II. 2. La Chine et le monde depuis 1949

  • I] L’ÉMERGENCE D’UN SECOND PÔLE COMMUNISTE AU DÉBUT DE LA GUERRE FROIDE

    A) Dans les années 1940, la Chine retrouve son indépendance et sa souveraineté sous l’autorité des communistes
    -Un État bouleversé par la Seconde Guerre mondiale
    -Les communistes prennent le pouvoir au cours d’une deuxième guerre civile (1949)
    -Une dictature (totalitaire ?) fondée sur une idéologie communiste originale

    B) La Chine devient donc un État communiste qui cherche sa place dans le Bloc Est
    -Elle apparaît rapidement comme le principal allié de l’URSS
    -La Chine devient aussi un acteur majeur du Bloc Est
    -Néanmoins, la Chine s’éloigne progressivement de l’URSS (1956-1963) : c’est la rupture sino-soviétique

    C) La Chine communiste cherche d’abord à s’affirmer régionalement (en Asie)
    -Une nouvelle puissance reconnue par ses voisins
    -La Chine veut acquérir de nouveaux territoires en Asie
    -Une politique de puissance régionale face à ses trois rivaux : le Japon, Taïwan et l’Inde

    II] LA CHINE, D’UN RELATIF ISOLEMENT À LA RECONNAISSANCE INTERNATIONALE (ANNÉES 1960 À 1978)

    A) La difficile construction de la puissance à l’échelle mondiale : la Chine, leader du Tiers-Monde
    -La conférence de Bandung (1955) : l’entrée de la Chine sur la scène internationale
    -Une diplomatie originale pour obtenir de nombreux alliés : aider et développer les relations avec les pays en développement
    -La « théorie des trois mondes » (Deng XIAOPING), une nouvelle conception des relations internationales

    B) La Chine communiste de moins en moins isolée : des relations « normalisées » avec l’Occident durant les années 1970
    -Le rapprochement avec les États-Unis dans le cadre de la diplomatie triangulaire de NIXON
    -Un État désormais reconnu à l’échelle internationale
    -L’Occident entre admiration et crainte de la Chine

    C) La Chine n’est pas une puissance dans les années 1960-1970 : elle reste un pays pauvre
    -La RPC ne peut pas encore peser face aux deux Grands dans la guerre froide
    -Un pays affaibli par sa politique totalitaire : la Révolution culturelle (1966)
    -Le modèle maoïste à bout de souffle ?

    III] LA PUISSANCE CHINOISE SE CONSTRUIT VÉRITABLEMENT À PARTIR DES ANNÉES 1980

    A) Le « réaliste » DENG Xiaoping et l’ouverture économique de la Chine au monde
    -Des réformes structurelles : la politique des Quatre Modernisations (1978)
    -Une remise en cause du maoïsme : le « socialisme de marché »
    -La Chine devient un pays-atelier : la création des ZES

    B) La Chine devient une puissance mondiale assez rapidement (en trente ans)
    -Une puissance surtout économique dont dépendent les pays du Nord et les pays du Sud
    -Sa présence s’est accrue sur les différents marchés mondiaux et dans la gouvernance économique
    -Elle cherche depuis les années 1990 à véhiculer une certaine image de puissance

    C) La construction de la puissance chinoise n’est pas achevée
    -La Chine reste en retrait dans de nombreux domaines à l’échelle mondiale
    -Elle a du mal à s’imposer à l’échelle régionale/continentale
    -La puissance incomplète chinoise est fréquemment critiquée

  • LEXIQUE

    Diplomatie triangulaire :

    Politique suivie par le président américain Richard NIXON (1969-1974) et son conseiller Henry KISSINGER afin d’isoler l’URSS en se rapprochant de la Chine.

    Grand Bond en avant :

    Politique engagée par MAO Zedong entre 1958 et 1961 afin d’augmenter la productivité grâce à la mobilisation des masses (regroupées dans des communes populaires collectivisées). Ce sera un échec, provoquant une catastrophe humanitaire (30 millions de morts).

    Laogai :

    Contraction d’un terme chinois signifiant « rééducation par le travail ». Il s’agit d’un camp de travaux forcés (comme il en existe en URSS – goulags – ou dans d’autres régimes répressifs) inséré au sein du système concentrationnaire chinois développé sous MAO Zedong à l’encontre des « 9 catégories de nuisibles » : propriétaires fonciers, paysans riches, contre-révolutionnaires, mauvais éléments, droitistes ou droitiers, militaires et agents du Kuomintang, agents ennemis capitalistes et intellectuels durant la Révolution culturelle). Les laogai sont toujours en service et leur existence a été médiatisée durant les années 2000 (affaires de torture, de prélèvements d’organes, etc.).

    Maoïsme :

    Communisme (marxiste-léniniste) appliqué par MAO Zedong en Chine de 1949 à 1976. Il repose sur la modernisation forcée du pays par le bas (et non par le haut), s’appuie sur les « masses » paysannes (et non les ouvriers comme en URSS) et valorise la nation chinoise (nationalisme).

    Révolution culturelle :

    Politique de MAO Zedong lancée en 1966 dont le but est d’éliminer les opposants grâce à une « révolution permanente » incarnée par la jeunesse.

    Socialisme de marché :

    Expression inventée par DENG Xiaoping dans les années 1980 pour désigner le nouveau modèle chinois reposant d’une part sur l’immobilisme politique et, d’autre part, sur une politique de réformes économiques libérales.

    Théorie des trois mondes :

    Énoncée par DENG Xiaoping à l’ONU en 1974, cette théorie distingue trois « mondes » qui régissent la politique mondiale : 1. les deux superpuissances à la recherche de l’hégémonie et représentant une grave menace pour les autres ; 2. les pays développés et le Tiers-Monde soumis à ces deux « Grands » et 3. les pays en voie de développement insoumis et la Chine qui ont des intérêts communs.

