II. 2. Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l’affaire Dreyfus

  • I] LA STRUCTURATION PROGRESSIVE DES MÉDIAS ET DE L’OPINION JUSQU’AUX ANNÉES 1930

    A) La montée en puissance de la presse écrite au XIXe siècle : « l’âge d’or de la presse »
    -La presse devient libre sous la IIIe République (1881)
    -La formation d’un système médiatique
    -La presse écrite, un vecteur de l’enracinement démocratique et républicain

    B) L’Affaire Dreyfus, une crise politique qui divise médias et opinion publique
    -Une « guerre de la presse » de plusieurs années
    -Le rôle des intellectuels dans le débat
    -La bipolarisation de l’opinion : dreyfusards et antidreyfusards

    C) La crise du 6 février 1934 : les médias contribuent à approfondir les fractures politiques
    -Les journaux renforcent la défiance de l’opinion vis-à-vis de la classe politique
    -La politisation de la presse
    -L’état des médias à la veille de la Seconde Guerre mondiale

     

    II] ENCADREMENT DES MÉDIAS ET CONTRÔLE DE L’OPINION AUX DÉBUTS DE LA RÉVOLUTION AUDIOVISUELLE

    A) Durant la Seconde Guerre mondiale, les médias sont à la fois des instruments de propagande et les voix de la liberté
    -L’occupant allemand et le régime de Vichy tentent de contrôler les médias et l’espace public
    -La guerre des ondes
    -Le nouveau paysage médiatique après 1944

    B) Des médias au service des nouvelles républiques
    -Le contrôle gouvernemental des médias : l’exemple de la guerre d’Algérie
    -L’importance politique de la télévision
    -Vers l’émancipation ? Les offres périphériques

    C) La liberté d’informer au cœur des événements de Mai 68
    -Le rejet du contrôle gouvernemental sur les médias
    -La nouvelle génération veut s’exprimer librement
    -L’importance de la couverture médiatique des événements

     

    III] LIBÉRALISATION ET MULTIPLICATION DES MÉDIAS À L’HEURE DE LA SOCIÉTÉ DE COMMUNICATION (DEPUIS LES ANNÉES 1970)

    A) Une lente libéralisation des médias après Mai 68
    -Un statu-quo sous POMPIDOU (1969-1974)
    -Un début d’ouverture sous VGE (1974-1981)
    -Le tournant des années MITTERRAND

    B) La révolution des TIC depuis les années 1990
    -Une offre médiatique démultipliée et le déclin de la presse écrite
    -Le rôle des médias se modifie : le système économique médiatique
    -Le lien ambigu entre le monde politique et les médias

    C) Une opinion publique volatile à l’ère de la démocratie d’opinion
    -« L’ivresse des sondages » (Alain GARRIGOU)
    -L’opinion de plus en plus méfiante vis-à-vis du politique et des médias
    -Internet favorise l’expression… pour le meilleur et pour le pire

  • LEXIQUE

    Antiparlementarisme :

    Mouvement d’opinion hostile au régime parlementaire, considéré comme favorisant l’instabilité ministérielle et la corruption.

    Antisémitisme :

    La notion désigne la haine et le rejet, sous diverses formes (de la discrimination à la persécution), des Juifs.

    Le mot apparaît pour la première fois dans ce sens sous la plume du journaliste intellectuel allemand Wilhelm MARR, fondateur d’une éphémère « Ligue antisémite » en 1879. Il se diffuse en outre dans un contexte scientifique particulier, celui du classement des éléments, espèces et « races ». D’ailleurs, pour plusieurs spécialistes, le concept est inapproprié dans la mesure où les Juifs ne constituent qu’une partie des peuples dits sémites (groupe linguistique).

    Censure :

    Contrôle plus ou moins coercitif exercé par une autorité (gouvernementale, religieuse, etc.) sur l’ensemble des médias pour les surveiller voire pour limiter ou interdire leur liberté d’expression.

    Le terme vient de la fonction de « censeur », créée à Rome en -443, dont l’une des attributions était d’encadrer les « mœurs » de la population.

    Crise politique :

    Pour Michel WINOCK (La fièvre hexagonale. Les grandes crises politiques 1871-1968, 1987), les crises politiques sont « les grandes perturbations qui ont mis en danger le système de gouvernement républicain ». Il en distingue cinq majeures en France : 1. l’Affaire Dreyfus « nouvelle offensive contre la souveraineté parlementaire sous les couleurs nouvelles du nationalisme » ; 2. la crise du 6 février 1934 « qui traduit le ralliement des classes moyennes aux solutions d’autorité contre le système parlementaire » ; 3. la crise du 10 juillet 1940 « qui clôt, à la faveur de la défaite, la IIIe République » ; 4. la crise du 13 mai 1958 « qui achève, à l’occasion de la guerre d’Algérie, la IVe République » ; 5. la crise de Mai 68 « qui inaugure une nouvelle forme de contestation ». Les crises politiques mettent à mal l’équilibre d’un État. Elles peuvent conduire à une implication plus ou moins massive du peuple (grèves, manifestations voire révolte) et déboucher sur des transformations institutionnelles (nouvelle constitution, nouveau régime) ou socio-politiques (réformes).

    Démocratie d’opinion :

    Tendance de la démocratie à se faire directe et individualisée. La notion s’oppose à celle de « démocratie représentative » dans laquelle la volonté des citoyens s’exprime par des représentants élus incarnant à ce titre la volonté générale. Dans une démocratie d’opinion, les dirigeants politiques cherchent à répondre aux désirs de l’opinion publique, censée correspondre à celle de la majorité des citoyens. Ils perdent ainsi leur fonction de représentation, d’anticipation, pour devenir de simples exécutants.

    Guerre des ondes :

    Expression définissant l’opposition, durant la Seconde Guerre mondiale, entre les émissions radiophoniques de la BBC en français (Radio Londres : « Honneur et patrie », « Les Français parlent aux Français »), en théorie brouillées par l’occupant allemand et le régime de Vichy, et les émissions collaborationnistes émises en France (Radio Paris, Radio Vichy).

    Ligues :

    La notion désigne basiquement un regroupement d’individus (qui se « liguent » ensemble) autour de convictions et de buts politiques communs. Néanmoins, en France, les ligues désignent souvent des mouvements d’extrême-droite, en particulier à la fin du XIXe siècle (Ligue de la patrie française, opposée aux dreyfusards) et dans l’entre-deux-guerres (Action française, Croix-de-feu). Dans les années 1930, elles s’opposent alors violemment – par le biais d’une certaine militarisation – au régime parlementaire.

    Média :

    Un média est un procédé, un support, qui permet la transmission d’une pensée, d’un message à plus ou moins grande échelle. On distingue trois types de médias : 1. les médias de diffusion qui émettent au moyen d’une technologie variable (ondes, antennes, satellites, etc.) en direction d’un large public (radio, télévision) ; 2. les médias de communication qui permettent l’interaction, l’échange en temps réel entre l’émetteur et le récepteur (internet, téléphonie) ; 3. les médias autonomes qui ne sont raccordés à aucun réseau et dont la diffusion dépend de la volonté du récepteur de se les procurer ou de les consulter (livre, journal, affiche, DVD, etc.).

