le « tabou du viol » (expression utilisée par le « Manifeste des 313 » en 2012), le harcèlement sont des sujets de plus en plus soulevés aujourd’hui.

     

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