III. 3. Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale

  • I] DE 1918 À 1947, LE PROCHE-ORIENT ET LE MOYEN-ORIENT EST UNE RÉGION DOMINÉE PAR LES PUISSANCES EUROPÉENNES

    A) Une région partagée après la Première Guerre mondiale
    -Les Occidentaux sont présents depuis longtemps au Moyen-Orient
    -Vaincu, l’Empire ottoman est démantelé : les Occidentaux redessinent des frontières
    -La découverte de gisements de pétrole (1908) accélère l’intérêt occidental pour la région

    B) Face à la domination occidentale, certains espaces du Moyen-Orient cherchent à s’émanciper
    -Mustafa KEMAL fonde la République de Turquie en 1922
    -Le développement du nationalisme et les premières indépendances
    -La naissance de l’islamisme politique

    C) La Palestine sous mandat britannique, un espace de tensions dès les années 1920
    -Un territoire convoité par les sionistes depuis la fin du XIXe siècle
    -Les Britanniques s’engagent à aider les juifs : la déclaration Balfour (1917)
    -L’échec des plans de partage et de la cohabitation dans les années 1930

    II] LE MOYEN-ORIENT, UNE RÉGION STRATÉGIQUE AU CŒUR DES TENSIONS DURANT LA GUERRE FROIDE

    A) La naissance de l’État d’Israël : un tournant majeur dans l’équilibre de la région
    -Un État original proclamé le 14 mai 1948
    -Israël, un nouvel État mal-accueilli par les États arabes aux alentours : 3 guerres israélo-arabes
    -Des Palestiniens disséminés et qui vont lutter avec violence : l’OLP

    B) Une région qui reste sous influence occidentale
    -Le Moyen-Orient, enjeu et théâtre de la guerre froide
    -Le pétrole, un enjeu encore plus important après les années 1940

    C) Durant la guerre froide, certains États cherchent de plus en plus à exercer une influence régionale
    -Le nationalisme et le modèle égyptien
    -Le panarabisme
    -La République islamique d’Iran (1979) : un agent de déstabilisation de la région ?

    III] NOUVEAUX ENJEUX, NOUVEAUX CONFLITS DEPUIS LES ANNÉES 1990

    A) Régler le conflit israélo-palestinien : de l’espoir à la radicalisation des acteurs
    -Les accords d’Oslo (1993) et les espoirs de paix
    -Des divisions au sein du camp palestinien
    -Une communauté internationale plus ou moins attentiste face à l’enlisement du conflit

    B) Une région qui reste sous influence étrangère
    -Le Moyen-Orient au cœur du nouvel ordre mondial dans les années 1990
    -Un espace-clé de la politique étrangère de George W. BUSH au début des années 2000
    -Un désengagement plus ou moins fort des Occidentaux depuis les années 2010

    C) La difficile marche vers la démocratie et la stabilité au Moyen-Orient
    -Le Moyen-Orient, foyer de l’islamisme et du terrorisme international ?
    -Les révolutions arabes (2011) et les tentatives démocratiques
    -L’opposition sunnites-chiites : vers une guerre froide au Moyen-Orient

  • LEXIQUE

    Alaouites :

    Littéralement « partisans d’Ali », les alaouites constituent branche dissidente du chiisme. Ils considèrent qu’ALI (cousin et gendre de MAHOMET), incarnation de Dieu sur Terre, a un rôle plus important que le Prophète. Partisans d’un culte initiatique, les alaouites prient chez eux et boivent de alcool. Ils représenteraient un peu plus de 10 % de la population syrienne.

    Alya :

    Terme hébreu signifiant littéralement « ascension » ou « élévation spirituelle ». Ce terme désigne l’acte d’immigration en Terre sainte (Eretz Israël) par un Juif. Les immigrants juifs sont ainsi appelés Olim.

    Arabe :

    La mention « arabe » apparaît pour la première fois en 853 av. J-C dans une chronique assyrienne pour nommer un petit groupe de nomades installés au nord-est de la péninsule arabique. Par le jeu des migrations, notamment vers l’ouest, le terme désigne désormais les populations parlant une langue arabe (sémitique), soit aujourd’hui 320 millions de personnes (environ 20 % des musulmans).

    Ayatollah :

    Titre honorifique (signifiant « signe de Dieu ») donné aux principaux chefs religieux de l’islam chiite (que l’on appelle les mollahs). L’ayatollah possède une dimension supérieure au sein du clergé chiite.

    Baas (« résurrection ») :

    Mouvement politique nationaliste arabe et laïc fondé officiellement à Damas en 1947 par les Syriens socialistes Michel AFLAK et Salahedine BITAR. Il a été transformé dans les années 1970 en instrument au service d’un pouvoir militarisé en Syrie (Hafez EL-ASSAD) et en Irak (Saddam HUSSEIN).

    Calife :

    Littéralement « successeur » (du Prophète). Avec les conquêtes menées depuis la naissance des empires musulmans, le calife est devenu de fait un empereur. L’institution est affaiblie néanmoins à partir du Xe siècle par la rivalité des trois califes (de Cordoue, du Caire et de Bagdad) et le titre disparaît avec la conquête ottomane du Caire en 1517. Il est ressuscité au XVIIIe siècle au profit du sultan ottoman, puis aboli en 1924 par Mustafa KEMAL.

    Charia :

    En arabe, le terme « charia » signifie « voie », « chemin ». Dans un contexte religieux, on pourrait considérer qu’il désigne « le chemin, la voie d’accès pour respecter la loi de Dieu ». C’est donc en quelque sorte un code de conduite islamique qui fixe aux musulmans un ensemble de règles, interdits ou sanctions individuels et collectifs sur le plan doctrinal et cultuel (les obligations personnelles du croyant – profession de foi, prière, jeûne, aumône, pèlerinage – ou encore les règles alimentaires), social (tenue vestimentaire), relationnel (famille, héritage, rapports hommes-femmes….) et juridique (infractions pénales…). Cependant, la charia n’est pas formellement codifiée dans un texte. Sur les 6 300 versets que compte le Coran, seuls 80 sont assez précis pour fonder des règles pratiques, si bien que le contenu de la charia repose sur une interprétation plus ou moins stricte et sérieuse des textes (du Coran et de la Sunna, guide de comportement tiré de la vie du prophète MAHOMET). Ainsi, si dans certains pays (au Soudan ou en Arabie Saoudite par exemple), la charia est un code très restrictif, qui autorise certains châtiments traditionnels (lapidation, flagellation, amputation), dans d’autres (comme en Égypte), la charia impose simplement de suivre des principes religieux généraux.

    Chiites :

    Le terme peut signifier les « disciples », les « partisans » et désigne l’une des branches de l’islam. Pour les chiites, la succession (imamat) du Prophète revient à ALI (cousin et gendre de MAHOMET, il est l’un des premiers hommes à accepter l’islam) et à sa descendance. La succession du Prophète ayant été usurpée, selon les chiites, après la mort du calife HUSSEIN (fils d’ALI) en 680, il existerait un « imam caché » (Mahdi) dont il convient d’attendre le retour. En son absence, les membres du Clergé seraient les plus qualifiés pour diriger la communauté. Les chiites représentent aujourd’hui 10 à 15 % des musulmans dans le monde (ils sont majoritaires en Iran, au Bahreïn, en Irak et en Azerbaïdjan). Ils se divisent en outre en plusieurs tendances (divisées sur la question des successeurs de certains imams) – chiisme duodécimain, ismaéliens et zaïdites – voire en courants dissidents comme les alaouites (Syrie) ou les druzes (répartis entre le Liban, le Nord d’Israël et la Syrie).

    Copte :

    Chrétiens orthodoxes vivant surtout en Égypte (le terme, dérivé du grec, signifie « égyptien », tandis que le copte est une langue issue de l’égyptien ancien) et placés sous l’autorité d’un patriarche résidant au Caire (le « pape d’Alexandrie »). Les coptes forment la plus importante communauté chrétienne du Proche-Orient (en Égypte, ils sont entre 8 et 10 millions, soit environ 10 % de la population).

    Daech :

    Acronyme arabe d' »Etat islamique en Irak et au Levant », Daech est une organisation terroriste née en Irak en 2006 de la fusion de la branche d’Al-Qaïda en Mésopotamie (dirigée par Abou Moussab AL-ZARKAOUI, fanatique jordanien tué en 2006) et de petits groupes islamistes, parfois issus de la décomposition de l’Irak. La guerre civile syrienne a favorisé le développement de Daech qui a initialement combattu le régime de Bachar EL-ASSAD, mais aussi les opposants laïques et le front Al-Nosra (proche d’Al-Qaïda). Comme l’indique son nom, l’organisation avait un objectif territorial qu’il a un temps atteint, contrôlant à son apogée le nord de l’Irak et la moitié est de la Syrie (soit 10 millions d’habitants) et attirant de nombreux combattants étrangers (50 % du contingent).

    Djihad :

    « Effort », « lutte » en arabe. Il s’agit ainsi de l’ensemble des efforts effectués par les musulmans pour modifier leur comportement et atteindre une sorte de perfection religieuse. Il est courant de distinguer le grand djihad/djihad majeur (interne, spirituel, il suppose un effort contre soi, une lutte face à l’impiété) et le petit djihad/djihad mineur (tourné vers l’extérieur, il peut impliquer une lutte contre les adversaires de l’islam et justifier la guerre). Le concept du djihad n’a jamais cessé d’évoluer au cours de l’histoire, de même que ses interprétations : les terroristes djihadistes considèrent ainsi que l' »État islamique » est constamment en guerre contre le monde des incroyants.

    Druzes :

    Branche dissidente du chiisme à forte dimension ésotérique. Fuyant les persécutions menées par les sunnites, les Druzes ont trouvé refuge dans les régions montagneuses de la Syrie et du Liban ; on estime leur nombre à 500 000 aujourd’hui. Comme les alaouites, ils ont l’habitude de garder leurs rites secrets et pratiquent une religion non prosélyte : si l’on ne nait pas dans une famille druze, on ne peut devenir druze. Ils croient que Dieu se manifeste périodiquement sous une forme humaine.