    Zone économique exclusive (ZES) :

    A partir de 1980, territoires (souvent littoraux) proposant aux entreprises étrangères des conditions préférentielles pour s’installer (droits de douane et impôts réduits).

    CHRONOLOGIE

    2 septembre 1945 :

    Le Guomindang (parti nationaliste), considéré comme l’interlocuteur et le représentant de la Chine, signe l’acte de capitulation du Japon dans le camp des vainqueurs.

    28 août-10 octobre 1945 :

    Réunie sous la pression des États-Unis, la conférence de Chongqing a pour but de former un gouvernement de coalition en Chine.

    10 septembre 1945 :

    Reprise de la guerre civile (débutée en 1927) entre les nationalistes du Guomindang et les communistes du Parti communiste chinois (PCC).

    Janvier 1949 :

    Prise de Pékin par l’Armée populaire de libération, représentant les communistes. D’avril à novembre, la plupart des autres villes chinoises tomberont sans grande résistance.

    1er octobre 1949 :

    Proclamation de la République populaire de Chine (RPC) par MAO Zedong qui devient alors président du gouvernement populaire. Battus, les nationalistes se réfugient sur l’île de Formose (Taïwan).

    6 janvier 1950 :

    Le Royaume-Uni, qui possède des intérêts en Chine (Hong Kong), reconnaît la RPC, contrairement aux autres États du Bloc ouest (il faudra cependant attendre 1972 pour qu’un ambassadeur y soit établi).

    14 février 1950 :

    Traité d’amitié sino-soviétique (d’alliance et d’assistance mutuelle).

    Octobre 1950 :

    Invasion puis occupation du Tibet par la RPC ; la région sera annexée en 1955 (bénéficiant du statut de « région autonome »).

    Novembre 1950 :

    Début de l’intervention chinoise dans la guerre de Corée, débutée en juin (a guerre fera près de 150 000 morts du côté chinois).

    5 septembre 1954 :

    La Chine communiste bombarde les ilots de Quemoy et de Matsu, contrôlés par la Chine nationaliste ; les tensions seront réactivées plusieurs fois dans les années suivantes (en 1958 par exemple).

    Février-juin 1957 :

    Campagne dite « des Cent fleurs » : la libre-expression est autorisée dans le but d’améliorer le Parti et le régime. La contestation est si importante et radicale que le PCC réagit par la répression.

    Fin 1958 :

    MAO Zedong lance le « Grand bond en avant » (en œuvre jusque 1961) : campagne de mobilisation des masses paysannes pour moderniser le pays (grands travaux) et augmenter la production agricole et industrielle ; ce sera un échec (famine : 30 millions de morts).

    10 mars 1959 :

    Soulèvements à Lhassa de résistants tibétains (soutenus par la CIA) contre le régime chinois ; le dalaï-lama fuit en Inde.

    Été 1960 :

    Les relations entre la RPC et l’URSS se dégradent (rupture sino-soviétique) : Moscou interrompt son aide économique et technique.

    20 octobre-21 novembre 1962 :

    Guerre contre l’Inde pour le contrôle de territoires frontaliers ; les troupes chinoises, plus nombreuses, battent l’armée indienne.

    Décembre 1963-février 1964 :

    Visite de dix pays africains par le premier ministre chinois ZHOU Enlai et son ministre des Affaires étrangères CHEN Yi.

    Janvier 1964 :

    Publication du Petit livre rouge, recueil de citations de MAO Zedong qui bénéficiera d’un succès certain en Europe de l’ouest à la fin de la décennie.

    27 janvier 1964 :

    La France reconnaît officiellement la République populaire de Chine (RPC), position défendue par DE GAULLE dès le 8 janvier ; des ambassadeurs sont alors nommés dans les deux pays pour établir des liens diplomatiques.

    16 octobre 1964 :

    Premier essai nucléaire d’une bombe atomique chinoise (« essai 596 »).

    1er juillet 1966 :

    Mise en œuvre de la « Révolution culturelle » par MAO Zedong et son épouse JIANG Qing : la jeunesse, organisée en factions de gardes rouges, est lancée contre les intellectuels et les fonctionnaires du parti.

    17 juin 1967 :

    Premier essai d’une bombe H chinoise.

    2 mars-11 septembre 1969 :

    Incidents frontaliers entre l’URSS et la RPC au sujet d’une île du fleuve Oussouri.

    24 avril 1970 :

    Mise en orbite du premier satellite chinois (nommé « L’Orient est rouge »).

    25 octobre 1971 :

    La RPC est admise à l’ONU et récupère le siège permanent au Conseil de sécurité occupé depuis 1949 par les nationalistes réfugiés à Taïwan.

    21-28 février 1972 :

    Le président américain Richard NIXON se rend en RPC ; le voyage avait été préparé dès juillet 1971 par son conseiller Henry KISSINGER.

    9 septembre 1976 :

    Huit mois après celle de ZHOU Enlai, mort de MAO Zedong et début d’une forme de « démaoïsation » (arrestation de la « bande des Quatre » accusée d’être à l’origine de la Révolution culturelle).

    18 décembre 1978 :

    DENG Xiaoping et les réformateurs prennent la suite de HUA Guo-Feng à la tête du Parti et de l’Etat : ils mettent en place des réformes économiques basées sur les « Quatre modernisations » (industrie et commerce, éducation, organisation militaire et agriculture) lancées en 1975.

    17 février-16 mars 1979 :

    Guerre courte contre le Vietnam, allié de l’URSS et accusé d’avoir renversé le régime des Khmers rouge (Cambodge). Ce conflit, surtout stratégique et politique, est qualifié de « guerre pédagogique ».