    Dans leur Histoire des médias en France (2010), Christian DELPORTE et Fabrice D’ALMEIDA définissaient le média comme « tout moyen, outil ou système d’organisation permettant la diffusion massive ou la communication publique d’une information ou d’un message dans l’espace et dans le temps ».

    Nationalisme :

    La notion de « nationalisme » est difficile à définir, d’une part car son utilisation à outrance l’a rendue polysémique, d’autre part parce qu’elle ne recouvre pas exactement la même réalité selon les époques. D’une façon générale, on considère que le nationalisme est une doctrine, un mouvement politique fondé sur la prise de conscience par une communauté de former une nation en raison des liens ethniques, sociaux, culturels qui unissent les membres de cette communauté qui revendiquent le droit de former un Etat autonome. Pour une majorité d’historiens, le XIXe siècle est « le siècle des nationalismes ». Dans un mouvement romantique inspiré par la Révolution française, des peuples ont pris conscience de former une nation et ont cherché, parfois durant plusieurs générations, à construire un Etat autonome aux dépens des structures souvent monarchiques qui dominaient alors. C’est par exemple le cas de l’Italie ou de l’Allemagne.

    Dans le dernier tiers du XIXe siècle se développe une nouvelle forme de nationalisme, que Charles MAURRAS (1868-1952) qualifiait d’« intégral », c’est-à-dire un nationalisme qui choisit et exclut. Il exalte au plus haut point les valeurs et les caractères de la nation quitte à accompagner cette apologie d’un sentiment de supériorité, de domination à l’égard du monde extérieur, ce qui se traduit parfois par une certaine xénophobie, du racisme, voire des politiques impérialistes, colonialistes ou expansionnistes.

    Opinion publique :

    Courante, la notion d’opinion publique est difficile à définir. On considère qu’elle recouvre le mode de pensée majoritaire d’une population à un instant t. Pour le sociologue Pierre BOURDIEU néanmoins, « l’opinion publique n’existe pas » (Les Temps modernes, janvier 1973) en partie parce que la production d’une opinion n’est pas forcément « à la portée de tous » et car les moyens de la « capter » ne sont pas toujours satisfaisants.

    Si la production d’une opinion n’a pas d’âge, on peut faire remonter les considérations sur les pensées majoritaires d’une population vis-à-vis d’un sujet à l’époque des Lumières et à l’avènement des sociétés politiques modernes. En effet, s’ajoutant les unes aux autres, de nombreuses instances ont prétendu, à partir du XVIIIe siècle, incarner l’opinion générale d’une population, de la Nation ou des citoyens : d’abord les élus politiques, représentants du peuple ; puis les citoyens organisés en associations, syndicats, ligues, partis politiques de masse ; enfin, les journalistes politiques qui, du fait des tirages quotidiens considérables de leurs journaux, prétendaient exprimer ce que veulent les Français.

    ORTF :

    L’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) est une structure administrative publique fondée en 1964 ayant pour mission la tutelle de la radiodiffusion et de la télévision publique, la gestion des émetteurs et de la production audiovisuelle nationales et régionales. Dans l’après-guerre, l’Etat nationalise les radios privées et instaure un monopole (1945, RDF : Radiodiffusion française) qui perdurera jusqu’en 1981. Il englobe en 1949 la télévision (RTF : Radiodiffusion-Télévision française) puis structure l’entité en 1964 avant que celle-ci ne soit démantelée en 1974-1975.

    Presse d’opinion :

    A la différence de la presse d’information, censée être neutre et objective, la presse d’opinion exprime les orientations d’une famille de pensée (La Croix et la religion chrétienne), d’un parti (le parti communiste soutenu par L’Humanité), etc. Souvent fondés par des citoyens ou des responsables politiques engagés, ces titres visent à éclairer le citoyen, au moyen d’éditoriaux partisans par exemple. Pour l’historien Christian DELPORTE, la presse d’opinion est « une spécificité française ».

    Radios libres :

    Mouvement de libéralisation de la bande FM (procédé de radiodiffusion de programmes radiophoniques en modulation de fréquence mis au point dans les années 1930) entamé entre 1977 et 1981. Plusieurs radios « pirates », émettant en France malgré le monopole d’État vont devenir « libre » avec la fin de celui-ci, promise par François MITTERRAND.

    Radios périphériques :

    Radio privée dont l’émetteur est situé hors du territoire français pour ainsi échapper au contrôle d’État imposé après 1945. C’est le cas de RTL (Luxembourg), d’Europe 1 (RFA), RMC (Monaco, même si l’un des émetteurs est situé en Provence) ou encore Sud-Radio (Andorre).

    Sondage (d’opinion) :

    Procédure d’enquête de dimension statistique visant à connaître la répartition des opinions au sein d’une population (par la méthode de l’échantillonnage, issue de la loi des grands nombres) sur une question, un sujet donnés. Pourtant critiqués pour leurs modes de réalisation (formulation des questions essentiellement) et leur légitimité (la situation dans laquelle une personne est mise face à un sondage n’a rien à voir avec le processus de formation des opinions dans la vie réelle : on peut être confronté à une question que l’on ne s’est jamais posée et sommé de répondre immédiatement), « les sondages sont devenus une source cruciale de légitimité démocratique » (Alain GARRIGOU).

    Les enquêtes d’opinion sont apparues aux États-Unis dans les années 1930 (sous l’égide de George GALLUP et Elmo ROPER). Les instituts de sondage sont apparus à la même époque (l’IFOP est fondé en 1938 en France) mais connaîtront un développement surtout après la Seconde Guerre mondiale, en particulier à partir des années 1970.

    CHRONOLOGIE

    1. L’évolution technique et législative :

    24 août 1789 :

    La liberté de la presse est affirmée par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen : « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement (…) ». Après 1792 néanmoins, la presse est contrôlée par le gouvernement.

    1812 :

    Invention de la presse cylindrique par les Allemands Friedrich KOENIG et Andreas BAUER. L’invention permet d’accroître les tirages, tout comme la presse rotative, mise au point par l’Américain Richard HOE en 1845.

    29 juillet 1881 :

    Loi sur la liberté de la presse, promulguée sous la IIIe République.

    12 mai 1885 :

    Mise au point de la linotype par l’horloger américain d’origine allemande, Ottmar MERGENTHALER : cette machine permet aux typographes de taper directement les textes du journal sur un clavier.

    5 novembre 1898 :

    Première transmission sans fil en France : un message en morse est envoyé depuis la Tour Eiffel jusqu’au Panthéon.

    4 août 1914 :

    Le ministère de la Guerre instaure une censure préventive. Elle ne sera levée que le 12 octobre 1919, près d’un an après l’armistice.

    6 janvier 1923 :

    La station de radio privée Radiola (fondée en 1922) diffuse le premier journal « parlé », énoncé alors par Maurice VINOT.

    30 juin 1923 :

    L’Etat établit un monopole sur l’émission et la réception radiophonique. La possession de postes de radio est autorisée à condition d’en faire la déclaration.

    27 janvier 1926 :

    Première démonstration de la télévision par l’inventeur écossais John BAIRD à Londres. Son « téléviseur », reçoit des images sur un tube cathodique, sera commercialisé 4 ans plus tard. En février 1938, il perfectionne son invention avec la télévision en couleur.

    14 avril 1931 :

    Première retransmission sur la télévision publique française. L’ingénieur français René BARTHELEMY réussit à retransmettre une image de 30 lignes entre Montrouge et Malakoff en banlieue parisienne.