    Fedayin :

    Littéralement « ceux qui se sacrifient ». Ces membres d’unités de commando composés principalement de Palestiniens (Yasser ARAFAT en est le symbole) mènent dans les années 1950 et 1960 des infiltrations parfois sanglantes en territoire israélien, à partir de Gaza et de la Cisjordanie. Cette figure dominante du militantisme au Moyen-Orient arabe a laissé la place à celle du moudjahid (« combattant du djihad ») après la guerre menée par l’URSS en Afghanistan et la révolution iranienne de 1979.

    Frères musulmans :

    Confrérie fondée par Hassan AL-BANNA en Égypte en 1928 pour lutter contre l’influence anglaise (et occidentale) dans la vie sociale égyptienne. Les Frères sont entrés dans la vie politique dans les années 1930 en exigeant une application intégrale de la charia. Après 1945, le mouvement a été interdit à plusieurs reprises et s’est divisé sur la question de la légitimité du recours à la violence. Après le printemps arabe, ils ont accédé au pouvoir via Mohamed MORSI, devenu président de l’Égypte en 2012 mais, partisan d’un pouvoir personnel et mécontentant le peuple égyptien (hostile à l’islamisation du pays proposé par la nouvelle et hâtive constitution), celui-ci a été renversé par l’armée en 2013.

    Hachémites :

    Selon la tradition, les Hachémites sont les descendants d’HACHEM (mort en 510), l’arrière-grand-père de MAHOMET, et membre de la tribu des Quraychites au sein de laquelle furent choisis les chérifs (gardiens des lieux saints) de La Mecque jusqu’à ce que la famille IBN SAOUD (qui a fondé l’Arabie Saoudite) ne supprime cette fonction en 1925. Français et Britanniques s’appuyèrent sur HUSSEIN, chérif charismatique, pour contrer l’empire ottoman durant la Première Guerre mondiale. Plusieurs dynasties actuelles se réclament encore des Hachémites, en Jordanie (le premier souverain jordanien, ABDALLAH, est le fils d’HUSSEIN) et au Maroc notamment.

    Intifada :

    Ce terme arabe, signifiant « soulèvement », est souvent traduit par « guerre des pierres » (en référence aux moyens utilisés par les Palestiniens pour combattre). Il s’agit en tout cas du nom donné au soulèvement général et spontané des populations palestiniennes qui, parti le 9 décembre 1987 du camp de Djeballia (Gaza), enflamma les territoires occupés par Israël et contribua indirectement à mettre en route le processus de paix (qui aboutira aux accords d’Oslo en 1993). La visite d’Ariel SHARON sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem le 28 septembre 2000 déclenche ensuite la seconde intifada, appelée aussi « Intifada Al-Aqsa », du nom de la mosquée qui se trouve sur l’Esplanade. Au cours de cette visite, le Premier ministre israélien a revendiqué la souveraineté de ce lieu hautement symbolique, ce qui a été considéré comme une provocation par les Palestiniens.

    Islamisme :

    Mouvement qui voit dans une interprétation de l’islam une idéologie politique et qui prône généralement une islamisation de la société (par l’application de la charia) et l’instauration d’un État islamique. L’islamisme constitue ainsi une idéologie tirée d’une interprétation politisée de l’islam. Les multiples courants qui se réclament de l’islamisme se divisent sur la question des moyens (démocratiques ou violents) d’accéder au pouvoir.

    Maronite :

    Principale communauté chrétienne d’Orient, présente au Proche-Orient (en Syrie et au Liban ; l’arabe et le syriaque sont les deux langues liturgiques). Les maronites, qui suivent la liturgie développée par saint Maron au Ve siècle en Syrie, se sont détachés de l’Eglise romaine à la suite de controverses christologiques pour se rattacher à nouveau aux catholiques à partir des croisades (1182).

    Naqba :

    Terme arabe (traduit par « catastrophe ») désignant l’exode de plus de 700 000 Palestiniens durant et au terme de la guerre israélo-arabe de 1948.

    OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole) :

    Association des principaux pays producteurs et exportateurs de pétrole fondée le 10 septembre 1960 à l’initiative du shah d’Iran (elle regroupait alors cinq pays : l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Venezuela). Forte d’une douzaine de membres aujourd’hui, l’OPEP agit comme un cartel en cherchant à contrôler et agir sur le cours mondial du pétrole (face aux pays industrialisés).

    Palestine :

    Dans l’Ancien Testament, « Philistie » est la partie de la côte méditerranéenne située entre la rivière d’Égypte et la Phénicie. La Palestine entre dans la nomenclature géographique grecque puis dans le langage administratif romain pour désigner l’ensemble du territoire qui s’étend de Gaza au lac de Tibériade, du mont Carmel au Jourdain. Le terme disparaît dans l’usage arabe au Moyen Âge et réapparaît au XIXe siècle sous l’influence des Occidentaux qui n’ont jamais cessé de l’employer.

    Panarabisme :

    Mouvement intellectuel et politique visant à l’unification dans un État des peuples arabes, sans distinction de religion. Un tel projet apparaît dès le XIXe siècle et il connaît son heure de gloire dans les années 1950, quand l’Égypte de NASSER, forte de son succès lors de la crise de Suez, tente d’incarner ce projet. Mais l’opposition des Occidentaux et des divisions internes mettent fin à cet espoir d’unité.

    Salafisme :

    Islamisme sunnite et fondamentaliste (retour aux salaf, les pieux ancêtres) divisé entre un courant conservateur lié au régime saoudien qui met l’accent sur la prédication religieuse (wahhabisme) et un courant djihadiste qui appelle à la guerre sainte contre l’Occident et Israël. Les salafistes considèrent que toute innovation dogmatique, culturelle ou politique (comme la démocratie) doit être rejetée car elle pervertit l’Islam originel – l’imam Ahmed IBN HANBAL (780-855) est le premier à prôner un islam rigoriste appuyé sur un appel aux ancêtres et condamnant les innovations théologiques. La radicalisation peut se remarquer dans le code vestimentaire et l’apparence des salafistes concernés : la barbe et la djellaba du prophète MAHOMET pour les hommes, le niqab (voile intégral) pour les femmes (néanmoins, certains salafistes plus modérés, les « quietistes », réfutent le port du voile intégral des femmes musulmanes en France).

    Sionisme :

    Mot construit sur « Sion », l’une des montagnes de Jérusalem ; dans la Bible, Sion désigne la ville de Jérusalem et, par extension, tout ce qui personnifie la présence et la bénédiction de Dieu. Le terme « sionisme » a été utilisé pour la première fois par l’écrivain juif autrichien Nathan BIRNBAUM en 1890 et adopté par le mouvement sioniste en 1897. Il désigne l’aspiration à la restauration d’une entité politique juive indépendante en Palestine.

    Sunnites :

    Branche majoritaire de l’islam (environ 85 % des musulmans), le sunnisme s’appuie sur la sunna, coutume constituée des faits et dires du Prophète qui inspire les croyants. Alors que pour les chiites, le Coran est une œuvre humaine, il a pour les sunnites un caractère divin. De même, si les chiites considèrent que la succession de MAHOMET s’effectue dans sa famille, les sunnites estiment qu’ABOU BAKR, un homme ordinaire, compagnon de toujours de MAHOMET, est le plus légitime, au nom du retour aux traditions tribales. Enfin, contrairement aux chiites qui possèdent un clergé très hiérarchisé, les sunnites s’appuie sur l’imam, un pasteur nommé par d’autres hommes, qui fait office de guide entre le croyant et Allah pour la prière et qui, dans certaines situations, peut s’autoproclamer. Le politique et le religieux ne sont alors pas forcément séparés (au Maroc, majoritairement sunnite, le roi est commandeur des croyants, tandis qu’en Iran, à tendance chiite, les ayatollahs sont indépendants du pouvoir exécutif).

    Umma :

    Nom donné à la communauté des croyants musulmans. Elle s’affranchit des frontières nationales pour réunir en un seul ensemble tous les musulmans du monde.

    Wahhabisme :

    Mouvement religieux et politique fondé au XVIIIe siècle dans la péninsule arabique par le prédicateur sunnite Mohammed IBN ABDEL-WAHHAB. En 1744,  celui-ci passe un pacte avec un émir, Muhammad IBN SAOUD (l’alliance est concrétisée par le mariage du fils d’IBN SAOUD avec la fille d’IBN ABDEL-WAHHAB). Ils se jurèrent fidélité réciproque pour établir le règne d’Allah sur terre, même par les armes. La doctrine wahhabite s’appuie alors sur deux grands principes : seuls les textes fondateurs font autorité, et seul Allah doit être adoré (et non les sages ou les « saints »). Ce pacte aboutit à la fondation du premier État saoudien, détruit par les autorités ottomanes (1818) puis refondé en 1932 (actuelle Arabie Saoudite).  Depuis, le royaume saoudien contribue, avec d’autres pays du Golfe, à financer et promouvoir le salafisme, qui s’est progressivement propagée à travers le monde, notamment via la ligue islamique mondiale.

    CHRONOLOGIE

    24 juillet 1908 :

    Révolution « Jeune Turque » dans l’Empire ottoman. Un groupe de jeunes officiers turcs de Salonique et de Macédoine se mobilise contre le sultan ABDUL-HAMID II auquel ils reprochent de livrer l’empire ottoman aux appétits étrangers et de montrer aussi trop de complaisance pour les Arabes. Ils lui imposent une nouvelle constitution.

    1912 :

    La marine britannique passe à la propulsion au pétrole.

