III. B. Les Français dans le monde

  • La France est traditionnellement une terre d’immigration. Néanmoins, les Français participent bien aux migrations internationales c’est-à-dire à l’ensemble des déplacements effectués par les populations d’un État vers un autre, essentiellement pour des raisons familiales, économiques (emploi, formation…) voire politiques (guerres…).

    Un peu plus de deux millions – 2 300 000 exactement – de Français vivraient à l’étranger aujourd’hui, soit environ 1,6 millions d’inscrits au registre des Français établis hors de France (qui remplace depuis 2004 l’immatriculation consulaire) auxquels il faudrait ajouter plus de 0,8 millions de non-inscrits suivant les estimations des consulats.

    On peut noter une montée récente des flux car les Français qui s’expatrient sont chaque année plus nombreux, la tendance ne se démentant pas depuis 1990. La progression sur les dix dernières années est de l’ordre de + 50 %. On parle de « nouvelles mobilités ».

     

    I] QUI SONT LES FRANÇAIS PARTANT À L’ÉTRANGER ?

    Il est possible de dresser d’après diverses enquêtes un portrait-robot du Français à l’étranger. La majorité des expatriés sont des hommes (deux tiers) plutôt avancés dans leur carrière (52% ont plus de 40 ans en 2010, alors que jusqu’alors, la proportion des moins de 35 ans était majoritaire) et occupant des postes de cadres supérieurs ou d’employés : près de la moitié est employé dans une entreprise locale, 4% sont étudiants. Ce sont souvent des salariés de moins en moins bien rémunérés : la moitié touche moins de 45 000 € par an. 71% d’entre eux sont mariés ou vivent en couple et un tiers vit avec son enfant sur place.

    ♦ Ce « portrait-robot » un peu schématique cache en fait un grand nombre de situations très différentes :

    • les Français de l’étranger peuvent y être détachés temporairement (en moyenne deux ou trois ans) par une administration ou une entreprise française qui demeure leur employeur après l’expatriation ;
    • ils peuvent mener des études pendant un an ou deux. Leur « investissement » dans le pays d’accueil sera dans ce contexte plus limité ;
    • à l’opposé, les « binationaux », qui possèdent la nationalité française et celle (en général) du pays de résidence, sont installés pour une durée beaucoup plus longue, voire de façon définitive quand le pays d’accueil offre des conditions de vie jugées satisfaisantes. Ils « disparaissent » alors des statistiques de l’expatriation.

     

    II] POURQUOI LES FRANÇAIS PARTENT-ILS À L’ÉTRANGER ?

    ♦ Les raisons du départ sont nombreuses. Cependant, d’après les enquêtes, les motivations principales sont le désir de quitter la France et l’enrichissement culturel.

    La plupart reviennent en France 2 à 3 fois par an. La possibilité de s’expatrier, phénomène en croissance depuis les années 1990, est liée au développement des réseaux de communication (avion, LGV, Internet…).

     

    III] OÙ VONT LES EXPATRIÉS FRANÇAIS ?

    ♦ À l’échelle mondiale, deux pôles majeurs apparaissent dans la mondialisation des expatriés français : l’Union Européenne à 27, qui accueille plus de la moitié des expatriés, et l’Amérique du Nord (États-Unis, Canada dont le Québec francophone), ces deux espaces cumulés en accueillant au total les deux tiers. A l’inverse, les régions traditionnelles de l’expatriation française que sont le Maghreb et l’Afrique sub-saharienne francophone n’accueillent plus qu’une minorité de Français expatriés. Viennent ensuite le Proche et Moyen Orient, l’Amérique latine, l’Asie Océanie, l’Europe de l’est et l’Afrique non francophone. Si c’est dans les trois dernières régions que le nombre d’expatriés est le plus faible, ce sont elles qui actuellement enregistrent les plus fortes progressions, en partant il est vrai souvent de très bas mais témoignant d’une certaine réorientation de l’expatriation française pilotée par l’internationalisation des firmes transnationales françaises. A l’inverse, les plus fortes baisses concernent des pays aux conditions de vie particulièrement difficiles (Afghanistan, Irak, Syrie…) mais aussi l’Afrique francophone et la Scandinavie.

    De façon plus précise, quatre destinations se détachent nettement, avec chacune plus de 100 000 Français tout en notant encore qu’il ne s’agit que des seules immatriculations officiellement enregistrées, soit un nombre très largement sous-estimé : la Suisse, les États-Unis, le Royaume Uni et l’Allemagne.

    ♦ Le rôle des grandes métropoles comme principaux espaces d’accueil est considérable comme New York, Los Angeles ou Londres. Certains estiment ainsi que Londres, avec une population de 300 000 Français, pour la plupart non–immatriculés, serait la sixième ville de France. Les jeunes diplômés des Écoles de commerce y sont particulièrement appréciés, de même que les ingénieurs des grandes écoles, recherchés pour leurs compétences mathématiques par les milieux financiers de la City

     

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