    23 mars 1945 :

    Une ordonnance établit le monopole de l’Etat sur la radio. La Radiodiffusion française (RDF) est mise en place pour assurer ce monopole absolu. Elle deviendra plus tard, avec le développement de la télévision, la Radiodiffusion – Télévision française (RTF), puis l’Office de la radiodiffusion-télévision française (ORTF) en 1964.

    24 février 1950 :

    Premier direct télévisé en France : la pièce de MARIVAUX, Le Jeu de l’amour et du hasard, est retransmise en direct sur l’unique chaîne de télévision, depuis la Comédie-Française.

    28 mars 1954 :

    Première utilisation de la modulation de fréquence (FM). Ce système permet de multiplier le nombre de station sur les ondes hertziennes et améliore fortement la qualité sonore des émissions.

    14 décembre 1963 :

    Inauguration de la Maison de la Radio à Paris (nouveau siège de la radio publique conçu sur 25 000 m² par l’architecte Henry BERNARD) en présence de DE GAULLE.

    1er octobre 1967 :

    La télévision en couleurs fait ses débuts en France, 13 ans après les Etats-Unis et quelques mois après l’Allemagne de l’Ouest. Néanmoins, à cette époque, seuls 1 500 téléviseurs couleurs sont en service en France !

    2 septembre 1969 :

    Naissance d’Arpanet, ancêtre d’Internet, au sein de l’université Columbia de New York.

    Mars 1972 :

    Premier courrier électronique, mis au point par Ray TOMLINSON. Pour définir l’adresse électronique, le symbole « @ » est choisi.

    1981-1982 :

    Lois mettant fin au monopole d’Etat sur l’audiovisuel en France.

    9 novembre 1981 :

    Loi autorisant les radios dites « pirates ». Cette libéralisation des radios figurait dans les promesses de campagne de François MITTERRAND.

    Mars 1989 :

    Début des travaux de l’ingénieur britannique Tim BERNERS-LEE sur le « World Wide Web » (www). Il conçoit l’idée de naviguer simplement d’un espace à un autre d’Internet à l’aide de liens hypertextes et grâce à un navigateur.

    1er janvier 1996 :

    Loi relative au quota de musiques françaises sur les ondes radio. Elle oblige les stations privées à diffuser au moins 40 % de musique française dans la journée. Parmi ces 40 %, 20 % des œuvres musicales émises doivent être consacrées aux jeunes talents.

    31 mars 2005 :

    Lancement de la télévision numérique terrestre (TNT) en France.

    1. Naissance des grands organes médiatiques :

    30 mai 1631 :

    Publication du premier journal français (à la périodicité variable), La Gazette (de l’italien gazetta, monnaie vénitienne dont la valeur équivaut plus ou moins au prix d’un journal), par le médecin du roi LOUIS XIII, Théophraste RENAUDOT (qui donnera son nom à un prix littéraire).

    1er janvier 1777 :

    Parution du premier quotidien français, Le journal de Paris, qui couvrira les événements de la Révolution de 1789.

    15 janvier 1826 :

    Naissance du Figaro dont l’édition est alors hebdomadaire. Il est fondé par le chansonnier Maurice ALHOY et le romancier Etienne ARAGO. Repris en 1854 par Hippolyte DE WILLEMESSANT, Le Figaro devient un quotidien en novembre 1866 et s’oriente progressivement à droite, défendant l’Empire de NAPOLEON III.

    22 octobre 1835 :

    Création de l’AFP (qui signifie alors « Agence des feuilles politiques ») par le Français Charles-Louis HAVAS. Il s’agit de la première agence d’information mondiale ; les nouvelles en provenance des journaux étrangers sont envoyées par pigeon voyageur et traduites dès leur arrivée à Paris.

    16 juin 1836 :

    La publicité s’immisce dans les journaux et permet de rendre les journaux bon marché. C’est Emile DE GIRARDIN qui lance ce procédé avec son journal La Presse.

    1er février 1863 :

    Naissance du Petit Journal, quotidien populaire, bardé d’illustrations et qui atteindra le million d’exemplaires au début des années 1890. Il disparaîtra en 1944.

    18 avril 1904 :

    Premier numéro de L’Humanité, journal socialiste fondé par Jean JAURES. Il deviendra l’organe de presse du Parti communiste français (PCF) en 1920.

    10 septembre 1915 :

    Fondation du Canard enchaîné par les pacifistes Maurice et Jeanne MARECHAL. Anatole FRANCE et Jean COCTEAU figureront parmi les premiers collaborateurs de ce journal critique.

    8 juin 1931 :

    Naissance de Radio Luxembourg, station créée par la Compagnie luxembourgeoise de la radio. Elle prendra le nom de RTL en 1966.

    1937 :

    Lancement de Marie-Claire, hebdomadaire fondé par l’homme d’affaires Jean PROUVOST et Marcelle AUCLAIR et consacré à la gent féminine.

    1er décembre 1938 :

    Fondation de Institut français d’opinion publique (IFOP) par Jean STOETZEL, un sociologue inspiré par l’Américain George GALLUP.

    18 décembre 1944 :

    Lancement du journal Le Monde, dirigé par Hubert BEUVE-MERY, René COURTIN et Franck BRENTANO, voulu par DE GAULLE comme un organe de presse de référence.

    21 novembre 1945 :

    Lancement du magazine féminin Elle dont la fondatrice, Hélène GORDON-LAZAREFF, est la première à introduire la photographie couleur dans la presse française.

    28 février 1946 :

    Premier numéro du quotidien sportif L’Equipe (publié trois fois par semaine jusqu’en 1948) sous l’égide de Jacques GODDET qui prend la suite de L’Auto-Vélo (1900), interdit de publication à la Libération.

    29 mars 1949 :

    Lancement de Paris-Match, magazine d’actualité fondé par Jean PROUVOST et inspiré de la revue américaine Life.

    13 avril 1950 :

    Naissance de L’Observateur par Gilles MARTINET, Roger STEPHANE et Claude BOURDET. Très engagé à gauche, il se montre extrêmement critique vis-à-vis du gouvernement.

    16 mai 1953 :

    Lancement de L’Express par Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER et Françoise GIROUD et pensé initialement comme un simple supplément hebdomadaire au journal Les Echos (fondé en 1908). Favorable à MENDES-FRANCE, anti-gaulliste et atlantiste, le magazine voit son équipe se scinder en 1970 : Claude IMBERT part fonder Le Point (libéral) avec une grande partie de la rédaction.

    1er janvier 1955 :

    Lancement d’Europe 1, radio périphérique au ton nouveau basée dans la Sarre et fondée par Charles MICHELSON et Louis MERLIN.

    Septembre 1960 :

    Création du magazine satirique Hara-Kiri. Interdit après avoir titré, au moment de la mort de DE GAULLE, « Bal tragique à Colombey : 1 mort », le titre disparaît et sera remplacé par Charlie Hebdo, fondé par la même équipe (François CAVANNA, CABU, WOLINSKI, etc.).

    31 décembre 1972 :

    Lancement de la troisième chaîne de télévision. Elle n’est reçue que par un quart de la population à ses débuts.

    18 avril 1973 :

    Lancement du journal Libération par Serge JULY, sous la protection de Jean-Paul SARTRE. Situé à l’extrême-gauche à ses débuts, le quotidien se recentre vers la gauche réformiste à la fin des années 1970, après le départ de SARTRE.