    1912-1913 :

    Guerres balkaniques. Souhaitant profiter de la déliquescence de l’empire ottoman, la Serbie et la Bulgarie concluent une vague alliance le 7 mars 1912 avant d’être rejointes par le Monténégro puis la Grèce le 29 mai 1912 (on parle de « Ligue balkanique »). Leur but est de se partager les dernières possessions ottomanes en Europe (l’Autriche-Hongrie s’est déjà emparée de la Bosnie). Les deux guerres annoncent le conflit mondial de 1914.

    23 janvier 1913 :

    Coup d’Etat des Jeunes Turcs dans l’empire ottoman, affaibli par les défaites de la seconde guerre balkanique. Les « trois pachas » (dont ENVER Pacha, le plus connu) s’emparent du pouvoir.

    Octobre 1914 :

    L’empire ottoman entre en guerre aux côtés des Empires centraux (Allemagne et Autriche-Hongrie). La Perse reste indépendante.

    19 décembre 1914 :

    Pour contrer l’Empire ottoman, le Royaume-Uni impose son protectorat à l’Égypte (qu’ils supervisaient depuis 1882).

    Avril 1915 :

    Début du génocide arménien commandité par les Jeunes Turcs accusant les Arméniens d’intelligence avec l’ennemi russe. Il causera la mort de plus d’un million de personnes.

    Juillet 1915 :

    Le Haut-commissaire britannique en Egypte, Sir Henry MacMAHON et le cherif de La Mecque HUSSEIN entreprennent une correspondance dans laquelle les Britanniques incitent les Arabes à la révolte contre l’oppression ottomane, leur promettant vaguement de créer un royaume arabe indépendant.

    16 mai 1916 :

    Accords Sykes-Picot. Le diplomate français François-Georges PICOT et le parlementaire britannique sir Mark SYKES s’entendent pour partager les territoires arabes de l’Empire ottoman en 3 zones : une partie contrôlée par le Royaume-Uni, une partie sous contrôle de la France et une zone sous contrôle commun (Palestine/Israël).

    Juin 1916 :

    Début de la révolte arabe, mouvement soutenu par les Britanniques, notamment LAWRENCE D’ARABIE (l’archéologue et espion Thomas Edward LAWRENCE).

    2 novembre 1917 :

    Déclaration Balfour : lettre adressée par le secrétaire aux Affaires étrangères britannique Arthur BALFOUR à Lionel Walter ROTHSCHILD, représentant de la communauté juive britannique, dans laquelle le gouvernement britannique se déclare favorable à l’établissement d’un foyer national juif en Palestine.

    13 septembre 1919 :

    Congrès de Sivas au cours duquel Mustafa KEMAL organise la résistance turque contre les vainqueurs de l’empire ottoman.

    7 mars 1920 :

    Un Congrès arabe proclame l’indépendance de la nation syrienne : Syrie, Liban, Transjordanie et Palestine sont considérés par le congrès comme une seule nation : la Syrie. FAYSAL (qui est entré triomphalement à Damas en octobre 1918 avant les Britanniques) est nommé roi de Syrie. Il sera chassé par les Français quelques mois plus tard.

    10 août 1920 :

    Traité de Sèvres (France), préparé par la conférence de San Remo en avril 1920. Le texte confie les possessions arabes de l’empire ottoman à la France et à la Grande-Bretagne (mandat) et prévoit la naissance d’un État kurde et arménien.

    16 mars 1921 :

    Traité d’amitié turco-soviétique qui règle la question des territoires transcaucasiens. Les Bolcheviks mettent également fin à leurs différends avec les Perses (traité d’amitié soviéto-perse).

    23 août 1921 :

    Couronnement de FAYCAL Ier, devenu roi d’Irak. Fils de HUSSEIN BEN ALI, chérif de La Mecque et roi du Hedjaz, a auparavant occupé le trône de Syrie (1920) mais en a été chassé par la France.

    24 juillet 1923 :

    Traité de Lausanne qui annule la plupart des dispositions du traité de Sèvres (1920), redonne la souveraineté à la Turquie sur les détroits (Bosphore et Dardanelles) et enterre la création d’un État kurde et d’un État arménien.

    29 octobre 1923 :

    L’Assemblée nationale turque réunie à Ankara abolit le califat et proclame la République turque. Le général Mustafa KEMAL en devient le premier Président.

    Octobre 1924 :

    Les Hachémites du chérif HUSSEIN sont défaits par les partisans d’Abdelaziz IBN SAOUD à la seconde bataille de La Mecque.La conquête du Hedjaz s’achève en 1925 avec la prise de Médine et de Djeddah ; IBN SAOUD devient roi du Hedjaz.

    Décembre 1925 :

    Après être entré dans les arcanes du pouvoir par un coup d’État en 1921 (soutenu par la Grande-Bretagne), l’officier Reza KHAN dépose la dynastie Qadjar et devient empereur de Perse (Shah). Premier de la dynastie des Pahlavi, il sera couronné le 25 avril 1926.

    Mars 1928 :

    Fondation de la confrérie des Frères musulmans en Egypte par le cheikh Hassan AL-BANNA (instituteur de formation). L’organisation sunnite et réformiste se fixe deux objectifs précis : libérer le pays du joug britannique, et prendre le pouvoir d’une Egypte à nouveau imprégnée des valeurs de l’islam.

    21 septembre 1932 :

    Fondation officielle du royaume d’Arabie Saoudite par la fusion des provinces du Nejd et du Hedjaz.

    3 octobre 1932 :

    Première concession pétrolière saoudienne à une compagnie américaine.

    1933 :

    Indépendance de l’Irak (même si les Britanniques y conservent des bases militaires) qui entre à la SDN.

    31 décembre 1934 :

    Un décret remplace le nom de « Perse » par « Iran ». Le 21 mars 1935, Reza Shah PAHLAVI publie un décret demandant à toutes les relations étrangères du pays de le désigner sous le nom d' »Iran » dans leur correspondance officielle, sans que le terme « Perse » tombe dans l’inusité.

    20 juillet 1936 :

    Convention de Montreux, accord international qui détermine l’exercice de la libre circulation dans les détroits des Dardanelles et du Bosphore, ainsi que dans la Mer Noire. La Turquie peut remilitariser ses détroits.

    1936-1939 :

    Grande insurrection arabe en Palestine. Un Haut Comité arabe est constitué, dirigé par le mufti de Jérusalem (Amin AL-HUSSEINI), qui revendique l’arrêt de l’immigration juive et la fin du mandat britannique.

    7 juillet 1937 :

    La commission Peel recommande que le mandat britannique en Palestine soit aboli (à l’exception d’un « corridor » autour de Jérusalem et s’étirant jusqu’à la côte de la Méditerranée au sud de Jaffa) et que les territoires sous son autorité soient répartis entre un État Arabe et un État Juif.

    17 mai 1939 :

    Troisième Livre blanc britannique sur la Palestine élaboré après une conférence anglo-judéo-arabe tenue à Londres en février 1939. Il propose la création d’un État unitaire palestinien.

    Septembre 1939 :

    Début de la Seconde Guerre mondiale. L’Égypte, l’Iran et la Turquie se déclarent neutres.

    25 août 1941 :

    Face au refus du Shah de chasser les ressortissants allemands de son territoire, les Britanniques et les Soviétiques envahissent l’Iran. Reza Shah est contraint à l’abdication, au profit de son fils, Mohammed Shah PAHLAVI. Un contingent américain investira le pays dès 1942.

    28 novembre-1er décembre 1943 :

    Conférence de Téhéran sur la suite des opérations à mener dans la Seconde Guerre mondiale. Le président américain Franklin ROOSEVELT en profite pour rencontrer divers notables arabes et implanter ainsi les États-Unis dans la région, au détriment des Britanniques.

    3 janvier 1944 :

    La France reconnaît officiellement la souveraineté de la Syrie et du Liban, mettant fin à son mandat sur ces territoires (des élections, remportées par les nationalistes, avaient été organisées en 1943) même si le départ réel des troupes françaises ne sera achevé qu’en avril 1946 (sous la pression des Britanniques).

    14 février 1945 :

    Pacte du Quincy. Le président américain ROOSEVELT rencontre le dirigeant saoudien Abdelaziz IBN SAOUD à bord du cuirassé Quincy. Ils concluent un pacte par lequel les Américains garantissent au monarque et à ses successeurs une protection militaire sans faille en échange d’un accès aux gisements pétroliers. En outre, les États-Unis obtiennent l’autorisation d’installer une base aérienne en Arabie, à Dhahran (base fermée en 1962). Le pacte a été prorogé de 60 ans en 2005.

    22 mars 1945 :

    Fondation de la Ligue arabe au Caire (Égypte) par sept États, appuyés par le Royaume-Uni : l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Irak, la Jordanie, le Liban, la Syrie et le Yémen du Nord ; l’organisation compte aujourd’hui 22 membres.

    22 mars 1946 :

    Fin du mandat britannique sur la Transjordanie qui deviendra, en 1949, le Royaume hachémite de Jordanie, dirigé par le roi ABDALLAH Ier.

    22 juillet 1946 :

    Début d’une vague d’attentats juifs contre le Royaume-Uni alors que le président américain TRUMAN se déclare en faveur d’un partage de la Palestine entre Juifs et Arabes.

    12 mars 1947 :

    Doctrine TRUMAN présentée devant le Congrès des États-Unis. Les Américains s’emploient à aider financièrement la Turquie pour éviter la propagation du communisme au Moyen-Orient.

    Novembre 1947 :

    Échec de la tentative soviétique d’obtention d’une concession pétrolière en Iran. Le Premier ministre iranien russophile, Mirza GHAVAM, est désavoué par son Parlement.

    29 novembre 1947 :

    L’Assemblée générale de l’ONU adopte la résolution 181, séparant la Palestine en deux États, l’un juif, l’autre arabe, et protégeant les lieux saints « sous régime international particulier ».