    Fin 1979 :

    Réforme « de la porte ouverte » créant cinq Zones économiques spéciales (ZES) comprenant Canton, Shanghai et Shenzhen (près de Hongkong).

    1984 :

    Décollectivisation des campagnes et fin des communes populaires.

    11 mars 1985 :

    Mikhaïl GORBATCHEV devient secrétaire général du PCUS et s’emploie à normaliser et apaiser les relations avec la Chine (visite à Pékin en mai 1989).

    15 avril-4 juin 1989 :

    Manifestation d’étudiants à Pékin sur la place Tian an’men pour réclamer plus de libertés ; la répression commandée par DENG Xiaoping suscite une indignation internationale.

    9-19 octobre 1992 :

    Le XIVe congrès du Parti communiste chinois (PCC) marque l’accélération des réformes de modernisation et d’ouverture et officialise le concept d’économie socialiste de marché (inscrite dans la Constitution un an plus tard).

    26 avril 1996 :

    Création du « groupe de Shanghai » (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan) ; le groupe deviendra l’Organisation de coopération de Shanghai en 2001.

    1er juillet 1997 :

    Rétrocession d’Hong Kong (qui devient une région administrative spéciale) à la Chine par le Royaume-Uni conformément à la déclaration sino-britannique signée en 1984.

    20 décembre 1999 :

    Rétrocession de Macao par le Portugal qui possédait le territoire depuis 1557.

    10-12 octobre 2000 :

    Premier forum de coopération Chine-Afrique (plus de 40 pays représentés) à Pékin : des fonds sont levés pour aider les Etats africains et pour favoriser l’implantation de sociétés chinoises en Afrique. Depuis, des sommets similaires sont organisés tous les trois ans.

    11 décembre 2001 :

    La RPC adhère à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) après plus de dix ans de négociations.

    15 octobre 2003 :

    Lancement du premier vol spatial habité chinois dans le cadre du programme Shenzhou (« vaisseau divin »).

    29 novembre 2004 :

    Signature d’accords de libre-échange avec 10 pays d’Asie du sud-est (ASEAN).

    12 avril 2005 :

    Accord de réconciliation entre la Chine et l’Inde.

    20 mai 2006 :

    Fin officielle des travaux du barrage des Trois gorges, chantier colossal débuté en 1994 et qui causa le déplacement d’un million de personnes.

    1er juillet 2006 :

    Inauguration de la ligne de chemin de fer Pékin-Lhassa (au Tibet), longue de plus de 4 500 km.

    Décembre 2006 :

    Ouverture du marché chinois aux banques étrangères, conformément aux engagements pris dans le cadre de l’OMC.

    Avril 2007 :

    Le Japon et la Chine déclarent s’engager ensemble pour maintenir la paix en Asie.

    24 octobre 2007 :

    La RPC lance son premier satellite d’exploration lunaire (Chang’e 1), premier pas vers l’envoi d’un taïkonaute sur la Lune.

    Mars 2008 :

    Manifestations au Tibet réprimées par les forces chinoises.

    28 mai 2008 :

    Reprise du dialogue entre la RPC et Taïwan, après dix ans d’interruption et de tensions.

    8 août 2008 :

    Début des Jeux olympiques de Pékin, critiqués par plusieurs mouvements occidentaux appelant au boycott.

    9 novembre 2008 :

    Un plan de relance est voté face au ralentissement de la croissance économique chinoise et pour amortir les effets de la crise financière mondiale ; un second plan est voté en 2015.

    Février 2009 :

    Pékin et Moscou s’accordent pour organiser la livraison de 15 millions de tonnes de pétrole russe pendant vingt ans en échange de 25 milliards de dollars de prêts chinois.

    30 avril 2010 :

    Début de l’exposition universelle de Shanghai (73 millions de visiteurs en 6 mois !).

    29 juin 2010 :

    Signature d’un accord de commerce avec Taïwan.

    8 octobre 2010 :

    Le prix Nobel de la Paix est attribué au dissident chinois LIU Xiaobo, opposant au régime autoritaire chinois.

    Automne 2013 :

    Lancement officiel de la « Nouvelle route de la soie » (stratégie « One Belt, One Road »), politique de développement d’infrastructures de transport terrestre en Eurasie visant à doubler les routes maritimes chinoises (politique du « collier de perles »).

    27 septembre 2014 :

    Début de la « révolution des parapluies » menée par les étudiants et les intellectuels à Hong Kong, réclamant l’instauration d’un suffrage universel pour les élections exécutives organisées dans cette Région administrative spéciale (RAS).

    Octobre 2014 :

    La Chine devient la première puissance économique mondiale, sept ans après avoir atteint le troisième rang (2007) et trois ans après s’être hissée à la deuxième place (2011).

    29 octobre 2015 :

    Fin de la politique de l’enfant unique (déjà assouplie en décembre 2013), instaurée par DENG Xiaoping en 1979.

     

    PERSONNAGES-CLÉ

    TCHANG Kai-Chek/JIANG Jieshi (1887-1975)