    Janvier 1975 :

    Création de RFI (Radio France Internationale) basée sur le modèle du « Poste Colonial », station fondée en 1931 à destination des colonies françaises.

    1er janvier 1975 :

    Eclatement de l’ORTF en 7 sociétés indépendantes : 3 chaînes (Télévision Française 1 – TF1, Antenne 2 et France-Régions 3 – FR3), la Société française de production (SFP), Télédiffusion de France (TDF), Radio France, et l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Le monopole d’Etat est maintenu.

    6 janvier 1975 :

    Naissance de Radio France (issue du démantèlement de l’ORTF) qui émet tout d’abord par le biais de quatre stations radiophoniques : France Inter, France Culture, France musique et FIP (France Inter Paris).

    12 décembre 1981 :

    Fondation de la station de radio privée NRJ. D’autres stations du même type (qui, initialement, n’ont pas le droit de diffuser de la publicité) verront le jour à partir de 1981 (Nostalgie en 1983, Fun Radio en 1985, Skyrock en 1986…).

    4 novembre 1984 :

    Lancement de Canal +, première chaîne de télévision avec abonnement en France (elle compte 186 000 abonnés à ses débuts).

    20 février 1986 :

    Lancement de « La Cinq », chaîne généraliste privée créée par l’homme d’affaires italien Silvio BERLUSCONI. Elle cessera d’émettre en avril 1992.

    1er mars 1987 :

    Lancement de Métropole Télévision : M6.

    16 avril 1987 :

    Privatisation de TF1 : le groupe Bouygues obtient 50 % du capital de la chaîne.

    1er juin 1987 :

    Lancement de la station de radio publique d’information en continu France Info.

    Novembre 1990 :

    Premier numéro du Courrier international, hebdomadaire qui propose la traduction française d’articles de presse issus du monde entier.

    28 septembre 1992 :

    Naissance d’Arte, chaîne de télévision franco-allemande.

    Janvier 1994 :

    Création de Yahoo !, annuaire internet mis au point par deux étudiants de Stanford, David FILO et Jerry YANG.

    4 septembre 1998 :

    Création de Google par Larry PAGE et Sergueï BRIN.

    18 février 2002 :

    Apparition des journaux d’information gratuits en France avec Metro (groupe de presse suédois) puis 20 Minutes (norvégien) distribués à Paris.

    4 février 2004 :

    Lancement de Facebook par l’Américain Mark ZUCKERBERG. Limité initialement aux universités américaines, il devient accessible à tous en septembre 2006.

    21 mars 2006 :

    Ouverture au public de Twitter.

    1. Les crises politiques :

    L’AFFAIRE DREYFUS

    6 octobre 1894 :

    Le capitaine Alfred DREYFUS est accusé par le service de renseignements français de trahison au profit de l’Allemagne. Le 15, DREYFUS est écroué.

    28 octobre 1894 :

    L’Affaire se médiatise : Le Figaro dévoile le nom de l’officier accusé de trahison, tandis que La Libre Parole accable DREYFUS en le déclarant coupable, mettant l’accent sur ses origines juives. Le journal de DRUMONT misera aussi sur la théorie du complot en affirmant que l’Etat souhaite étouffer l’affaire parce que DREYFUS est juif.

    19 décembre 1894 :

    Premier procès devant le conseil de guerre, à huis clos. DREYFUS est déclaré coupable et condamné à perpétuité.

    5 janvier 1895 :

    Dégradation du capitaine DREYFUS, qui perd ainsi son grade militaire.

    21 mars 1895 :

    DREYFUS arrive en déportation en Guyane, sur l’île du diable.

    Juillet 1896 :

    Le lieutenant-colonel PICQUART, nouveau chef du service de renseignements, entrevoit une erreur judiciaire à la vue de nouveaux documents ; il tente, en vain, de le démontrer à ses supérieurs.

    2 novembre 1896 :

    Le commandant HENRY produit un faux document accablant Dreyfus, alors que le colonel PICQUART est en passe d’être muté.

    15 novembre 1897 :

    Ouverture d’une enquête judiciaire à l’encontre du commandant ESTERHAZY, accusé par Mathieu DREYFUS d’être le vrai traître. ESTERAZY sera acquitté par le conseil de guerre en janvier 1898.

    13 janvier 1898 :

    Le journal L’Aurore publie « J’accuse », lettre ouverte d’Emile ZOLA à destination du président de la République. L’écrivain est poursuivi en justice et condamné à un an de prison. Il choisit alors de s’exiler.

    30 août 1898 :

    Le commandant HENRY reconnaît être l’auteur du faux (1896). Arrêté, il est retrouvé mort le lendemain dans sa cellule.

    27 septembre 1898 :

    Le garde des Sceaux (ministre de la Justice) demande la révision du jugement de 1894.

    8 août 1899 :

    Ouverture à Rennes du second procès. DREYFUS est de nouveau condamné à dix ans de prison.

    19 septembre 1899 :

    Le président de la République LOUBET gracie Alfred DREYFUS.

    12 juillet 1906 :

    DREYFUS est réhabilité.

     

    LA CRISE DU 6 FEVRIER 1934

    8 janvier 1934 :

    Alexandre STAVISKY, petit escroc lié à plusieurs parlementaires radicaux, est retrouvé mort. Dans le contexte politique d’un énième scandale politico-financier (Affaire du crédit municipal de Bayonne), la droite accuse le gouvernement d’avoir commandité son meurtre et d’étouffer l’affaire pour cacher des révélations de corruption.

    9 janvier 1934 :

    L’Action française, véhémente ligue d’extrême-droite antiparlementaire manifeste aux cris de « À bas les voleurs ! À bas les assassins ! ». Plusieurs autres manifestations du même type, regroupant des milliers de sympathisants et d’autres formations (Jeunesses patriotes, Camelots du roi) prendront place en janvier.

    27 janvier 1934 :

    Les communistes descendent à leur tour dans la rue pour mettre en cause le gouvernement de Camille CHAUTEMPS qui démissionne.

    30 janvier 1934 :

    Le président de la République Albert LEBRUN charge le radical Edouard DALADIER de former un nouveau gouvernement.

    3 février 1934 :

    Mutation du préfet de police de Paris, Jean CHIAPPE. Elle est vue par la gauche comme un moyen d’éloigner un homme éclaboussé par l’Affaire STAVISKY, et par la droite comme une sanction en forme de marchandage. La plupart des journaux de Paris (La Liberté, L’Ami du peuple, L’Intransigeant, L’Écho de Paris, Le Petit Parisien) s’indignent et publient des appels à manifester le 6 février.

    6 février 1934 :

    Les nombreuses manifestations dans Paris tournent à l’émeute, les forces de l’ordre ouvrant le feu (au moins 15 morts, plus de 2 000 blessés).

    7 février 1934 :

    Démission de DALADIER et formation d’un gouvernement d’Union nationale.

     

    CRISE DE JUILLET 1940

    12 septembre 1938 :

    Quinze jours avant les accords de Munich (qui accordent à l’Allemagne le droit d’annexer les Sudètes), la France (comme le Royaume-Uni) ordonne la mobilisation partielle.

    1er septembre 1939 :

    Mobilisation générale en France suite à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie.