    14 mai 1948 :

    Alors que le Royaume-Uni annonce mettre fin à son mandat sur la Palestine, le sioniste David BEN GOURION proclame l’État d’Israël en Palestine. Les États voisins (Égypte, Transjordanie, Syrie, Liban), soutenus par la Ligue arabe, lui déclarent la guerre.

    11 mai 1949 :

    Israël est admis à l’ONU.

    20 juillet 1949 :

    Fin de la première guerre israélo-arabe au terme de laquelle Israël agrandit son territoire ; les armistices sont signés en février (avec l’Égypte), en mars (avec le Liban), en avril (Transjordanie) et en juillet (Syrie). La Transjordanie obtient la Cisjordanie et la partie est de Jérusalem.

    15 mars 1951 :

    Le Parlement iranien nationalise l’industrie pétrolière, menaçant les intérêts britanniques.

    20 juillet 1951 :

    Assassinat du roi de Jordanie, ABDALLAH Ier ; son petit-fils, HUSSEIN, lui succède.

    23 juillet 1952 :

    Coup d’État des Officiers libres en Égypte, mené par le général NEGUIB et le colonel NASSER ; le roi abdique trois jours plus tard.

    19-22 août 1953 :

    Dans un contexte conflictuel, le Premier ministre iranien Mohammad MOSSADEGH, responsable des nationalisations pétrolières, est destitué par l’armée avec l’aide de la CIA. Ce renversement marque le début du règne personnel du Shah.

    26 octobre 1954 :

    Attentat manqué contre le général NASSER à Alexandrie. Le dirigeant égyptien décide d’interdire les Frères musulmans (20 000 incarcérations) qu’il estime responsables. La confrérie avait déjà été interdite en 1948 suite à l’assassinat du Premier ministre de l’époque par la branche armée des Frères. Son fondateur, Hassan AL-BANNA, avait alors été assassiné par des agents du gouvernement le 12 février 1949.

    24 février 1955 :

    Pacte de Bagdad scellant une assistance militaire entre l’Irak et la Turquie (qui a intégré l’OTAN en 1951) ; le pacte devient une alliance pro-américaine avec les adhésions du Royaume-Uni, du Pakistan, de l’Iran (1955) puis des États-Unis (1957). La Jordanie refuse de participer au pacte.

    26 juillet 1956 :

    Alors que la Banque mondiale refuse de financer la construction du barrage d’Assouan, NASSER procède à la nationalisation du canal de Suez, entraînant la « crise du canal de Suez » par l’intervention (échec) des Français et des Britanniques, mais aussi des Israéliens dans le Sinaï (octobre 1956-mars 1957).

    5 janvier 1957 :

    Doctrine Eisenhower formulée par le président américain devant le congrès : elle consiste à limiter la déstabilisation des pays du Moyen-Orient qu’y causerait l’introduction et le développement du communisme grâce à des aides économiques et militaires. L’URSS réplique un mois plus tard par le plan Chepilov : il prévoit la résolution pacifique des conflits, la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays arabes, la suppression des alliances militaires et des livraisons d’armes ; il propose une neutralisation de la région avec une zone d’influence soviétique (proposition refusée par les États-Unis).

    1er février 1958 :

    Proclamation de la République arabe unie (RAU) unissant l’Égypte et la Syrie, devenue les États arabes unis avec l’union du Yémen (8 mars).

    14 juillet 1958 :

    Coup d’État militaire en Irak mettant fin au règne du roi FAYCAL II ; la République d’Irak est proclamée ; le pays se retire du Pacte de Bagdad.

    15-17 juillet 1958 :

    Inquiets du développement rapide du nassérisme, hostile aux Bloc ouest, les États-Unis et le Royaume-Uni interviennent au Liban et en Jordanie pour contrer tout coup d’État pronassérien.

    Octobre 1959 :

    Fondation du Fatah, parti nationaliste palestinien, par l’Égyptien Yasser ARAFAT.

    14 septembre 1960 :

    Fondation de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Bagdad par l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Venezuela.

    1er octobre 1961 :

    La Syrie se retire des États arabes unis : c’est la fin de cette entité.

    18 mai 1962 :

    Fondation de la Ligue islamique mondiale, association internationale créée par les dirigeants saoudiens et soutenue initialement par 22 pays pour promouvoir le panislamisme en opposition au panarabisme nassérien.

    27 septembre 1962 :

    Coup d’État pronassérien au Yémen : la République est proclamée dans un climat de guerre civile entre républicains (soutenus par l’Égypte) et royalistes (soutenus par l’Arabie Saoudite).

    8 février 1963 :

    Coup d’État militaire en Irak, organisé par le parti Baas (Parti de la résurrection arabe et socialiste) et soutenu par les États-Unis. Un coup d’État est organisé en Syrie un mois plus tard, soutenu par l’URSS (qui livrera des armes).

    2 juin 1963 :

    Abolition de l’esclavage en Arabie Saoudite.

    28 mai 1964 :

    Création de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) par Yasser ARAFAT à l’initiative de NASSER lors du premier Sommet arabe en janvier 1964.

    5-10 juin 1967 :

    Après plusieurs mois de tensions, Israël mène une attaque préventive contre l’Égypte et ses alliés (Jordanie, Syrie) : c’est la Guerre des Six jours au terme de laquelle Israël occupe les territoires palestiniens (Cisjordanie dont Jérusalem-est, la bande de Gaza), le Sinaï égyptien et le plateau syrien du Golan malgré les plaintes de l’ONU.

    23 juillet 1968 :

    Un commando palestinien détourne un avion de la compagnie aérienne israélienne El Al : c’est le début du terrorisme aérien international.

    17-30 juillet 1968 :

    Privé du pouvoir, le parti Baas mène un nouveau coup d’État en Irak ; Saddam HUSSEIN s’empare du pouvoir.

    11 mars 1970 :

    L’Irak accorde l’autonomie aux Kurdes, mettant fin à une guerre de dix années.

    Septembre 1970 :

    Afin de rétablir son autorité en Jordanie, le roi HUSSEIN mène une guerre contre les mouvements palestiniens établis sur son territoire (« Septembre noir »).

    15 octobre 1970 :

    Anouar EL-SADATE devient président de l’Égypte, succédant à NASSER mort le 28 septembre.

    13 novembre 1970 :

    Coup d’État militaire en Syrie : le général Hafez EL-ASSAD prend le pouvoir.

    12 mars 1971 :

    Coup d’État militaire en Turquie : l’armée règne sur le pays jusqu’en 1973.

    2 décembre 1971 :

    Indépendance de la Fédération des émirats arabes unis, comprenant 7 Etats (dont Dubaï) : cet événement clôt un mouvement d’indépendance des protectorats britanniques initié avec celle du Bahreïn (14 août) puis du Qatar (1er septembre).

    18 juillet 1972 :

    L’Égypte s’éloigne de l’URSS, SADATE ayant renvoyé leurs conseillers militaires.

    5-6 septembre 1972 :

    Prise d’otage et assassinat d’athlètes israéliens par un commando palestinien aux Jeux olympiques de Munich.

    6 octobre 1973 :

    Guerre du Kippour : Israël est attaqué par ses voisins arabes (Égypte, Syrie avec l’appui de nombreux autres États arabes) le jour de la fête du Yom Kippour mais parvient à rétablir la situation à son profit (11 novembre).

    17 octobre 1973 :

    Premier choc pétrolier provoqué par l’OPEP, en réaction à la guerre du Kippour.

    22 novembre 1974 :

    L’ONU reconnaît le droit des Palestiniens à l’indépendance et l’OLP comme représentant du peuple palestinien.

    13 avril 1975 :

    Début de la guerre civile au Liban, déclenchée par des affrontements entre les milices palestiniennes (dont l’OLP) et la milice chrétienne des « Phalanges ». De nombreux États interviendront dans le conflit : Syrie (à partir d’avril 1976), Israël (1978).

    19-20 novembre 1977 :

    Le président égyptien Anouar EL-SADATE est le premier chef d’État arabe à se rendre en Israël ; il y propose la paix contre le retrait des territoires occupés par Israël depuis 1967 ainsi que la création d’un État palestinien.

    17 septembre 1978 :

    Accords de Camp David signés aux États-Unis par l’Égypte de SADATE et Israël qui permettent aux Égyptiens de récupérer le Sinaï (accord de paix du 26 mars 1979).

    Janvier 1979 :

    Révolution islamique en Iran : le Shah est renversé, tandis que l’Ayatollah KHOMEINY, revenu d’exil, met en place un régime islamiste chiite hostile à l’Occident et notamment aux États-Unis (prise d’otage du personnel de l’ambassade américaine de Téhéran le 4 novembre).

    27 mars 1979 :

    Deuxième choc pétrolier, lié à la révolution iranienne puis à la guerre Iran/Irak de 1980.

    20 novembre 1979 :

    Attaque de la Grande mosquée de la Mecque par des fondamentalistes musulmans.

    12 septembre 1980 :

    Coup d’État militaire en Turquie établissant une dictature.

    22 septembre 1980 :

    Début de la guerre Iran-Irak (1980-1988) avec l’invasion de l’Iran chiite par l’Irak laïc de Saddam HUSSEIN, soutenu par les États-Unis.

    6 octobre 1981 :

    Le président SADATE est assassiné au Caire par des islamistes égyptiens proches du mouvement des Frères musulmans. Le vice-président Hosni MOUBARAK lui succède.

    14 décembre 1981 :

    Israël annexe le plateau du Golan, territoire syrien conquis en 1967.

    17 février 1982 :

    L’insurrection islamiste de Hama (Syrie) est écrasée par le dictateur Hafez EL-ASSAD qui détruit la ville.

    6 juin 1982 :

    Invasion du Liban et de Beyrouth par Israël pour chasser l’OLP (opération « Paix en Galilée »). Yasser ARAFAT et l’OLP se réfugient à Tunis.

    Septembre 1982 :

    La guerre civile se radicalise au Liban : le président Béchir GEMAYEL, chef des Phalanges chrétiennes, est assassiné le 14 septembre. Plusieurs centaines de civils palestiniens des camps de Sabra et Chatila sont massacrés par les Phalanges chrétiennes.

