II. B. Les migrations internationales

  • 232 millions de migrants étaient recensés dans le monde en 2013. Il s’agit de « toute personne qui vit de façon temporaire ou permanente dans un pays dans lequel il n’est pas né et qui a acquis d’importants liens sociaux avec ce pays » (UNESCO). En d’autres termes, plus de 230 millions de personnes résident actuellement dans un pays où ils ne sont pas nés. Le nombre de migrant a doublé au cours des 20 dernières années : c’est donc un trait marquant du phénomène de mondialisation.

    Cependant, cette définition est trop restrictive puisque beaucoup de ces migrants restent mobiles, se déplacent d’un lieu à un autre, voire effectuent des allers retours avec leur pays d’origine. Les motivations et les situations des migrants sont par ailleurs très contrastées. Le phénomène est donc complexe et concerne l’ensemble des régions du monde, suscitant souvent débat (accueil des migrants syriens en Europe par exemple).

     

    I] LES FLUX MIGRATOIRES : UNE DIVERSITÉ DE SITUATIONS

    ♦ Réfugiés (statut régi par l’article 1er A2 de la Convention de Genève du 28 juillet 1951) : en 2015, il y avait 16,1 millions réfugiés dans le monde. Allemagne, États-Unis et France sont les 3 principaux pays d’accueil.

    Déplacés : ils n’ont pas de statut international et leur nombre est difficile à évaluer (pas de recensement statistique comme dans le cas des réfugiés). L’UNHCR estime que, en 2016, 60 millions de personnes dans le monde ont été forcés de quitter leurs maisons (certains sont réfugiés), 60 % de plus que la décennie présente. Ils se retrouvent souvent dans les pays voisins, parfois dans des camps de déplacés devenant de véritables villes (comme le camp de Dadaab au Kenya : « 285 000 habitants »).

    Migrations illégales (clandestins) : leur nombre est estimé à 30 millions. Elles reposent sur une disparité de revenus et de conditions de vie.

    Migrations légales/choisies (cas du Brain Drain) : l’exode est parfois très important dans les pays du Sud (Haïti = 80 % de la main d’œuvre qualifiée ; Cap-Vert = 67 % ; Maroc = 17 %). 2,5 millions de Français vivaient hors de la France en 2017 (la moitié sont en Europe).

    ♦ On pourrait enfin citer les migrations saisonnières transfrontalières.

    ♦ Ces diverses formes de migration peuvent alimenter des diasporas, c’est-à-dire l’ensemble des membres d’une communauté dispersés dans plusieurs pays. Les profils varient grandement selon les États d’origine. Parfois, une certaine nationalité est aimantée par un pays d’accueil en particulier, phénomène que les démographes appellent un « couple migratoire » : les Mexicains s’installent quasi exclusivement aux États-Unis, 90 % des ressortissants algériens immigrés en Europe choisissent la France… D’autres diasporas se répartissent dans une multitude de pays, ainsi 40 millions de Chinois ont élu domicile dans près de 130 nations différentes. Les plus grandes communautés vivant à l’étranger sont les Indiens (16 millions), puis les Mexicains (12 millions), les Russes (11 millions), les Chinois (10 millions) et les Bangladais (7 millions).

    La moitié des 232 millions d’immigrés (244 en 2016) vivent dans 10 pays : 1. États-Unis (46 millions) ; 2. Allemagne (12 millions) ; 3. Russie (11,5 millions) ; 4. Arabie Saoudite (10 millions) ; 5. Royaume-Uni (8,5 millions) ; 6. EAU (8 millions : la population des émirats est composée à 88 % d’immigrés) ; 7. Canada (7,8 millions) ; 8. France (7,8 millions) ; 9. Australie (6,7 millions) ; 10. Espagne (5,8 millions).

     

    II] LE MIGRANT DANS UN SYSTÈME MONDIALISÉ

    ♦ Si le parcours des migrants légaux ressemble à une mobilité presque quelconque (expatriation organisée, parfois soutenue par les États et réalisée par des moyens conventionnels, l’avion généralement), celui des réfugiés et des migrants économiques (clandestins) est plus ardu.

    Les distances parcourues sont plus ou moins longues (le Mexicain parcourt quelques dizaines voire centaines de kilomètres, l’Erythréen plusieurs centaines voire des milliers) et les moyens de transport utilisés sont compliqués (bateaux de fortune, soute d’avion, remorque de camion).

    ♦ Comme dans tout flux de la mondialisation, les trajets peuvent varier selon les contextes (l’accord UE-Turquie a par exemple fermé le passage via les détroits du Bosphore/Dardanelles) et s’organisent en réseaux avec leurs structures (« passeurs ») et leurs nœuds (Calais, Ceuta, corridor migratoire du Mexique).

     

    III] DES PAYS D’ACCUEIL PARTAGÉS ENTRE OUVERTURE ET FERMETURE

    ♦ En Europe, la crise syrienne a relancé les débats sur l’accueil des migrants, réfugiés politiques et « clandestins ». Certains États se sont manifestés par leur ouverture (Allemagne : 1 million de réfugiés accueillis), d’autres par leur fermeture (Hongrie), d’autres encore par leur passivité (France).

    Dans des contextes économiques contrariés, les gouvernements choisissent parfois de soutenir des projets controversés (murs, lois encadrant l’arrivée de migrants, réfugiés compris, création d’un ministère de l’Immigration sous SARKOZY, quotas) pour répondre aux demandes d’une opinion publique quelque fois xénophobes et méfiantes (émeutes dans les bidonvilles sud-africains en 2009 par exemple).

    ♦ Les migrations peuvent avoir des conséquences humanitaires graves (traversée du Mexique sur la « Bestia » [train], « trajet le plus dangereux du monde » selon Amnesty International ; traversée de la Méditerranée), c’est pourquoi pays d’accueil et pays de départ peuvent tenter de décourager l’émigration.

    ♦ Néanmoins, les migrants constituent un atout pour les pays d’accueil (ils occupent les emplois délaissés par les populations locales ; ils financent les retraites et participent aux impôts) et pour les pays de départ (300 à 400 milliards de remises par an !).

     

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  • Le tourisme international en 2015


    Géographie Term L-ES-S, Nathan, coll. E. JANIN, 2016, p. 97.

    Les migrations dans le monde, entre tensions et régulations


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 79.

    L’archipel touristique mondial


    Géographie Term ES/L, Hachette, 2016, p. 83.

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