    3 septembre 1939 :

    La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne. Début de la « drôle de guerre » qui se terminera le 10 mai 1940 par l’invasion des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France.

    13 septembre 1939 :

    Édouard DALADIER (président du Conseil et ministre de la Défense nationale et de la Guerre) forme un cabinet de guerre.

    26 septembre 1939 :

    Le gouvernement décrète la dissolution du Parti communiste français (PCF).

    26 janvier 1940 :

    Le colonel Charles de Gaulle envoie à 80 personnalités politiques et militaires un mémorandum intitulé « L’avènement de la force mécanique », afin de les alerter sur les dangers qu’une offensive mécanique allemande (chars et avions) ferait courir à la France.

    21 mars 1940 :

    Paul REYNAUD succède à Edouard DALADIER (forcé à démissionner pour son manque d’initiatives) à la tête du gouvernement.

    10 mai 1940 :

    Début de la bataille de France (qui s’achève le 22 juin) : l’armée connaît la débâcle face à la Blitzkrieg allemande.

    8 juin 1940 :

    Intensification de l’exode des civils vers le sud.

    10 juin 1940 :

    Le gouvernement français quitte Paris pour Bordeaux.

    14 juin 1940 :

    Les Allemands entrent dans Paris, déclarée « ville ouverte ».

    16 juin 1940 :

    Philippe Pétain devient Président du Conseil après la démission de Paul REYNAUD, en désaccord avec les principaux membres du gouvernement et les responsables militaires quant à la conduite à tenir face aux Allemands victorieux.

    17 juin 1940 :

    Le général DE GAULLE quitte Bordeaux pour Londres où il est reçu par CHURCHILL. À 12h30, le maréchal PETAIN annonce aux Français qu’il a demandé à l’adversaire les conditions d’armistice : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat ».

    18 juin 1940 :

    Appel du 18 Juin (DE GAULLE).

    22 juin 1940 :

    Armistice avec l’Allemagne.

    28 juin 1940 :

    Le gouvernement britannique reconnaît officiellement le général DE GAULLE comme « Chef des Français libres ».

    1er juillet 1940 :

    Le gouvernement français s’installe à Vichy.

    9 juillet 1940 :

    La Chambre des députés et le Sénat décident qu’il y a lieu de réviser les lois constitutionnelles.

    10 juillet 1940 :

    Par 569 voix contre 80, l’Assemblée Nationale délègue le pouvoir constituant au maréchal PETAIN (Loi constitutionnelle du 10 juillet 1940).

    11 juillet 1940 :

    Promulgation des actes constitutionnels. Le maréchal PETAIN prend le titre de chef de l’État français. C’est la fin de la Troisième République et le début du régime de Vichy.

    14 juillet 1940 :

    Première diffusion de l’émission francophone de la BBC, « Les Français parlent aux Français ». Elle propose de nombreux reportages et commentaires sur l’actualité, tous destinés à servir la cause alliée, et sera diffusée jusqu’en août 1944.

     

    LA CRISE DE MAI 1958

    13 mai 1958 : Coup d’Etat à Alger organisé par le Groupe des Sept (alliance opposée à l’indépendance de l’Algérie menée par l’avocat Pierre LAGAILLARDE) et réalisé par les généraux Raoul SALAN, Edmond JOUHAUD avec l’appui de la 10e division parachutiste du général MASSU et des alliés de Jacques SOUSTELLE. Le but était d’imposer par la force un changement politique du nouveau gouvernement Pierre PFLIMLIN envers l’Algérie française.

    14 mai 1958 :

    Le général MASSU, à la tête du comité de salut public à Alger, lance un appel au général DE GAULLE. L’objectif est de porter au pouvoir en France le seul à même de défendre l’Algérie française : le général DE GAULLE.

    15 mai 1958 :

    Alors que les Français d’Algérie se massent en nombre sur la place du Forum à Alger, DE GAULLE assure qu’il est « prêt à assumer les pouvoirs de la République ».

    19 mai 1958 :

    Conférence de presse de DE GAULLE à l’hôtel de la gare d’Orsay au cours de laquelle il lance son fameux « Croit-on, qu’à 67 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ? » pour rassurer les Français quant à sa volonté de se démarquer des putschistes.

    29 mai 1958 :

    Le président de la République, René COTY, fait appel « au plus illustre des Français » pour diriger le pays. DE GAULLE accepte de former un gouvernement investi par l’Assemblée nationale le 1er juin.

    4 juin 1958 :

    En Algérie, DE GAULLE prononce un « Je vous ai compris » au goût amer pour les Français d’Algérie.

     

    MAI 68

    2 mai 1968 :

    L’université de Nanterre est occupée par des centaines d’étudiants dans le cadre d’une opposition entre le groupe d’extrême-droite Occident et plusieurs mouvements de gauche, mais aussi en raison de la convocation, sans raison, de plusieurs membres du groupe « 22 mars » (dont Daniel COHN-BENDIT) par l’administration universitaire.

    3 mai 1968 :

    Le soulèvement des étudiants de Nanterre gagne le quartier Latin à Paris (Sorbonne). L’UNEF, principal syndicat étudiant, s’implique dans la contestation. L’après-midi commencent les premiers affrontements avec les forces de l’ordre et se dressent les premières barricades.

    6 mai 1968 :

    Le quartier Latin est le théâtre de violents affrontements (600 blessés). Le mouvement étudiant gagne les universités de province.

    13 mai 1968 :

    Face aux images de violence choquantes et par solidarité avec les étudiants, des mouvements de grève générale sont lancés dans de nombreuses usines de France. Des défilés rassemblent 200 000 à un million de personnes à Paris, selon les estimations, et un million dans une trentaine d’autres villes du pays.

    22 mai 1968 :

    Alors que la France compte 8 millions de grévistes, Daniel COHN-BENDIT quitte la France pour faire une « tournée révolutionnaire ». Le ministre de l’Intérieur annonce qu’il est désormais interdit de séjour en France.

    25 mai 1968 :

    Première séance de négociations entre les syndicats et le gouvernement (rue de Grenelle), représenté par Georges POMPIDOU. Elles aboutiront aux accords de Grenelle (27 mai).

    29 mai 1968 :

    DE GAULLE disparaît mais laisse entendre qu’il est parti à Baden-Baden (Allemagne) consulter l’armée. Il réapparaît le lendemain et annonce la dissolution de l’Assemblée nationale. Une manifestation en soutien au président de la république rassemble 200 000 personnes le soir même sur les Champs-Élysées et la place de la Concorde.

    4 juin 1968 :

    Début de la reprise de travail dans plusieurs secteurs.

    7 juin 1968 :

    Violents affrontements à Flins entre les grévistes et la Régie Renault, épaulés par les étudiants et les forces de l’ordre.

    12 juin 1968 :

    Par décret, le gouvernement interdit les manifestations sur tout le territoire.

    30 juin 1968 :

    Large victoire des gaullistes aux élections législatives. Maurice COUVE DE MURVILLE devient Premier ministre.

    2 août 1968 :

    Licenciement de 102 journalistes radio et télévision à l’ORTF.