    9 septembre 1982 :

    La Ligue arabe adopte un plan de paix israélo-arabe : en l’échange de l’évacuation des territoires conquis en 1967, l’État d’Israël serait reconnu par les pays membres.

    18 avril 1983 :

    Attentat-suicide du Djihad islamique contre l’ambassade américaine de Beyrouth (Liban), faisant 63 morts ; c’est le début de l’islamisme anti-occidental.

    6 novembre 1983 :

    La démocratie est rétablie en Turquie avec la victoire aux élections législatives des conservateurs de l’ANAP.

    1er octobre 1985 :

    Raid de l’aviation israélienne contre le siège de l’OLP à Tunis.

    9 décembre 1987 :

    Début de la première Intifada (« guerre des pierres »), soulèvement populaire palestinien dans les territoires occupés par l’armée israélienne. Le 14 décembre, le mouvement islamiste palestinien du Hamas est fondé, tandis que l’OLP s’engage dans de nouvelles négociations de paix avec Israël.

    16 mars 1988 :

    Plusieurs mois avant la fin de la guerre Iran/Irak (20 août), les armées de Saddam HUSSEIN bombardent au gaz les Kurdes de Halabja.

    15 novembre 1988 :

    L’OLP proclame à Alger l’indépendance de l’État palestinien.

    22 mai 1990 :

    Unification du Yémen Nord (République arabe du Yémen, indépendant depuis la chute de l’empire ottoman en 1918) et du Yémen Sud (République démocratique populaire du Yémen, ancienne colonie britannique devenue indépendante en 1967).

    2 août 1990 :

    L’armée irakienne envahit le Koweït : c’est le début de la crise du Golfe qui provoquera l’intervention éclair d’une coalition internationale menée par les États-Unis (17 janvier-3 mars 1991).

    13 octobre 1990 :

    Un an après les accords de Taëf, fin de la guerre civile au Liban et arrêt des combats entre les troupes phalangistes et l’armée syrienne.

    13 septembre 1993 :

    Signature des accords d’Oslo à Washington entre Itszhak RABIN (Premier Ministre israélien) et Yasser ARAFAT (chef de l’OLP) sous l’égide de Bill CLINTON, président des Etats-Unis : l’OLP reconnaît l’État d’Israël et renonce à la violence ; Israël reconnaît l’OLP et concède l’autonomie aux territoires palestiniens.

    4 mai 1994 :

    Suite aux accords d’Oslo, création d’une Autorité palestinienne (présidée par Y. ARAFAT à partir de 1996) et autonomie des territoires de Gaza et de Jéricho ; la même année, Yasser ARAFAT, Shimon PERES et Yitzhak RABIN recevront le Prix Nobel de la Paix.

    25 juillet 1994 :

    Accords de paix entre Israël et la Jordanie.

    4 novembre 1995 :

    Assassinat d’Itzhak RABIN par un extrémiste juif, suivi d’une reprise des attentats palestiniens contre Israël.

    Avril 1996 :

    Intervention israélienne au Sud-Liban (opération « Raisins de la colère ») en réplique aux attaques du Hezbollah (mouvement islamiste chiite libanais fondé en 1982) contre Israël ; les Israéliens se retireront en 2000.

    10 juin 2000 :

    Mort du dictateur syrien Hafez EL-ASSAD ; son fils Bachar lui succède.

    28 septembre 2000 :

    Début de la deuxième Intifada après la visite sur l’Esplanade des Mosquées (Jérusalem) d’Ariel SHARON, leader du Likoud (droite conservatrice). En décembre 2000, le sommet de Camp David entre Bill CLINTON, Yasser ARAFAT et Ehud BARAK échoue.

    11 septembre 2001 :

    Les attentats islamistes sur New York, Washington et la Pennsylvanie sont accueillis avec enthousiasme en de multiples lieux du Moyen-Orient.

    Été 2002 :

    Construction du « mur de sécurité » entre Israël et la Cisjordanie.

    20 mars 2003 :

    Invasion de l’Irak (sans l’aval de l’ONU) par une coalition menée par les Etats-Unis qui renversent le régime de Saddam HUSSEIN.

    11 novembre 2005 :

    Mort en France de Yasser ARAFAT ; Mahmoud ABBAS (Fatah) lui succède.

    30 janvier 2005 :

    Premières élections libres en Irak, remportées par les chiites, pourtant minoritaires dans le pays ; le Kurde Jalal TALABANI devient président en avril.

    12 septembre 2005 :

    Retrait total et unilatéral d’Israël de ses colonies de la bande de Gaza.

    Octobre 2005 :

    L’affaire des caricatures de Mahomet publiées dans un journal danois embrase le Moyen-Orient.

    25 janvier 2006 :

    Victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes.

    12 juillet 2006 :

    Intervention israélienne au Liban contre le Hezbollah (opération « Pluie d’été »).

    14 juin 2007 :

    Guerre civile dans la bande de Gaza : le mouvement islamiste du Hamas l’emporte sur le Fatah (qui ne contrôle plus que la Cisjordanie) ; Israël interviendra à Gaza en 2008-2009.

    20 janvier 2009 :

    Les États du Moyen-Orient présents au sommet de Koweït approuvent le lancement en 2010 d’une union douanière, premier pas sur la voie d’un marché commun arabe.

    12 juin 2009 :

    La réélection du président conservateur iranien Mahmoud AHMADINEJAD (au pouvoir depuis 2005) provoque de nombreuses manifestations jusqu’en décembre, réprimées par le régime.

    Novembre 2009 :

    L’Arabie Saoudite et l’Iran interviennent dans la guerre civile yéménite (guerre du Saada), commencée en 2004.

    11 février 2011 :

    Démission du président égyptien Hosni MOUBARAK, remplacé un an plus tard par Mohamed MORSI, candidat des Frères musulmans, élu démocratiquement (30 juin 2012) et qui s’attribue les pleins pouvoirs en novembre 2012.

    15 mars 2011 :

    Début de la révolte en Syrie contre le régime de Bachar EL-ASSAD.

    31 octobre 2011 :

    La Palestine adhère à l’UNESCO en tant que membre titulaire.

    18 décembre 2011 :

    Retrait des dernières troupes américaines d’Irak.

    3 juillet 2013 :

    Le président égyptien, Mohamed MORSI, est renversé par l’armée égyptienne.

    10 juin 2014 :

    L’organisation djihadiste Daech progresse sur les ruines de l’Irak et de la Syrie en s’emparant de Mossoul qui devient un point stratégique de son « Etat islamique ».

    19 avril 2015 :

    Naufrage en Méditerranée d’une embarcation transportant près d’un millier de migrants clandestins. Il est représentatif de la « crise des migrants », défi posé aux Européens qui oscillent entre l’accueil (Angela MERKEL proposant l’accueil des migrants en Allemagne en août 2015) et le rejet (la Hongrie ferme sa frontière avec la Serbie en septembre).

    14 juillet 2015 :

    Accord sur le nucléaire iranien entre l’Iran et les pays du « P 5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), après une dizaine d’année de négociations. Les sanctions pesant sur la République islamique d’Iran sont alors levées progressivement depuis janvier 2016.

    30 septembre 2015 :

    Intervention de la Russie dans le conflit syrien aux côtés du régime de Bachar EL-ASSAD.

    13 novembre 2015 :

    Attentats à Paris revendiqués par Daech ; le groupe terroriste frappera à plusieurs reprises en France au cours de l’année 2016 (attaque au camion-bélier à Nice le 14 juillet) et 2017.

    15 juillet 2016 :

    Tentative de coup d’État en Turquie, motivant une reprise en main autoritaire du pays par son président Recep ERDOGAN (Premier ministre de 2003 à 2014 puis Président) qui accroît ses pouvoirs par un référendum en avril 2017.

    17 octobre 2016 :

    Début de la bataille de Mossoul engagée par l’armée irakienne pour reprendre la ville aux islamistes de Daech.

    22 décembre 2016 :

    Reprise de la ville d’Alep (Syrie) aux rebelles par le régime de Bachar EL-ASSAD aidée de l’aviation russe et de milices chiites iraniennes. Fin 2016, la guerre civile syrienne avait causé la mort de plus de 300 000 personnes.

    31 décembre 2016 :

    Attaque terroriste dans une boîte de nuit d’Istanbul (Turquie), revendiquée par Daech. Dans un contexte marqué par la recrudescence des attentats kurdes, la Turquie d’ERDOGAN riposte en s’engageant davantage face aux terroristes en Irak et en Syrie.

    4 novembre 2017 :

    Le Premier ministre libanais, Saad HARIRI (sunnite dont le père a été assassiné en 2005), annonce sa démission depuis l’Arabie Saoudite, accusant le Hezbollah et son allié iranien de « mainmise » sur le Liban et de menaces personnelles. L’homme d’État sera réintégré dans ses fonctions par l’entremise de la France.

    24 novembre 2017 :

    L’Égypte continue d’être touché par de récurrents attentats islamistes (305 morts dans une attaque contre une mosquée).

    6 décembre 2017 :

    Le président américain Donald TRUMP reconnaît officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël, décision largement condamnée à l’ONU le 21 décembre. Il s’agit pourtant d’une loi votée par le Congrès américain en 1995 dont l’application a été sans cesse repoussée (tous les six mois) par les présidents successifs.

    5 février 2018 :

    Début d’une offensive aérienne sans précédent menée par le régime de Bachar EL-ASSAD sur la Ghouta orientale, plaine fertile de la périphérie de Damas où se concentrent des rebelles hostiles au pouvoir, lequel les bombarde presque quotidiennement depuis 2011.