    Né dans une famille de commerçants et d’agriculteurs, TCHANG Kai-Chek fait ses classes d’officier militaire au Japon puis revient à Shanghai en pleine révolution de 1911, laquelle accouche de la République chinoise en proie néanmoins à de nombreux troubles et divisions. Il devient l’un des hommes de confiance de SUN Yat-Sen et un cadre du Guomindang. Il est envoyé en URSS en 1923 pour comprendre le modèle d’organisation économique, politique et militaire soviétique. A la mort de SUN Yat-Sen en 1925, il prend la tête du Parti nationaliste (Guomindang) et reconquiert progressivement toute la Chine à l’aide de conseillers soviétiques avec qui il rompt en 1927. Il impose son autorité, éliminant les communistes et les « seigneurs de guerre » puis est élu président de la République en octobre 1928. TCHANG Kai-Chek tente de mettre en place un programme de réforme pour moderniser le pays tout en revivifiant les traditions chinoises face à l’influente culture occidentale. Cependant, l’occupation japonaise puis la Seconde Guerre mondiale contribuent à la fragiliser. A l’issue du conflit, il place la Chine à la tête des vainqueurs du conflit (membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU) mais les Américains ne lui font pas confiance, constatant la corruption généralisée de son entourage et l’inefficacité de son pouvoir. Malgré leur aide, il est obligé de se réfugier avec ses partisans à Taïwan (île de Formose) après la prise de pouvoir des communistes (1949). Ambitionnant de reconquérir la Chine continentale, TCHANG Kai-Chek impose un pouvoir dictatorial (malgré l’apparente démocratie prévue par la Constitution) et la loi martiale ; il réprimera ses adversaires au cours d’une « terreur blanche ».

    MAO Zedong (1893 – 1976)

    Fils aîné d’un paysan aisé, MAO rompt avec sa famille en entreprenant des études supérieures (au lieu de reprendre les affaires familiales) et s’installe à Shanghai où il participe à la fondation du Parti communiste chinois (PCC), en 1921. Commissaire du Parti, il s’intéresse très tôt à la situation paysanne, ce qui forgera sa conception du marxisme-léninisme. La rupture de l’alliance (contre les seigneurs de la guerre) entre le PCC et le Guomindang de TCHANG Kai-Chek en 1927 déclenche une violente guerre civile en Chine. MAO s’impose au sein du PCC grâce aux méthodes soviétiques (purges) ; il organise une « armée rouge des travailleurs et des paysans de Chine » et établit la République soviétique chinoise du Jiangxi (1931), province du sud-est peuplée de 10 millions d’habitants et soumise à une forte répression (700 000 victimes). L’offensive des armées de TCHANG Kai-Chek, maître à Pékin, oblige les partisans de MAO à l’exil vers le nord : c’est la « Longue marche » (1934-35), périple de 12 000 km (atteint de malaria, MAO sera transporté sur la majeure partie du parcours). Elu président du Comité central du Parti Communiste Chinois en février 1935, il s’allie à nouveau avec le Guomindang face à l’invasion japonaise. En fait, il laisse les troupes nationalistes s’épuiser dans la lutte et, dès la capitulation de Tokyo, en 1945, les communistes reprennent la lutte, forçant TCHANG Kai-Chek et ses troupes à fuir à Taïwan. Le 1er octobre 1949, triomphal, MAO proclame à Pékin la République populaire de Chine (RPC) ; il cumule alors les fonctions de président du Parti communiste chinois et de président de la République, jouissant d’une autorité sans partage exprimée lors de la répression de la campagne des Cent Fleurs (1956-57). Cependant, à l’issue de l’échec du « Grand Bond en avant » (1958-60), MAO est évincé de son poste de Président de la RPC, remplacé par LIU Shaoqi. Lancée en 1966 avec l’aide de ses partisans (dont sa quatrième femme, l’influente JIANG Qing), la Révolution culturelle a pour but de réhabiliter MAO et d’éliminer tous ceux qui retardent « l’édification du socialisme ». Le « Grand timonier » rappellera tout de même les grands cadres du régime écartés (ZHOU Enlai, DENG Xiaoping) pour replacer la Chine au cœur de l’échiquier international (rupture avec l’URSS, réconciliation avec les Etats-Unis, entrée à l’ONU).

    LIU Shaoqi (1898-1969)

    LIU Shaoqi naît au sein d’une famille de riches paysans de la province de Hunan (MAO Zedong en est aussi originaire). Il côtoie MAO durant ses études et intègre la Ligue de la jeunesse communiste chinoise (Shanghai) avant de se former à Moscou. A son retour en Chine (1922), il organise plusieurs grèves et manifestations anti-impérialistes dans plusieurs provinces de l’est de la Chine. Il rejoint MAO durant la Longue marche puis dirige les mouvements anti-japonais en Chine du nord. En 1939, il publie un ouvrage intitulé Comment être un bon communiste (dans lequel il prône le respect et la discipline) qui devient un document de base de formation des militants du Parti communiste chinois (PCC). Après la Seconde Guerre mondiale, il devient le numéro 2 du PCC et en dirigera l’école centrale. Successeur de MAO à la tête de la République populaire de Chine (RPC) après l’échec du Grand Bond en avant (1959), LIU Shaoqi est mis à l’écart pendant la Révolution culturelle menée par MAO et la « bande des Quatre » de 1966 à 1969. Envoyé en prison, il y mourra en 1969 (sa mémoire sera réhabilitée par DENG Xiaoping).

    ZHOU Enlai (1898-1976)

    Issu d’une famille lettrée de l’est de la Chine, ZHOU Enlai effectue une partie de ses études à l’étranger (Japon, Europe) où il s’intéresse particulièrement aux mouvements sociaux et à la Révolution bolchevique (1917). C’est à Paris qu’il rencontre DENG Xiaoping et qu’il contribue à fonder la section française du Parti communiste chinois (1920-1921). De retour en Chine, il rejoint le PCC et s’implique dans l’action révolutionnaire : il organise une grève à Shanghai en 1927 (laquelle est durement réprimée par le gouvernement nationaliste) puis prend en 1931 la tête de la « République soviétique du Jiangxi », laboratoire d’un potentiel régime communiste en Chine. Il suit MAO Zedong dans la « Longue marche » entreprise à travers les campagnes du pays (1934-1935) et apparaît comme l’un des personnages clés du parti à la fin de la Seconde Guerre mondiale et à la prise de pouvoir des communistes en 1949. Il cumule alors le poste de Premier ministre et de ministre des Affaires étrangères (il quitte ce poste en 1958), déployant une intense activité diplomatique, basée sur une certaine coexistence pacifique, envers les pays non-alignés, particulièrement en Afrique, mais aussi vis-à-vis des Etats-Unis (c’est lui qui organise l’accueil du président NIXON en 1972. Ses relations avec MAO se détériorent après l’échec du Grand bond en avant (1958). Menacé par la Révolution culturelle, ZHOU Enlai y participe tout en critiquant ses dérives et l’éviction de DENG Xiaoping. A sa mort (1976), ses ennemis politiques au sein du Parti interdiront officiellement toute démonstration publique de deuil.

