I. B. Le Moyen-Orient et le pétrole

  • Le Moyen-Orient apparaît comme une région complexe. On la considère comme une « poudrière » pour plusieurs raisons :

    forte diversité religieuse et culturelle : islam sunnite, islam chiite, christianisme, judaïsme…

    une grande importance géostratégique : position de carrefour de la région. Historiquement, le Proche et Moyen-Orient est une zone de passage mettant en contact l’Europe et l’Asie, suscitant l’intérêt et les appétits des puissances extérieures depuis le XIXe siècle ;

    une forte pression démographique sur les ressources : question du développement économique et de la forte pression qu’exerce cette population sur les ressources, notamment l’eau ;

    les plus importantes réserves mondiales de pétrole : avec près des 2/3 des réserves pétrolières conventionnelles mondiales estimées et 40% des réserves gazières aujourd’hui connues, le Moyen-Orient est devenu un lieu majeur de production couvrant une part essentielle des besoins énergétiques mondiaux.

     

    I] L’OR NOIR DU MOYEN-ORIENT, UNE RESSOURCE CONVOITÉE DÈS LE DÉBUT DU XXE SIÈCLE

    ♦ La découverte du pétrole (« or noir ») en Iran en 1908 devient rapidement un enjeu pour les Occidentaux. L’Anglo-Persian Oil Company (APOC) est la première compagnie privée (britannique) fondée (en 1909) pour exploiter le pétrole, en Iran. Suivront ensuite l’Irak Petroleum Company (IPC, par l’APOC), la Shell, la Standard Oil Company, la Compagnie française des pétroles en 1927… Ces compagnies occidentales constitueront un cartel en 1928, décidant ensemble de la production, des prix, des redevances à payer aux États, etc. Seule une part réduite des bénéfices est reversée aux pays producteurs.

    ♦ Après 1918, l’essor industriel occidental pousse le Royaume-Uni et les États-Unis à s’assurer le contrôle des lieux de production et des routes d’acheminement (le pétrole devient, en 1945, la première source d’énergie des pays industrialisés). Les Américains s’engagent ainsi dans une chasse à l’acquisition de concessions pétrolières : en février 1945, ROOSEVELT scelle un accord de protection militaire de l’Arabie Saoudite par les États-Unis en échange de l’exploitation du pétrole saoudien.

    La situation change à partir des années 1970 quand les pays pétroliers (unis depuis 1960 au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole – OPEP) décident de prendre le contrôle de la production (par nationalisation). L’augmentation des prix du pétrole leur permet alors de s’enrichir.

     

    II] LE PÉTROLE, UNE ARME POLITIQUE POUR LES ÉTATS DU MOYEN-ORIENT

    ♦ Dans les années 1950, certains États du Moyen-Orient tentent de reprendre en main l’exploitation de leurs ressources en pétrole. C’est le cas de l’Iran qui procède à une nationalisation (de l’Anglo-Iranian Oil Company) décidée par le Premier ministre (Mohammad MOSSADEGH) mais celui-ci est renversé par la CIA (1951).

    ♦ En Égypte, le général NASSER (arrivé au pouvoir en 1952) tente de gagner en légitimité et d’affirmer l’indépendance de son pays en nationalisant le canal de Suez, seuil majeur du transit d’hydrocarbures. Une coalition France-Grande-Bretagne-Israël tente d’intervenir mais recule sous la pression américaine et soviétique (1956). Le blocage du canal provoquera une pénurie d’essence dans plusieurs pays industrialisés.

    ♦ Réunis au sein de l’OPEP (1960) pour défendre leurs intérêts et maîtriser leurs ressources (rente pétrolière), les pays pétroliers vont utiliser leur pétrole comme arme de pression mondiale dans le cadre de conflits régionaux :

    -le 16 octobre 1973, ils augmentent unilatéralement de 70 % le prix du baril de brut pour obliger les alliés d’Israël à pousser l’État juif à battre en retraite durant la guerre de Kippour (premier choc pétrolier) ;

    -en janvier 1979 débute un second choc pétrolier provoqué par les bouleversements dans l’un des pays producteurs, l’Iran (révolution islamique, guerre avec l’Irak). L’offre est inférieure à la demande, les prix sont alors multipliés par 2,7 entre le milieu de l’année 1978 et 1981.

     

    III] LE PÉTROLE RESTE UN ENJEU ET UNE SOURCE DE TENSIONS DE NOS JOURS

    ♦ Depuis le début des années 1990, l’accès aux ressources pétrolières et leur contrôle engendrent des tensions géopolitiques (entre le Koweït et l’Arabie Saoudite, entre le Qatar et Bahreïn par exemple) voire des affrontements militaires (guerre du Golfe en 1990-1991).

    ♦ Le pétrole du Moyen-Orient attire la convoitise des grandes puissances mondiales qui dépendent encore de cette matière première. Celles-ci tentent de passer des accords avec les États pétroliers, comme la Chine.

    ♦ En 2003, l’invasion de l’Irak par les États-Unis semble avoir eu, pour cause cachée, l’accès aux ressources du pays. La guerre, meurtrière, a suscité une hostilité mondiale.

    ♦ Aujourd’hui, on assiste à des mutations significatives :

    -les États-Unis ont tendance à se reconcentrer vers leurs propres ressources pétrolières ;

    -la demande des pays émergents s’accroît ;

    -cependant, une transition énergétique se dessine alors que les ressources se raréfient ;

    -dans un contexte de tensions régionales, plusieurs États du Moyen-Orient optent pour un transit terrestre (pipeline) plutôt que maritime (via le détroit d’Ormuz, contrôlé par l’Iran).

     

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