     

    PERSONNAGES-CLÉ

    Yasser ARAFAT (1929-2004)

    Bien que ses parents soient originaires de Palestine (son père est un riche marchand et un propriétaire terrien) et qu’il ait longtemps affirmé être né à Jérusalem, Yasser ARAFAT est égyptien. Il grandit au Caire où il étudie l’ingénierie civile, tandis qu’il milite contre la création d’un Etat israélien, dénonçant par exemple à la police égyptienne des activistes sionistes. Adolescent, il s’investit auprès du Mufti de Jérusalem (Amin al-Husseini) et se rapproche des Frères musulmans (sans toutefois adhérer à la confrérie). Cette proximité devient préjudiciable lorsque les « officiers libres » (NEGUIB, NASSER, SADATE) s’emparent du pouvoir. Aussi Y. ARAFAT s’installe au Koweït où il travaille en tant qu’ingénieur et, surtout, où il unit plusieurs groupuscules des Etats du Golfe et fonde en 1959 le Mouvement de libération de la Palestine, rapidement rebaptisé Fatah (la conquête). Cherchant à conférer une légitimité forte à son mouvement, ARAFAT rentre en contact avec les élites arabes et multiplie les actions armées contre les intérêts israéliens. Auréolé d’une première victoire à Karameh (Jordanie) en mars 1968, Yasser ARAFAT s’empare en 1969 de la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Fondateur de cette structure, NASSER (et l’URSS) voit en ARAFAT un Che GUEVARA du Moyen-Orient (son style vestimentaire et son look en attesteront) même si le leader du Fatah se démarque radicalement du nationalisme arabe nassérien (lequel faisait dépendre la libération de la Palestine de l’unité préalable de la nation arabe et soumettait de fait les Palestiniens à la tutelle des régimes de la région). Le destin d’ARAFAT suit alors celui du Fatah et de l’OLP, progressivement reconnus par la communauté internationale (membre observateur à l’ONU en 1974) mais chassés de Jordanie (opération « Septembre noir » en 1970) puis du Liban dans les années 1980. Réfugié à Tunis, Yasser ARAFAT amorce son retour dans le cadre de la première Intifada (1987) et opte pour la diplomatie secrète (accords d’Oslo) en signant alors, avec Itzhak RABIN, une déclaration de reconnaissance mutuelle qui ouvre la voie à une autonomie progressive des territoires palestiniens occupés depuis 1967. Cet acte de rapprochement, initié dès les années 1970, sera couronné par un prix Nobel de la paix en 1994. Élu en 1996 président de l’Autorité palestinienne (AP), le révolutionnaire peine à se convertir en chef d’État, gérant difficilement les tensions internes de son camp et les prises d’initiative populaires (deuxième Intifada en 2000). Prisonnier de son quartier général de Ramallah depuis la réoccupation israélienne des territoires et la destruction des infrastructures de l’Autorité palestinienne au printemps de 2002, Yasser ARAFAT s’efface politiquement et diplomatiquement. Sa mort demeure sujette à controverse (soupçons d’empoisonnement).

    Hafez EL-ASSAD (1930-2000)

    Hafez EL-ASSAD naît dans une famille alaouite (communauté religieuse proche du chiisme) relativement pauvre de l’ouest de la Syrie à une époque où le pays est administré par la puissance mandataire française – le père d’Hafez a obtenu le surnom « El-Assad » (« le lion » en arabe) en militant pour l’indépendance de la Syrie. Après la Seconde Guerre mondiale, Hafez EL-ASSAD milite au sein du parti Baas récemment fondé et fait des études militaires (il suivra une formation de pilote de chasse en URSS). Stationné au Caire en 1958, il tente de s’opposer à la République arabe unie, union de l’Egypte et de la Syrie (puis du Yémen) pilotée par le président égyptien NASSER. Revenu dans une Syrie ayant recouvré son indépendance, Hafez EL-ASSAD participe à la prise du pouvoir du parti Baas (dominé par un groupe de jeunes alaouites) au cours des années 1960 et s’impose à la tête du pays, écartant ses rivaux pour établir un régime plus autoritaire qu’auparavant (culte de la personnalité, police politique, arrestation d’opposants, bombardements, massacres et exécutions sommaires, contre les Frères musulmans syriens par exemple). Il cherche à s’imposer dans l’espace régional et face à Israël, en s’impliquant dans le conflit palestinien (participation à la guerre du Kippour, soutien au Hamas) ainsi qu’au Liban (rôle dans la guerre civile de 1975, soutien au Hezbollah). Son fils aîné, Bassel, devait lui succéder à la présidence mais la mort de ce dernier dans un accident de voiture en 1994 contraint EL-ASSAD à changer ses plans. C’est son autre fils, Bachar, qui lui succède à la présidence syrienne après sa mort en juin 2000.

    Recep Tayyip ERDOGAN (né en 1954)

    L’autocrate turc vient d’une famille d’origine géorgienne qui s’est installée à Istanbul alors qu’il n’a que 13 ans (son père travaille pour les garde-côtes turcs). Il étudie dans une école religieuse au sein de laquelle il s’investit beaucoup, puis étudie la politique. Au milieu des années 1970, il adhère à un parti islamiste (le Parti du salut national) ; il sera élu maire d’Istanbul en 1994, s’appuyant sur la lutte anti-corruption et le développement des infrastructures urbaines. Ses positions, nationalistes et quelque peu islamistes, gagnent en modération durant les années 2000 au début desquelles il fonde son parti conservateur, le Parti de la justice et du développement (AKP, 2001), qui domine la vie politique du pays depuis 2002. Premier ministre à trois reprises puis premier Président élu au suffrage universel direct en 2014 (réforme constitutionnelle qu’il a menée), ERDOGAN a infléchi sa politique depuis le début des années 2010. Engageant la Turquie sur la voie démocratique en vue d’une adhésion à l’Union européenne (abolition de la peine de mort par exemple en 2004), poussant l’économie du pays, il renforce son pouvoir après le putsch raté (juillet 2016) et sa nouvelle réforme constitutionnelle en 2017 (supprimant par exemple le poste de Premier ministre), engageant le pays dans une dérive autoritaire qui se manifeste par de nombreuses répressions et une radicalisation du discours (lequel multiplie par ailleurs de plus en plus les références à l’islam). L’intransigeance contre les Kurdes, elle, n’a pas faibli.

    Saddam HUSSEIN (1937-2006)

    Né dans un village proche de Tikrit, bourgade située au centre de l’Irak, Saddam HUSSEIN est issu d’une famille paysanne arabe sunnite mais, malmené par son beau-père, il est élevé par son oncle maternel, un ancien officier. Adolescent, il milite clandestinement avec lui au sein du parti Baas et sera condamné à plusieurs mois de prison pour l’assassinat d’un informateur de la police. S’il participe au coup d’Etat avorté contre le roi FAYCAL II (1956), il assiste en témoin discret au renversement de la monarchie en juillet 1958 et à l’installation du gouvernement baassiste du général KASSEM. Il s’oppose pourtant à ce dernier, critiquant son attachement au marxisme au détriment d’un nationalisme affirmé. Il collabore ainsi à la tentative d’assassinat de KASSEM en 1959 mais, après son échec, il est contraint à la fuite (il est condamné à mort par contumace) d’abord à Damas (berceau historique des théoriciens et idéologues du Baas) puis au Caire. De retour dans un Irak débarrassé du général KASSEM (exécuté en 1963 par le nouvel homme fort, le maréchal Abdel Salam AREF), Saddam HUSSEIN est emprisonné par le nouveau régime (pour une nouvelle tentative d’assassinat) et s’évade en 1966, préparant alors clandestinement son accession au pouvoir. Il organise ainsi en secret un putsch avec son cousin éloigné, le général Hassan AL-BAKR (juillet 1968), qu’il remplace à la tête du pays en 1979. Saddam HUSSEIN cumule alors tous les postes clés du régime (président de la République, secrétaire général du parti, commandant en chef des armées), organise des purges sanglantes (1979) et poursuit la politique nationaliste de son prédécesseur (nationalisations de concessions pétrolières et d’industries). A la tête d’un Irak riche et puissant (deuxième réserve pétrolière mondiale, en plein essor économique et industriel), Saddam HUSSEIN cède à ses nouvelles ambitions régionales et lance son armée moderne dans de grandes entreprises de conquête (invasion de l’Iran en 1980 puis du Koweït en 1990) qui portent préjudice aux finances du pays et l’isolent diplomatiquement. S’appuyant sur un cercle de fidèles de plus en plus restreint, majoritairement issus de sa famille directe, de sa tribu ou de son clan (sunnites, alors que le pays est majoritairement peuplé de chiites), il maintient son emprise dictatoriale sur la population irakienne malgré des signes d’affaiblissement (soulèvements chiite et kurde en 1991, défection de ses deux gendres en 1995, tentative d’assassinat de son fils aîné en 1996). Figurant sur la liste de l’ »Axe du Mal » de George W. BUSH, l’Irak est envahi par les troupes américaines et Saddam HUSSEIN (en fuite de mars à décembre 2003) est livré en juillet 2004 à un tribunal spécial créé par l’administration américaine. Condamné à mort par des juges irakiens (juridiquement pour avoir fait périr 148 habitants du village de Doujaïl, en 1982), il est exécuté par pendaison le 30 décembre 2006.