    DENG Xiaoping (1904-1997)

    Fils d’un propriétaire foncier du Sichuan (dans le centre de la Chine), DENG Xiaoping part pour la France comme ouvrier-étudiant dans les années 1920 (jusqu’en 1927, 4 000 jeunes Chinois s’expatrient ainsi pour étudier et travailler en France). Il travaille dans les usines Schneider, au Creusot, puis chez Hutchinson, à Montargis. Là, il adhère à la branche européenne du Parti Communiste chinois et noue une amitié avec le jeune ZHOU Enlai. Après un détour par Moscou (où il étudie le marxisme-léninisme), il rentre en Chine en 1926 et rejoint MAO Zedong, qui a fondé un république soviétique chinoise dans le Jiangxi. Comme d’autres, il doit fuir cette province en 1934 face à l’armée nationaliste : c’est le début de la « Longue Marche » au cours de laquelle DENG Xiaoping devient une figure de premier plan au sein du parti communiste. Il tiendra des postes importants après la proclamation de la République populaire de Chine (RPC) en 1949 : gouverneur de sa province natale puis vice-premier ministre et ministre de l’économie – il représente alors une ligne plus pragmatique que celle de MAO. S’il supervise la campagne des « Cent fleurs » en 1956 (affirmant qu’« il faut déraciner les mauvaises herbes pour s’en servir comme engrais »), il critiquera le « Grand Bond en avant » (1958). Il devient alors l’une des cibles du recentrage à gauche opéré par MAO Zedong au cours de la « Révolution culturelle » (1966). Il est ainsi évincé de la scène politique et, à 65 ans, doit se soumettre à une rééducation forcée – son fils sera arrêté et torturé au point d’en perdre l’usage de ses jambes. Le chaos causé par la Révolution culturelle pousse MAO, sous l’influence de ZHOU Enlai, à réhabiliter DENG Xiaoping (1973) et à le nommer vice-Premier ministre (et chef d’état-major). DENG rétablit l’autorité en Chine et s’impose face à la gauche du Parti (la « Bande des Quatre ») à la mort de MAO. Surnommé le « Petit timonier » (il mesure 1m50), il est l’artisan du développement rapide de la Chine (programme des Quatre modernisations, élaboré dès les années 1950 ; zones économiques spéciales) mais aussi de sa libéralisation, limitée toutefois comme l’attestent les répressions lancées sous son autorité (à Tian anmen par exemple). Affaibli par l’âge et la maladie de Parkinson, il quitte ses fonctions en 1989 au profit de son protégé JIANG Zemin (maire de Shanghai) tout en continuant d’influencer les milieux dirigeants.

    JIANG Zemin (né en 1926)

    Originaire d’une province située sur le littoral (Jiangsu), JIANG Zemin effectue ses études d’ingénieur à Shanghai dont il deviendra maire en 1985. S’il adhère au Parti communiste chinois (PCC) en 1946, sa carrière politique débute véritablement à l’arrivée de DENG Xiaoping au pouvoir, lequel lui confiera deux postes majeurs en République populaire de Chine (RPC) : Secrétaire général du PCC et président de la Commission militaire centrale. Sous l’égide de son mentor, DENG, JIANG Zemin devient chef de l’Etat chinois en 1993 (nommé président de la République, il se trouve désormais à la tête des trois structures du pouvoir : parti, armée, Etat) et poursuit les réformes économiques libérales. Il décide alors de faire entrer les entrepreneurs et les hommes d’affaires au sein du Parti au nom de la théorie des « Trois représentativités ». Il encadrera en outre la rétrocession d’Hong Kong et de Macao mais, dans l’optique de compromis avec les Etats-Unis, il se refusera à une politique offensive envers Taïwan. En 1998, JIANG Zemin décide d’interdire le renouvellement des mandats des responsables actuels, ce qui entraîne également sa retraite pour 2003, date à laquelle il remet ses attributions de Secrétaire général du Parti et de président de l’État à HU Jintao, son vice-président, élu par l’Assemblée nationale populaire.

    HU Jintao (né en 1942)

    HU Jintao appartient à une génération de dirigeants chinois qui n’a pas connu la Révolution de 1945-49, si bien qu’elle entretient un rapport plus lâche avec l’idéologie et particulièrement les principes maoïstes. Il naît dans une famille de commerçants de la Chine littorale et fait des études en hydro-électricité à Pékin. Il adhère au Parti communiste chinois (PCC) à 22 ans mais il est contraint, au cours de la Révolution culturelle, à un séjour de « rééducation » de deux ans dans la province pauvre du Gansu. Il y rencontre WEN Jiabao qui deviendra son Premier ministre. De retour dans les arcanes du pouvoir, HU Jintao devient en 1982, à 39 ans, le plus jeune membre du Comité central du parti communiste. Toute une jeune génération de technocrates formés à l’étranger garnit alors les rangs de la bureaucratie ; HU Jintao s’appuie sur elle et sur la Ligue de la jeunesse communiste pour monter les échelons du pouvoir. Avec l’appui de DENG Xiaoping, il est ainsi nommé secrétaire du PCC dans la région autonome du Tibet où il réprime des manifestations hostiles (1988-1992) – ce qui lui vaudra le surnom de « boucher de Lhassa ». Entré au Politburo du PCC, il domine le « clan des tuanpai » (jeunesses communistes) qui prendra progressivement la suite du « clan des Shanghaïens » (formé autour de JIANG Zemin) : secrétaire général du PCC en 2002, il devient président de la RPC en 2003 puis prend la tête de la Commission militaire centrale en 2005. Alors que JIANG Zemin s’était surtout concentré sur le développement des villes et des zones côtières chinoises, HU Jintao se focalise sur l’intérieur du pays, se fixant pour objectif la réduction des disparités entre Chinois urbains et ruraux. Désigné « homme le plus puissant du monde » par le magazine Forbes en 2010, il cherche à accroître l’implantation et le rayonnement de la puissance chinoise, dans le monde (entrée à l’OMC en 2001, Jeux olympiques de Pékin en 2008), en Europe (prêts et achats de technologie) et en Afrique (tournée des capitales africaines en 2009).