     

    PERSONNAGES-CLÉ

    Hubert BEUVE-MERY (1902-1989)

    Issu d’une famille modeste, Hubert BEUVE-MERY effectue des études de droit avant de devenir enseignant à l’Institut français de Prague, ville dans laquelle il devient correspondant pour plusieurs quotidiens parisiens, dont Le Temps, le journal officieux du ministère français des Affaires étrangères. Il revient en France après les accords de Munich (1938) et devient directeur des études à l’École des cadres d’Uriage, une école de cadres créée par le régime de Vichy pour fournir des cadres aux chantiers de jeunesse. La fermeture de l’école en décembre 1942 le fait entrer en résistance, au sein du maquis du Tarn. A la Libération, il devient rédacteur en chef de l’hebdomadaire Temps présent puis, à la demande de DE GAULLE, il contribue à fonder un journal de référence, comme l’était le quotidien Le Temps avant-guerre. C’est ainsi que naît Le Monde dont le premier numéro sort le 18 décembre 1944 (Le Monde diplomatique est fondé en 1954). Favorable au retour de DE GAULLE et à la Ve République en 1958, BEUVE-MERY s’opposera toutefois à l’élection du président au suffrage universel décidée en 1962. Dès lors, sous le pseudonyme de « Sirius », il deviendra un éditorialiste anti-gaulliste très actif.

    Georges CLEMENCEAU (1841-1929)

    Issu d’une famille de la bourgeoisie vendéenne, Georges CLEMENCEAU fut médecin avant d’être homme politique. Son engagement débute avec l’avènement de la République le 4 septembre 1870. Elu député de la Seine en 1876, il devint le chef de file des radicaux, groupe siégeant alors à l’extrême-gauche de la Chambre. Il s’engagea contre la politique coloniale de Jules FERRY et contre toute tentative de déstabilisation de la République, créant d’ailleurs, avec Jules JOFFRIN, la Société des Droits de l’Homme et du Citoyen. Affaibli par le scandale du canal de Panama, il se retira de la vie politique de 1893 à 1902, investissant le journalisme. Editorialiste à L’Aurore à partir de 1897, il défendit DREYFUS, notamment en publiant le célèbre « J’accuse » d’Émile ZOLA. Au début du XXe siècle, il devient le « premier flic de France » en devenant ministre de l’Intérieur. Opposé à la censure imposée par la Grande Guerre, il accepta pourtant les responsabilités du gouvernement à partir de novembre 1917, devenant quelques mois plus tard, aux yeux de tous les Français, le « Père de la Victoire ». Son revers électoral à la présidence de la République (1920) marqua son retrait définitif de la vie politique.

    Daniel COHN-BENDIT (né en 1945)

    Né de parents anti-nazis installés en France, Daniel COHN-BENDIT effectue sa scolarité entre la France et l’Allemagne (il obtient la nationalité allemande en 1958). Etudiant à Paris-Nanterre, il participe à plusieurs mouvements d’extrême-gauche, proches des groupes anarchistes, est sera à plusieurs reprises menacé d’expulsion. Il s’illustre durant les événements de Mai 68, obtenant le surnom de « Dany le rouge » et se voyant interdit de territoire. Indésirable en France jusqu’en 1978, il entame une carrière politique en Allemagne et abandonne progressivement sa perspective révolutionnaire (il publie, en 1986, Nous l’avons tant aimée, la Révolution). Son engagement politique s’oriente vers les formations écologistes, d’abord en Allemagne (à Francfort), puis au niveau européen (il est élu député au Parlement européen en 1994) et, enfin, en France (au sein d’Europe-Ecologie-Les Verts).

    Pierre DAC (1893-1975)

    Pierre DAC (de son vrai nom, André ISAAC) naît dans une famille juive installée à Châlons-sur-Marne. Marqué par la Première Guerre mondiale (il est blessé à deux reprises), il vit de petits boulots à Paris dans l’entre-deux-guerres, devient chansonnier dans plusieurs cabarets et prend la charge, en 1935, de deux émissions de radio à succès : « La Course au Trésor » et « La Société des Loufoques ». En 1938, il fonde L’Os à moelle, organe officiel des loufoques, une publication humoristique hebdomadaire interdite à partir de juin 1940. Réfugié à Toulouse au début du conflit, il tentera à plusieurs reprises de rejoindre Londres et n’y parviendra, après quelques séjours en prison, qu’en août 1943. Il rejoint alors l’équipe des « Français parlent aux Français » de Radio Londres, se moquant des Allemands (il invente le quolibet « Chleuhs »), le régime de Vichy et les collaborationnistes. Après 1945, il s’installe à Paris et poursuit conjointement une carrière à la radio (sur France Inter par exemple) et au théâtre (il forme un duo humoristique avec Francis BLANCHE).

    Léon DAUDET (1867-1942)

    Fils aîné du célèbre écrivain Alphonse DAUDET, Léon DAUDET mène des études de médecine mais se fait remarquer, dès 1892, par ses écrits. A la fin du XIXe siècle, il commence une longue carrière de journaliste avec des contributions au sein de Soleil, Gaulois et La libre parole (il publiera plus de 9 000 articles durant sa vie). Son esprit polémiste et son antisémitisme se remarquent dans son traitement de l’Affaire Dreyfus qu’il couvre pour Le Figaro (il restera toute sa vie persuadé de la culpabilité de DREYFUS). Républicain, il s’affiche progressivement comme nationaliste et clérical et, en outre, farouchement antiparlementariste (il publie en 1901 Le pays des parlementeurs). Sa rencontre en 1904 avec le duc d’Orléans active enfin sa vocation monarchiste ; il l’exprimera dans L’action française, quotidien qu’il fonde en 1908 avec Charles MAURRAS. De 1919 à 1924, il est député de l’Union nationale à Paris, devenant ainsi le principal porte-parole des nationalistes. Au cours de la décennie suivante, il soutient le régime mussolinien et espère la chute de la République lors de la crise de février 1934. Favorable au régime de Vichy mais antigermanique, il se désolera de l’occupation allemande.

    Alfred DREYFUS (1859-1935)

    Alfred DREYFUS est un officier français d’origine alsacienne (il naît à Mulhouse et sa famille quitte l’Alsace après le rattachement de la région à l’Allemagne suite à la guerre de 1870-1871) et de confession juive. Polytechnicien, il devient officier d’artillerie et sert comme capitaine-stagiaire au sein du ministère de la Guerre. En septembre 1894, suite à une enquête bâclée, il est accusé de trahison puis incarcéré. En dépit de la solidité de sa défense, DREYFUS est condamné à l’unanimité « à la destitution de son grade, à la dégradation militaire, et à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée ». Envoyé au bagne sur l’île du Diable, en Guyane, il demeure à l’écart de l’Affaire qui se développe en France à son sujet à partir de 1896. Il est finalement gracié par le président Emile LOUBET en 1899 mais doit attendre 1906 pour être réintégré dans l’armée au sein de laquelle il participera à la Première Guerre mondiale.

    Edouard DRUMONT (1844-1917)

    DRUMONT se lance très tôt dans le journalisme (à l’âge de 17 ans), se chargeant aussi bien de reportages que de chroniques littéraires et artistiques dans un grand nombre de titres (La Liberté, L’Univers, La Revue de France, Le Petit Journal, etc.). Ses idées politiques s’affirment dans les années 1880, d’abord le monarchisme (que l’on perçoit dans son introduction de La mort de Louis XIV) puis l’antisémitisme avec La France juive (1886), édité à 150 reprises ! Devenu célèbre, estimé par certains, condamné par d’autres, il martèle son opposition aux Juifs en fondant la Ligue nationale antisémitique de France (1890) puis en lançant le journal La libre parole (20 avril 1892) avec comme sous-titre : « La France aux Français ». Entre 1898 et 1902, il est député, élu à Alger en tirant profit des émeutes antisémites de 1898 ; il dirige alors à la Chambre un « groupe antisémite » composé de 28 députés qui resteront actifs jusqu’à la fin de l’Affaire Dreyfus.