    Abdelaziz IBN SAOUD (1876-1953)

    Descendant du fondateur du premier Etat saoudien (1744), Abdelaziz ben Abderrahmane IBN SAOUD entreprend très tôt (dès 1891) la reconquête du territoire ancestral saoudien tombé aux mains de la famille rivale des AL-RACHID. Nouant des liens stratégiques avec les cheikhs du Bahreïn, du Qatar et du Koweït, il parvient à reconquérir Riyad en 1902 et rétablit son autorité, reconnue par les Ottomans (il est nommé wali, c’est-à-dire gouverneur en 1914). Bloqué dans la péninsule arabique par la présence britannique après-guerre (le Royaume-Uni y soutient alors le chérif HUSSEIN de La Mecque, roi hachémite du Hedjaz et initiateur de la révolte arabe), il se proclame sultan en 1921 et débute une campagne d’expansion territoriale sanguinaire (les guerres feront 500 000 morts entre 1901 et 1932), chassant le chérif HUSSEIN de La Mecque en octobre 1924. Alors que certains membres de son entourage l’incitaient à poursuivre les conquêtes, il décide de consolider son territoire acquis et fonde le royaume d’Arabie Saoudite en 1932. En 1938, la découverte du pétrole favorise la montée en puissance du pays qui s’allie avec les Etats-Unis en 1945. Mort en 1953 d’une crise cardiaque, Abdelaziz IBN SAOUD a eu une succession prolifique : 32 épouses qui lui donnèrent 53 fils et 36 filles, et environ 500 petits-enfants.

    Mustafa KEMAL Atatürk (1881-1938)

    Le père de la Turquie moderne naît en Thessalonique (Grèce actuelle) et il embrasse, comme son père (mort alors qu’il n’a que quatre ans), une formation militaire. Durant ses études, il se passionne pour la littérature occidentale (les écrits des Lumières par exemple) et la culture européenne. À sa sortie de l’Académie de guerre (il obtient le grade de capitaine), il est envoyé à Damas où, avec quelques camarades, il fonde un groupe secret, Patrie et Liberté, opposé au pouvoir despotique du sultan et dont les ramifications vont rapidement grandir. En dépit de l’arrivée des Jeunes Turcs au pouvoir (il en critiquera certains dirigeants), il considère que l’armée doit se tenir à l’écart de la vie politique. Cependant, après l’échec de l’empire ottoman durant la Première Guerre mondiale à laquelle il participe activement, il s’empresse de lutter en faveur des idéaux nationaux de la Turquie (novembre 1918), mais il se heurte à l’opposition du sultan MEHMED VI et des milieux dirigeants d’Istanbul. En avril 1920, dans un Etat en déliquescence occupé par les vainqueurs de la guerre, il réunit les nationalistes dans une Grande assemblée nationale (GAN) et organise la lutte contre les forces grecques, italiennes, françaises et arméniennes. À la suite de nombre de victoires, les Alliés choisissent de signer un premier armistice avec lui et s’engagent à quitter le pays. En supprimant le sultanat (novembre 1922 – malgré l’opposition de certains religieux musulmans), Mustafa KEMAL devient le représentant de la Turquie dans les négociations internationales. A la tête du Parti républicain du peuple (dont les six principes sont les suivants : républicanisme, nationalisme, populisme, étatisme, laïcisme et révolutionnarisme), il devient le premier président de la République de Turquie (proclamée le 29 octobre 1923). La « révolution kémaliste » se met alors en place : abolition du califat (1924), expulsion des membres de la dynastie ottomane, suppression des tribunaux religieux et des écoles religieuses, abolition de la polygamie, suppression des ordres religieux, interdiction du port du fez, droit de vote donné aux femmes, capitale déplacée à Ankara, imposition du turc au détriment de l’arabe. A la tête d’un régime néanmoins autoritaire (parti unique, forte répression des opposants), Mustafa KEMAL, surnommé « Atatürk » (« Turc-Père ») à partir de 1934, a considérablement modernisé et occidentalisé la Turquie (nombreuses réformes juridiques, développement de l’instruction, nationalisations, agriculture poussée, politique étrangère de bon voisinage).

    Rouhollah KHOMEINY (1902-1989)

    KHOMEINY naît dans la ville perse de Khomein sous le nom Rouhollah MOUSSAVI dans une famille chiite profondément croyante ; il affirmera qu’il serait un des nombreux descendants du Prophète. Comme son grand-père, son père et son frère aîné, il se destine à devenir ayatollah (chef religieux chiite) et suit des études de théologie ; il dispensera un enseignement à partir de 1927, à Qom, la ville sainte chiite. En 1962, il succède à l’ayatollah KACHANI comme autorité des chiites et développe une critique du régime du Shah et particulièrement la politique de laïcisation du régime, les orientations économiques et la « révolution blanche » (c’est à dire la modernisation à marche forcée du pays – incluant le droit de vote des femmes et l’abandon partiel de la charia – et la réforme agraire). Arrêté à plusieurs reprises en 1963 et 1964 pour avoir exercé un rôle dans plusieurs émeutes, KHOMEINY est contraint à l’exil, d’abord en Turquie puis en Irak. Là, il développe sa pensée sur le gouvernement islamique (influencée par les thèses des Frères musulmans), affirmant la primauté de l’islam dans la conduite des affaires politiques et sociales et élaborant le concept-clé de République islamique. Son activisme pro-chiite indispose le pouvoir irakien c’est pourquoi il part pour la France en 1978 (avec un visa de touriste ; il ne demande pas l’asile politique) et s’installe en banlieue parisienne (Neauphle-le-Château) où il côtoie de nombreux intellectuels (SARTRE ou FOUCAULT). Au moyen de cassettes enregistrées, il diffuse en Iran des prêches et des mots d’ordre qui ont favorisé la révolution islamique. Après son retour triomphal à Téhéran (1er février 1979), il fait approuver par référendum la création d’une République islamique reposant sur une Constitution autoritaire et centralisatrice. Guide suprême à la tête d’une organisation paramilitaire, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (Pasdarans), il lance l’Iran dans une guerre contre l’Irak (1980-1988), réprime les rebelles kurdes (10 000 morts en août-septembre 1979), menace Israël et soutient l’anti-américanisme de la jeunesse (prise d’otages à l’ambassade américaine en novembre 1979).

    Gamal Abdel NASSER (1918-1970)

    Né dans une famille de fonctionnaires (son père travaille pour les postes), Gamal Abdel NASSER passe son enfance à Alexandrie, métropole cosmopolite et bariolée, et poursuit ses études primaires et secondaires au Caire, au cœur de la ville islamique. Au moment de la grande vague insurrectionnelle qui déferle sur le pays en 1935, il prend la tête de l’Union des étudiants du secondaire qu’il mène au combat contre la domination britannique ; blessé à la tête, il continue la lutte contre le traité anglo-égyptien de 1936. Diplômé de l’Académie militaire égyptienne (ouverte depuis 1936 aux membres de la petite bourgeoisie – il est major de sa promotion), NASSER forme durant la Seconde Guerre mondiale un premier noyau d’officiers patriotes (dans lequel figure Anouar EL-SADATE, son successeur à la tête de l’Egypte en 1970) qui font serment de « libérer l’Égypte » par une révolution nationale. Capitaine, professeur à l’Académie militaire, il participe à la première guerre israélo-arabe (1948-1949) et constate les failles de la coalition arabe. Décidé à renverser le roi FAROUK, il se rapproche un temps des Frères musulmans pour envisager une éventuelle alliance avant de se raviser pour privilégier ses vues nationalistes. Alors que le pouvoir civil perd pied et que la présence britannique, notamment autour du canal de Suez, entraîne des débordements (en janvier 1952, au cours d’affrontements à Ismaïlia, les forces britanniques tuent 40 policiers égyptiens), un climat de guerre civile se développe en Egypte. Le groupe d’Officiers libres mené par NASSER s’empare du pouvoir et pousse FAROUK à l’exil (juillet 1952). Le Conseil du commandement de la révolution, présidé par NASSER, fait alors appel au général Mohammed NEGUIB pour assumer les fonctions de président de la République – NASSER le remplace fin 1954 puis est élu président de la République d’Égypte par référendum en juin 1956. NASSER militarise le régime (les officiers s’imposent à des postes clés du pouvoir), dissout les opposants politiques (visant particulièrement les Frères musulmans), impose une réforme agraire, le projet d’un barrage à Assouan (achevé en 1970) et nationalise le canal de Suez (suscitant une crise en octobre 1956) afin de moderniser et développer le pays. Sur le plan extérieur, il tente de s’imposer comme un leader du Tiers-Monde (conférence de Bandung en 1955), plaide la cause nationale arabe (panarabisme et union avec la Syrie dans une éphémère République arabe unie), s’associe avec l’URSS (tout en traquant les communistes égyptiens) et échoue face à Israël (conflit entre 1967 et 1970). Terrassé par une crise cardiaque, ses funérailles rassemblent six millions d’Egyptiens.

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  • AFFICHES

    Guerre et propagande sous Saddam HUSSEIN (1983)

    Saddam HUSSEIN recevant l’héritage de NABUCHODONOSOR, roi de Babylone (VIe siècle av. J-C), dont le palais est reconstruit à partir de 1983.

    DOCUMENTS HISTORIQUES

    Guerre et propagande sous Saddam HUSSEIN (1983)

    Saddam HUSSEIN recevant l’héritage de NABUCHODONOSOR, roi de Babylone (VIe siècle av. J-C), dont le palais est reconstruit à partir de 1983.

    ŒUVRES ET MONUMENTS

    PHOTOGRAPHIES

    Paysan juif labourant sous la protection d’une milice (1936)

    Paysan juif labourant sous la protection de la milice juive en Palestine durant la grande révolte arabe en 1936.

    L’occupation de l’Irak par les Britanniques (1919)

    Entrée des troupes britanniques à Bagdad, 1er janvier 1919.

    PRESSE

    SCHÉMAS & INFOGRAPHIES

    Les régimes politiques au Moyen-Orient en 2011

    Histoire Tle L-ES, Hatier, sous la direction de Guillaume BOUREL et Marielle CHEVALIER, 2012, p. 275.

    L’évolution du prix du pétrole brut 1950-2015

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 204.

    Les budgets militaires au Moyen-Orient en 2015

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 214.

    Le partage du pétrole du Moyen-Orient dans l’entre-deux-guerres

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 192.

    Le Moyen-Orient dans la production mondiale de pétrole (1945-2015)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 204.

    Bilan humain des conflits au Moyen-Orient (1948-2016)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 214.


  • L’indépendance des États du Moyen-Orient

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 193.