    XI Jinping (né en 1953)

    XI Jinping vit une jeunesse compliquée. Son père, cadre important du Parti communiste et vice-Premier ministre, est écarté du pouvoir après une purge menée par MAO en 1962 (il sera réhabilité sous DENG Xiaoping). XI Jinping est victime en outre de la Révolution culturelle, envoyé à la campagne où il vit dans une habitation troglodytique jusqu’à ses 22 ans. Là, il adhère au PCC et décroche un diplôme d’ingénieur chimiste. Disciple de DENG Xiaoping, il devient gouverneur du Fujian en 2000, puis patron du Parti au Zhejiang en 2002, deux provinces côtières vitrines des réformes économiques. En 2007, le président HU Jintao le sollicite pour faire le ménage à Shanghai où le chef du Parti a été emporté par un scandale de corruption. La même année, XI Jinping entre au Comité permanent du Bureau politique, le cénacle dirigeant du PCC, dont il prend les rênes en novembre 2012. Il s’impose comme un dirigeant autoritaire, renforçant le Parti et accaparant de nombreux pouvoirs. Reconduit en 2017, il poursuit sa lutte contre la corruption (permettant en outre d’écarter ses rivaux) et l’application de sa « pensée » : faire de la Chine la première puissance asiatique et mondiale d’ici 2015.

     

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  • AFFICHES

    La Chine communiste affiche sa volonté de reconquérir Taïwan (1958)

    Un paysan, un soldat et un ouvrier attaquent TCHANG Kaï-Chek (recroquevillé) et un soldat américain : « Nous devons absolument libérer Taïwan ! »

    Affiche chinoise, septembre 1958.

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016.

    La propagande triomphaliste chinoise durant la Guerre de Corée

    « Soutenons avec force le contingent des volontaires dans la guerre de résistance aux Etats-Unis et d’aide à la Corée. »

    Affiche de propagande chinoise, 1951.

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016.

    La diplomatie du ping-pong (affiche de 1972)

    « La balle argentée transmet l’amitié. » « Vive la grande union des peuples du monde entier ! » Sans mentionner directement les Etats-Unis, officiellement rejetés, l’affiche y fait allusion avec la joueuse noire qui fait par ailleurs écho au discours anti-impérialiste maoïste.

    Affiche de propagande chinoise, 1972.

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 185.

    Propagande autour de la coopération sino-soviétique (1955)

    Affiche de propagande chinoise, 1955.

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 170.

    La Chine maoïste, soutien des luttes du Tiers Monde en 1960

    « Le peuple chinois soutient sans réserve les mouvements démocratiques nationaux d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. » « A bas l’impérialisme ! A bas le colonialisme ! »

    Affiche de propagande chinoise, 1960.

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 181.

    La Chine de MAO s’oppose aux deux Grands (1969)

    « Tous les peuples du monde unis pour vaincre l’impérialisme américain ! Pour vaincre le révisionnisme soviétique ! Pour vaincre les réactionnaires de toutes les nations ! »

    Affiche de l’atelier de propagande des Beaux-Arts de Shanghai, 1969.

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 187.

    La Chine de MAO à la tête du Tiers-Monde (1968)

    « Peuples du monde entier, unissez-vous pour vaincre les envahisseurs américains et tous leurs laquais ! Courage, osez vous battre, ne craignez pas les obstacles, déferlez [sur l’ennemi] et le monde entier appartiendra au peuple ! Tous les démons seront anéantis. » MAO Zedong.

    Affiche de propagande chinoise, 1968.

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 166.

    MAO, espoir de l’Afrique (1968)

    Au bas du portrait figure l’inscription suivante : « Le sauveur ». Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 168.

    Affiches de soutien aux révolutionnaires ruraux (1967)

    Affiche de soutien aux révolutionnaires ruraux, Pékin, 1967.

    Affiche chinoise en faveur de la contraception (1974)

    Affiche chinoise en faveur de la contraception, 1974.

    Affiche de propagande de la Révolution culturelle (1967)

    Sur cette affiche de propagande de 1967 soutenant la Révolution culturelle figurent Mao ainsi que son fidèle bras-droit et vice-Premier ministre Lin BAO (qui sera plus tard accusé de comploter).

    ŒUVRES

    PHOTOGRAPHIES

    Le culte de Mao imposé au Tibet (septembre 1959)


    Installation de portraits de MAO dans le village de Chushul, Tibet, septembre 1959.

    Statue de MAO devant les usines de Wuhan (1971)

    Les collections de l’Histoire, n° 57, octobre-décembre 2012, p. 47.

    Usine d’électronique à Nankin (1987)

    Les collections de l’Histoire, n° 57, octobre-décembre 2012, p. 65.

    Un chef de brigade transmet les informations du Parti en milieu rural

    Les collections de l’Histoire, n°57, p. 59.

    Paysans chinois en 1957

    Les collections de l’Histoire, n°57, p. 51.