    Jacques-Bernard DUPONT (1922-1998)

    Après des études universitaires en lettres et droit, Jacques-Bernard DUPONT intègre l’École nationale d’administration (ENA) dont il sort diplômé en 1954. Sa carrière dans la haute-fonction publique commence au sein de l’Inspection des Finances puis il entre en 1963 à la direction de la Radiodiffusion-télévision française (RTF) – devenue ORTF en 1964. Sous sa direction, l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) proposera une seconde chaîne de télévision, mettra en œuvre le passage à la couleur et connaîtra une relative libéralisation des programmes (avec des émissions satyriques comme Les Raisins verts ou Les Shadoks). Critiquée pour sa mise sous tutelle par le pouvoir durant Mai 68, l’ORTF se séparera de Jacques-Bernard DUPONT (au profit de Jean-Jacques DE BRESSON) en juin 1968. Il retournera alors à l’Inspection des Finances.

    Françoise GIROUD (1916-2003)

    Françoise GIROUD (de son vrai nom, Léa France GOURDJI) décide de quitter l’école dès 14 ans, après la mort de son père, pour travailler en tant que secrétaire. Grâce aux relations de sa famille, elle est employée par André GIDE puis travaille un temps dans le cinéma, comme scénariste. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle écrit dans Paris-Soir et devient agent de liaison dans la Résistance. Sa carrière de journaliste décolle après 1945. Elle publie des articles dans France-Soir ou encore France Dimanche, est engagée comme directrice de rédaction du magazine naissant Elle et, surtout, elle fonde en 1953, avec son amant Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER, L’Express, dont elle conservera la tête jusque 1974. Féministe, elle s’engage en politique au sein du Parti radical en faveur de Valéry GISCARD D’ESTAING qui lui confiera des responsabilités une fois arrivé à la tête de l’Etat (secrétaire d’Etat chargée de la Condition féminine, secrétaire d’Etat à la Culture). Revenue à l’écriture et au journalisme en 1979, elle signe plusieurs romans et essais et contribuera à fonder Action contre la faim (ACF).

    Philippe HENRIOT (1889-1944)

    Né dans une famille de la région de Reims cultivant des idées antisémites, Philippe HENRIOT s’engage en politique dans les années 1920, parallèlement à ses activités de professeur de lettres, au sein des milieux catholiques comme la Fédération nationale catholique (FNC). Elu député de la Gironde en 1932, HENRIOT fait partie d’un groupuscule complotant contre la République durant la crise de février 1934. Auteur d’un pamphlet (Le 6 février, 1934), il collabore à plusieurs journaux de droite et révèle ses penchants anticommunistes, antisémites et antiparlementaires. Dès 1938, il est partisan de l’entente avec l’Allemagne hitlérienne en dépit de son anti-germanisme. En juin 1940, il se rallie au maréchal PETAIN auquel il vote les pleins pouvoirs. Il s’implique dans la Révolution nationale prônée par Vichy (il publie des articles de propagande dans Gringoire ou Je suis partout), adhère à la Milice dès mars 1943 et vante la collaboration. Son timbre de voix caractéristique (il sera surnommé l’« homme à la voix d’or ») va rapidement être mis à profit par le régime de Vichy. Ainsi, il participe à la guerre des ondes qui oppose les radios de la France libre (Radio Londres) aux radios de la France occupée (Radio Paris) – il prononce sa première allocution à la « Radio Nationale » (Radio-Vichy) en février 1942). A la demande des Allemands, il est nommé secrétaire d’État à l’Information et à la Propagande du régime de Vichy en janvier 1944. En juin, il est abattu par la Résistance.

    Robert HERSANT (1920-1996)

    Militant des Jeunesses socialistes (SFIO) avant 1940, Robert HERSANT fonde pourtant le « Jeune front » sous l’Occupation, un groupuscule pro-nazi dont l’activité principale est de distribuer Au pilori, un journal antisémite. Ces activités collaborationnistes lui vaudront d’être condamné à l’indignité nationale en 1947 (il bénéficie de l’amnistie générale en 1952). En 1950, il fonde les bases d’un véritable empire de la presse nationale en lançant L’Auto-Journal. Député de l’Oise dès 1956, il débute son parcours politique à gauche (il rachètera d’ailleurs Nord-Matin en 1967, journal SFIO des bassins miniers) pour l’achever à droite. Il reprend ainsi le journal de la droite libérale, Le Figaro (1975), et concentre progressivement de nombreux titres régionaux (La Voix du Nord, Le Dauphiné libéré, etc.). Après sa mort, une partie de son groupe, Socpresse, est vendue à Serge DASSAULT.

    Alain PEYREFITTE (1925-1999)

    Issu de la première promotion de l’École nationale d’administration (ENA) en 1946, Alain PEYREFITTE embrasse d’abord une carrière de diplomate, en Allemagne puis en Pologne. Il se rallie au parti politique de DE GAULLE, l’UNR, lors de son retour au pouvoir en 1958. Il sera élu député de Seine-et-Marne de façon continue, de 1958 à 1995. Proche du général DE GAULLE, il entre au gouvernement en 1962 en tant que secrétaire d’Etat (puis ministre) de l’Information. Il œuvre alors à la modernisation de l’audiovisuel public (à travers l’ORTF par exemple) mais contribue aussi à l’encadrement des informations diffusées par le journal télévisé. Il est remplacé par Yvon BOURGES en 1966 et passe à la tête du ministère de la Recherche puis de l’Education nationale jusqu’aux événements de Mai 68. Peu après son élection à l’Académie française, il devient garde des Sceaux (ministre de la Justice) en 1977, poste qu’il occupera jusqu’à l’arrivée au pouvoir de la gauche.

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  • A venir…
  • L’HISTOIRE ET LES MÉDIAS (ÉVOLUTION HISTORIOGRAPHIQUE)

    A venir. Christian DELPORTE s’est déjà essayé à un tel aperçu historiographique en 2001 (« De l’histoire de la presse à l’histoire des médias », Bulletin de l’Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche, n°22, avril 2001).

     

    DOC. PHOTO ET TDC

    • « L’opinion publique », Textes et documents pour la classe (TCS-CNDP), n°941, 1er octobre 2007, 52 p [notice SUDOC].

    LES CRISES POLITIQUES EN FRANCE

    • Michel WINOCK, La fièvre hexagonale : les grandes crises politiques de 1871 à 1968, Paris : Seuil, 1987, 474 p (plusieurs rééditions augmentées ; format de poche) [notice SUDOC].
    • Danielle TARTAKOWSKY, Le pouvoir est dans la rue. Crises politiques et manifestations en France, Paris : Aubier, 1998, 296 p [notice SUDOC].
    • Gérard COURTOIS (dir.), Les grandes crises politiques françaises : 1958-2014, Paris : Perrin/Le Monde, 1998, 1 062 p (recueil d’articles du Monde) [notice SUDOC].