    L’Iran comme puissance régionale (2016)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 211.

    L’Irak, un État en décomposition (2016)

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 210.

    L’exil des Palestiniens en 1948

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 207.

    Les enjeux stratégiques au Moyen-Orient dans les années 2010

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 215.

    Les opérations militaires durant la crise de Suez (1956)

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 210.

    Les mandats au Moyen-Orient après la Première Guerre mondiale

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 195.

    Les guerres israélo-arabes

    Collections de l’Histoire, n°69, 2015, p. 66.

    Les aires d’influence soviétique et américaine au Moyen-Orient

    Histoire Tle L-ES, Hatier, sous la direction de Guillaume BOUREL et Marielle CHEVALIER, 2012, p. 271.

    Les accords Sykes-Picot (1916)

    Collections de l’Histoire, n°69, 2015, p. 49.

    L’Empire ottoman, une mosaïque de peuples et de religions

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 190.

    Le printemps arabe au Moyen-Orient : quels effets ?

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 213.

    L’eau, une ressource rare et convoitée au Moyen-Orient

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 196.

    Le jeu des alliances au Moyen-Orient pendant la guerre froide

    Collections de l’Histoire, n°69, 2015, p. 59.

    Le pétrole une ressource convoitée au Moyen-Orient

    Histoire Term L-ES-S, Nathan, coll. Guillaume LE QUINTREC, 2016, p. 197.

    Les pays qui reconnaissent l’Etat palestinien (2015)

    Histoire Tle L-ES, Hatier, sous la direction de Guillaume BOUREL et Marielle CHEVALIER, 2012, p. 281.

    Israël et les territoires palestiniens en 2015

    Histoire Term L, ES, S, Belin, coll. David COLON, 2016, p. 213.

    Israël et l’enjeu de l’eau

    Histoire Tle L-ES, Hatier, sous la direction de Guillaume BOUREL et Marielle CHEVALIER, 2012, p. 275.

    Israël après les accords d’Oslo

    Collections de l’Histoire, n°69, 2015, p. 67.

    Géographie du printemps arabe au Moyen-Orient

    Histoire Tle L-ES, Hatier, sous la direction de Guillaume BOUREL et Marielle CHEVALIER, 2012, p. 286.

  • ARCHIVES

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    DISCOURS

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    DOCUMENTAIRES & CONFERENCES

    Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits (conférence de l’APHG)

    Conférence de Dominique AVON dans le cadre de la journée scientifique organisée par l’APHG en coopération avec l’AHCESR à l’université Paris Sorbonne le 25 mai 2013.

    Les conflits du Proche et du Moyen-Orient, une approche par les cartes (Institut du monde arabe)

    Rendez-vous de l’histoire du monde arabe (3e journée) à l’Institut du monde arabe (Paris), 22 mai 2016.

    EXTRAITS DE FILM

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    INTERVIEWS

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    PRODUCTION WEB

    REPORTAGES TV

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  • CINEMA

    • Lawrence d’Arabie (1963). Biopic de David LEAN avec Peter O’TOOLE, Alec GUINNESS, Omar SHARIF.
      Une fresque historique devenue un classique du cinéma. Inspiré de la vie de Thomas Edward LAWRENCE (son récit constitue d’ailleurs la base du scénario), le film suit ce jeune officier britannique qui, débarquant dans l’Empire ottoman en pleine guerre mondiale, aidera les Arabes du chérif Fayçal IBN HUSSEIN à forger une nation puis un Etat indépendant des Turcs.
    • Les rois du désert (2000). Film de guerre de David O’RUSSELL avec George CLOONEY, Mark WAHLBERG, Ice CUBE.
      Un film de guerre simpliste (un groupe de soldats aux personnalités différentes doivent coopérer) par le touche-à-tout David O’RUSSELL qui raconte l’expédition menée, en marge de la première guerre du Golfe (1990), par quatre soldats américains désabusés pour récupérer une partie des lingots d’or volés par Saddam HUSSEIN au Koweit.
    • Kippour (2000). Drame d’Amos GITAÏ avec Liron LEVO, Tomer RUSSO, Juliano MERR.
      Sept ans après avoir déjà abordé la guerre de Kippour (1973) – qu’il a (sur)vécue – dans un documentaire, Amos GITAÏ se focalise sur la rencontre d’Israéliens sur le plateau du Golan et leur quotidien au sein d’une unité de secouristes.
    • Intervention divine (2002). Comédie de et avec Elia SULEIMAN, Manal KHADER, Nayef Fahoum DAHER.
      Une histoire d’amour aux accents parfois absurdes entre deux Palestiniens dont les rendez-vous ne peuvent s’organiser qu’autour d’un checkpoint.
    • La fiancée syrienne (2004). Drame d’Eran RIKLIS avec Clara KHOURY, Makram KHOURY, Hiam ABBASS.
      Le film a le mérite de montrer aussi bien la situation transfrontalière tendue et complexe entre la Syrie et Israël en 2000 (date d’accession au pouvoir de Bachar EL-ASSAD), les relations inter-culturelles au Moyen-Orient et le sentiment de déchirement (familial et culturel) de cette mariée du Golan (Israël) qui part épouser un Syrien de Damas.
    • Paradise Now (2005). Drame de Hany ABU-ASSAD avec Lubna AZABEL, Hiam ABBASS, Kais NASHEF.
      Comme le promet l’affiche du film : « 24 heures dans la tête d’un kamikaze », en l’occurrence deux amis d’enfance palestiniens partis commettre un attentat-suicide à Tel-Aviv. Le cinéaste, par d’efficaces procédés de mise en scène, se mue en observateurs des contradictions et des aspirations de ces kamikazes sans repères.
    • Persépolis (2007). Film d’animation de Marjane SATRAPI et Vincent PARONNAUD.
      Prix du jury au Festival de Cannes, le film est l’adaptation de la bande-dessinée autobiographique éponyme de Marjane SATRAPI (l’antagonisme formel noir/blanc est conservé). La première partie du film relate l’enfance de l’artiste dans un Iran en pleine mutation (Révolution islamique de 1979).
    • Les citronniers (2008). Comédie dramatique d’Eran RIKLIS avec Hiam ABBASS, Ali SULIMAN, Rona LIPAZ.
      La lutte d’une Palestinienne de Cisjordanie pour conserver ses citronniers considérés comme une menace par Israël est l’occasion de ramener le conflit israélo-palestinien à hauteur d’homme en montrant que les causes justes rassemblent souvent les peuples. Un beau film.
    • Valse avec Bachir (2008). Documentaire animé d’Ari FOLMAN.
      Le réalisateur se met en scène pour redécouvrir la guerre du Liban de 1982 (opération « Paix en Galilée ») durant laquelle il a fait son service militaire. L’animation permet de retranscrire sa douleur mémorielle (cas des milices phalangistes chrétiennes partisanes de Bachir GEMAYEL).
    • Le temps qu’il reste (2009). Comédie dramatique de Elia SULEIMAN avec Saleh BAKRI, Yasmine HAJ, Leila MUAMMAR.
      Un récit biographique d’une famille palestinienne campée sur ses terres et témoin, depuis 1948, de l’évolution de la situation et de l’embrasement du Proche-Orient.
    • Incendies (2010). Drame de Denis VILLENEUVE avec Lubna AZABAL, Rémy GIRARD, Mélissa DESORMEAUX-POULIN.
      Un film-piège qui marque la renaissance du cinéaste québecois Denis VILLENEUVE. Adapté d’une pièce de théâtre, le long-métrage manipule le spectateur au gré des recherches familiales entreprises par l’héroïne au Liban.
    • Nous trois ou rien (2015). Comédie dramatique de et avec KHEIRON, Leïla BEKHTI, Gérard DARMON.
      Un feel-good-movie romançant la vie des parents de l’humoriste KHEIRON, partis d’un village iranien pour fuir la Révolution islamique et arrivés en France en banlieue parisienne.

    TELEVISION/SERIES

    • Israël et les Arabes (2006). Série documentaire en 4 épisodes (Arte) réalisée par Norma PERCY et Brian LAPPING.
      Une série qui s’appuie sur de nombreux entretiens avec les protagonistes directs et indirects du conflit israélo-arabe depuis 1948. L’intérêt principal réside dans les postures des différents acteurs et dans les dessous des négociations de paix.
    • Generation Kill (2008). Mini-série en 7 épisodes (HBO) créée par David SIMON et Ed BURNS avec Alexander SKARSGARD, Jon HUERTAS, Kellan LUTZ.
      La série suit au plus près un bataillon de soldats américains débarquant aux premières heures de la guerre d’Irak en 2003 et confrontés à la réalité (inattendue) du terrain, aux problèmes de logistique et à l’absence de stratégie clairement définie.
    • Le serment/The Promise (2011). Mini-série en 4 épisodes (Channel 4) créée par Peter KOSMINSKY avec Claire FOY, Christian COOKE, Itay TIRAN.
      Se reposant sur un long travail de recherches (8 ans, 80 témoignages), Peter KOSMINSKY analyse le conflit israélo-palestinien en deux temps : à la fin du mandat britannique en Palestine de 1945 à 1948, puis en 2005. Il adopte une multitude de points de vue (même si la série est plutôt centrée sur une famille britannique) mais verse parfois dans des confusions formelles, historiques, voire un parti pris ou un certain manichéisme.

    MUSIQUE

    • Six Days War (1971) de Colonel Bagshot (Royaume-Uni).
      Une chanson d’un groupe britannique peu connu qui s’intéresse à la Guerre des Six jours (1967) et à son cortège de menaces.
    • Ils ont le pétrole !… mais c’est tout (1979) de Michel SARDOU (France).
      Sur des paroles de lui-même, Michel SARDOU compare son image de la France avec les atouts d’un Moyen-Orient d’où part, en 1979, le second choc pétrolier.

    LITTÉRATURE

    A venir

    BANDE DESSINÉE

    A venir

  • A venir…