    Marches de la honte orchestrées par les Gardes rouges (Anhui, 1967)

    Les collections de l’Histoire, n°57, p. 59.

    Le procès de la Bande des Quatre (1976)

    Les collections de l’histoire, n°57, p. 60.

    Affiches de soutien aux révolutionnaires ruraux (1967)

    Affiche de soutien aux révolutionnaires ruraux, Pékin, 1967.

    SCHÉMAS & INFOGRAPHIES

    La croissance des grands ports mondiaux (2004-2013)

    Pour rappel : l’EVP est une unité approximative de mesure de conteneur. 1 EVP équivaut donc à 20 pieds de longueur (un peu plus de 6 mètres), soit la mesure d’un conteneur standard.
    Géographie Term L-ES-S, Nathan, coll. E. JANIN, 2016, p. 145.

    Le bilan humain de la guerre de Corée (1950-1953)


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 173.

    L’évolution du nombre d’instituts Confucius dans le monde depuis 2006

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 179.

    L’essor démographique et économique de la Chine (1980-2015)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 179.

    Les puissances états-unienne et chinoise (infographie)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 180.


  • Les opérations militaires durant la guerre de Corée (1950-1953)


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 172.

    Le Vietnam, enjeu du conflit sino-soviétique (1978-1979)


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 171.

    La Chine, une puissance isolée ?


    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 175.

    La Chine, une croissance déséquilibrée

    Les collections de l’Histoire, n°57, p. 85.

    L’annexion du Tibet par la RPC

    Atlas des mondes asiatiques (L’Histoire n°402), août 2014, p. 71.

    La victoire de Mao 1946-49

    Atlas des mondes asiatiques (L’Histoire n°402), août 2014, p. 71.

    La Longue Marche

    « 1912-2012 : La Chine, d’un empire à l’autre », Les collections de L’Histoire, n°57, octobre-décembre 2012, p. 34.

    La Chine sous domination au XIXe siècle

    Atlas des mondes asiatiques (L’Histoire n°402), août 2014, p. 65.

    Les inégalités spatiales en Chine (2014)

    Atlas des mondes asiatiques (L’Histoire n°402), août 2014, p. 91.

  • ARCHIVES

    Georges POMPIDOU en Chine en 1973

    Reportage filmé par la télévision chinoise et commenté par Jean LEFEVRE, 12 septembre 1973

    DOCUMENTAIRES

    États-Unis/Chine : puissances comparées (Le Dessous des cartes)

    Le Dessous des cartes (Arte) – 2 mai 2015

    La Chine s’installe en Afrique

    Documentaire diffusé en 2013

    Quand la Chine achète les usines européennes

    Documentaire diffusé sur RDI (chaîne de TV canadienne)

    La Chine et le monde depuis 1949 : une conférence de Paul STOUDER (APHG)

    Paul STOUDER est IA-IPR (honoraire) d’histoire et de géographie. Il a dirigé de nombreux ouvrages pédagogiques et effectue des recherches sur la Chine.

    EXTRAITS DE FILM

    PRODUCTION WEB

    La Chine et le monde depuis 1949 : une conférence de Paul STOUDER (APHG)

    Paul STOUDER est IA-IPR (honoraire) d’histoire et de géographie. Il a dirigé de nombreux ouvrages pédagogiques et effectue des recherches sur la Chine.

    REPORTAGES TV

    Nanjie, village maoiste et retour au communisme d’antan

    Première diffusion en 2016 (Canal+)

    La diplomatie du ping-pong (1971)

    Reportage diffusé dans le 28 minutes d’ARTE

    Georges POMPIDOU en Chine en 1973

    Reportage filmé par la télévision chinoise et commenté par Jean LEFEVRE, 12 septembre 1973

    La répression de la place Tian’anmen en juin 1989

    Journal TV d’Antenne 2, 5 juin 1989

    La rentrée des classes en Chine (2007)

    Journal télévisé de FR2, 3 septembre 2007


  • CINEMA

    • Chung Kuo, La Chine (1972). Documentaire de Michelangelo ANTONIONI.
      Invité par Mao ZEDONG et Zhou ENLAI, le cinéaste italien M. ANTONIONI filme la Chine pendant deux mois en plusieurs points (dont Pékin et Shanghai). Son film déplaira aux hauts-fonctionnaires chinois qui l’interdiront en République populaire de Chine jusque 2004.
    • La Cité des douleurs (1989). Drame de Hou HSIAO-HSIEN avec Tony LEUNG, Li TIEN-LU, Hsin SHU-FEN.
      Une reconstitution scrupuleuse de la « terreur blanche », période sombre de l’histoire taïwanaise durant laquelle la population de l’île est soumise à une âpre et violente reprise en main par les forces du Guomindang nationaliste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Lion d’or à la Mostra de Venise en 1989
    • Balzac et la petite tailleuse chinoise (2002). Drame de Dai SIJIE avec Zhou XUN, Kun CHEN, Liu YE.
      En pleine Révolution culturelle, deux adolescents de familles considérées comme intellectuelles sont envoyés dans un camp de rééducation dans les montagnes de la province du Sichuan. Ils rencontrent une jeune couturière dans un village voisin ; c’est le début d’une histoire d’amour.
    • Fengming, chronique d’une femme chinoise (2007). Documentaire de Wang BING.
      La vie de Fengming HE et, à travers elle, l’histoire des débuts de la République populaire de Chine (RPC), notamment les purges à l’encontre des opposants ordonnées par Mao et la vie dans les camps de « rééducation ».
    • 24 City (2008). Drame de Jia ZHANGKE avec Zhao TAO, Joan CHEN, Lü LIPING.
      Dans une ville du centre de la Chine (Chengdu), la chronique (mêlant documents et fiction) de huit habitants d’une cité ouvrière en passe d’être détruite pour laisser place à un complexe d’appartements de luxe. Le film offre une photographie de la Chine des années 2000, entre conflits de générations et opposition des nouveaux riches aux nostalgiques de Mao.
    • Le Fossé (2012). Drame de Wang BING avec Li XIANGNIAN, Lu YE, Lian RENJUN.
      Un récit âpre et réaliste de la vie des déportés du camp de rééducation de Jiabiangou, en bordure du désert de Gobi, dans les années Mao.
    • The Grandmaster (2013). Drame de Wong KAR-WAI avec Tony LEUNG, Zhang ZIYI, Qingxiang WANG.
      Un récit stylisé de la vie de Ip Man, maître en arts martiaux (et futur mentor de Bruce LEE) dans le Hong Kong troublé des années 1930 et 1940.
    • Ten Years (2015). Film d’anticipation de Ng KA-LEUNG, Jevons AU, Chow KWUN-WAI, Fei-Pang WONG, Kwok ZUNE avec Peter CHAN, Wong CHING, Lau HO-CHI.
      Cinq court-métrages qui offrent une vision pessimiste du Hong-Kong de 2025 (assassinats politiques, répression du pouvoir chinois, retour des gardes rouges…).
    • Wolf Warrior 2 (2017). Film d’action de Wu JING avec Wu JING, Celina JADE, Frank GRILLO.
      Le pendant chinois du Rambo américain dans lequel un ex-agent des forces spéciales chinoises, sur-entraîné et sur-équipé, vient en aide à des citoyens africains persécutés par des mercenaires occidentaux.

    TÉLÉVISION

    • Mao, une histoire chinoise (2003). Documentaire en quatre parties (diffusées sur Arte) de de Philip SHORT et Adrian MABEN.
      Reposant sur une biographie de Mao ZEDONG par Philip SHORT (journaliste de la BBC), ce documentaire en quatre heures retrace la vie du « Grand Timonier » au moyen d’images inédites (provenant des archives nationales chinoises) et d’interviews de proches du dirigeant chinois (comme son photographe ou sa petite-fille).

    MUSIQUE

    A venir

    LITTÉRATURE

    A venir

    BANDE DESSINÉE

    A venir

    PEINTURES ET SCULPTURES

    A venir

    ARCHITECTURE

    A venir

  • ECRIRE L’HISTOIRE DE LA CHINE (ÉVOLUTION HISTORIOGRAPHIQUE)

    A venir.

     

    DOC. PHOTO ET TDC

    • « Le défi chinois » (Thierry SANJUAN), Documentation photographique, n°8064, juillet-août 2008 [lien Doc. Photo] [notice SUDOC].
    • « La Chine : 2000 ans d’histoire », Textes et documents pour la classe (TCS-CNDP), n°1021, 1er octobre 2011 [lien TDC] [notice SUDOC].
    • « La Chine, des guerres de l’opium à nos jours » (Xavier PAULES), Documentation photographique, n°8093, mai-juin 2015 [lien Doc. Photo] [notice SUDOC].
    • « La Chine, puissance mondiale » (Sébastien COLIN), Documentation photographique, n°8108, novembre-décembre 2015 [lien Doc. Photo] [notice SUDOC].

    OUTILS DE TRAVAIL

    • Elisabeth ALLES, Jean-Pierre CABESTAN, Yves CITOLEUX, Thierry SANJUAN, Dictionnaire de la Chine contemporaine, Paris : Armand Colin, 2006, 303 p [notice SUDOC].
    • Thierry SANJUAN, Atlas de la Chine, Paris : Autrement, 2007, 64 p (plusieurs rééditions augmentées) [notice SUDOC].

    OUVRAGES GÉNÉRAUX

    • Marie-Claire BERGERE, La République populaire de Chine de 1949 à nos jours, Paris : Armand Colin, 1987, 282 p (plusieurs rééditions augmentées) [notice SUDOC].
    • Claude CHANCEL, Eric-Charles PIELBERG, Le monde chinois, Paris : PUF, 1998, 295 p (2e édition mise à jour en 2008) [notice SUDOC].
    • François GODEMENT, Que veut la Chine ? : de Mao au capitalisme, Paris : Odile Jacob, 2012, 283 p [notice SUDOC].
    • Rémi KAUFFER, Le siècle des quatre empereurs : Sun Yat-sen, Chiang Kai-Shek, Mao Zedong, Deng Xiaoping, Paris : Perrin, 2014, 478 p [notice SUDOC].
    • Andrew G. WALDER, China under Mao : a revolution derailed, Cambridge : Harvard University Press, 2015, 413 p [notice SUDOC].

    OUVRAGES SPÉCIALISÉS

    • Jacques GUILLERMAZ, Histoire du Parti communiste chinois, Paris : Payot, 1968-72, 450 et 549 p (plusieurs rééditions) [notice SUDOC].
    • John King FAIRBANK, La grande révolution chinoise, 1800-1989, Paris : Flammarion, collection « Champs histoire », 1986, 548 p [notice SUDOC].
    • Jean-Yves BAJON, Les années Mao : une histoire de la Chine en affiches (1949-1979), Paris : Éditions du Pacifique, 2001, 128 p [notice SUDOC].
    • Marie-Claire BERGERE, Capitalismes et capitalistes en Chine : XIXe-XXe siècle, Paris : Perrin, 2007, 460 p [notice SUDOC].
    • Roderick MACFARQUHAR, Michael SCHOENHALS, La dernière révolution de Mao : histoire de la Révolution culturelle, 1966-1976, Paris : Gallimard, 2009, 808 p (traduction d’un ouvrage publié en 2006)[notice SUDOC].

    BIOGRAPHIES

    • Michael LYNCH, Mao, Londres/New York : Routledge, 2004, 265 p [notice SUDOC].