    LES MÉDIAS

    OUTILS ET OUVRAGES GÉNÉRAUX :

    • Jean-Noël JEANNENEY, Une histoire des médias : des origines à nos jours, Paris : Seuil, 1996, 374 p (plusieurs rééditions augmentées ; format de poche) [notice SUDOC].
    • Frédéric BARBIER, Catherine BERTHO-LAVENIR, Histoire des médias : de Diderot à Internet, Paris : Armand Colin, collection « U Histoire contemporaine », 1996, 351 p (plusieurs rééditions augmentées) [notice SUDOC].
    • Francis BALLE (dir.), Dictionnaire des médias, Paris : Larousse, 1998, 281 p [notice SUDOC].
    • Agnès CHAUVEAU, Philippe TETART, Introduction à l’histoire des médias en France de 1881 à nos jours, Paris : Armand Colin, collection « Synthèse Histoire », 1999, 96 p [notice SUDOC].
    • Fabrice D’ALMEIDA, Christian DELPORTE, Histoire des médias en France, de la Grande Guerre à nos jours, Paris : Flammarion, collection « Champs Histoire », 2003, 434 p (réédition augmentée en 2010) [notice SUDOC].
    • Ivan CHUPIN, Nicolas HUBE, Nicolas KACIAF, Histoire politique et économique des médias en France, Paris : La Découverte, collection « Repères », 2009, 126 p (réédition en 2012) [notice SUDOC].
    • Jacques LE BOHEC, Histoire du journalisme et des médias, Rennes : PUR, 2010, 633 p [notice SUDOC].

    OUVRAGES SPÉCIALISÉS :

    • Catherine BERTHO-LAVENIR, La démocratie et les médias au XXe siècle, Paris : Armand Colin, collection « U Histoire contemporaine », 2000, 288 p [notice SUDOC].
    • Jean-Yves MOLLIER, Jean-François SIRINELLI, François VALLOTON, Culture de masse et culture médiatique en Europe et dans les Amériques : 1860-1940, Paris : PUF, 2006, 323 p [notice SUDOC].
    • Agnès CALLU, Patrick EVENO, Hervé JOLY (dir.), Culture et médias sous l’Occupation. Des entreprises dans la France de Vichy, Paris : CTHS, 2009, 390 p (actes de rencontre scientifique) [notice SUDOC].

    HISTOIRE DE LA PRESSE

    OUTILS ET OUVRAGES GÉNÉRAUX :

    • Claude BELLANGER, Jacques GODECHOT et alii (dir.), Histoire générale de la presse en France, 5 tomes, Paris : PUF, 1969-1976 [notice SUDOC].
    • Pierre ALBERT, Histoire de la presse en France, Paris : PUF, collection « Que sais-je ? », 1970, 127 p (plusieurs rééditions augmentées) [notice SUDOC].
    • Jean-Marie CHARON, La presse en France de 1945 à nos jours, Paris : Seuil, 1991, 416 p [notice SUDOC].
    • Christian DELPORTE, Histoire du journalisme et des journalistes en France, Paris : PUF, collection « Que sais-je ? », 1995, 127 p [notice SUDOC].
    • Gilles FEYEL, La presse en France des origines à 1944 : histoire politique et matérielle, Paris : Ellipses, 1999, 192 p [notice SUDOC].
    • Laurent MARTIN, La presse écrite en France au XXe siècle, Paris : LRF, collection « Le livre de poche – Références histoire », 2005, 256 p [notice SUDOC].
    • Lise DEVREUX, Philippe MEZZASALMA (dir.), Des sources pour l’histoire de la presse : guide, Paris : BNF, 2010, 538 p [notice SUDOC].
    • Patrick EVENO, Histoire de la presse française : de Théophraste Renaudot à la révolution numérique, Paris : Flammarion, 2012, 271 p [notice SUDOC].

    OUVRAGES SPÉCIALISÉS :

    • Émile POULAT, René REMOND, Cent ans d’histoire de la Croix, Paris : Le Centurion, 1988, 471 p [notice SUDOC].
    • Jean HUTEAU, Bernard ULLMANN, AFP : une histoire de l’agence France-Presse, 1944-1990, Paris : Robert Laffont, 1990, 570 p [notice SUDOC].
    • Thomas FERENCZI, L’invention du journalisme en France : naissance de la presse moderne à la fin du XIXe siècle, Paris : Plon, 1993, 275 p [notice SUDOC].
    • Gilles FEYEL (dir.), La distribution et la diffusion de la presse, du XVIIIe siècle au IIIe millénaire, Paris : Panthéon-Assas, 2002, 451 p (actes de rencontre scientifique) [notice SUDOC].
    • Marc MARTIN, La presse régionale : des affiches aux grands quotidiens, Paris : Fayard, 2002, 501 p [notice SUDOC].
    • Patrick EVENO, Histoire du journal Le Monde 1944-2004, Paris : Albin Michel, 2004, 707 p [notice SUDOC].
    • Jean-Paul VISSE, La presse du Nord et du Pas-de-Calais au temps de l’Écho du Nord : 1819-1944, Villeneuve d’Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2004, 279 p [notice SUDOC].
    • Christophe CHARLE, Le siècle de la presse (1830-1939), Paris : Seuil, 2004, 399 p [notice SUDOC].
    • Christian DELPORTE, Claude PENNETIER, Jean-François SIRINELLI, Serge WOLIKOW (dir.), L’Humanité de Jaurès à nos jours, Paris : Nouveau monde, 2004, 419 p (actes de rencontre scientifique) [notice SUDOC].
    • Laurent MARTIN, Le Canard enchaîné : histoire d’un journal satirique, 1915-2005, Paris : Nouveau monde, 2005, 767 p (issu de la thèse de l’auteur) [notice SUDOC].
    • Marc MARTIN, Les grands reporters : les débuts du journalisme moderne, Paris : Audibert, 2005, 399 p [notice SUDOC].
    • Claire BLANDIN, Le Figaro : deux siècles d’histoire, Paris : Armand Colin, 2007, 308 p (l’auteure a produit une thèse sur Le Figaro Littéraire) [notice SUDOC].
    • Dominique KALIFA, Philippe REGNIER, Marie-Ève THERENTY, Alain VAILLANT (dir), La Civilisation du journal. Histoire culturelle et littéraire de la presse française au XIXe siècle, Paris : Nouveau monde, 2011, 1 762 p [notice SUDOC].

    HISTOIRE DE LA RADIO

    OUTILS ET OUVRAGES GÉNÉRAUX :

    • Pierre ALBERT, André-Jean TUDESQ, Histoire de la radio-télévision, Paris : PUF, collection « Que sais-je ? », 1981 (plusieurs rééditions) [notice SUDOC].
    • Christian BROCHAND, Histoire générale de la radio et de la télévision en France, 3 tomes, Paris : La Documentation française, 1994-2006 (issu de la thèse de l’auteur) [notice SUDOC].
    • Jean-Noël JEANNENEY, L’écho du siècle. Dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France, Paris : Hachette Littératures, collection « Pluriel », 1999, 602 p (réédition en 2001) [notice SUDOC].
    • Robert PROT, Précis d’histoire de la radio et de la télévision, Paris : L’Harmattan, 2006, 466 p [notice SUDOC].
    • Jean-Jacques LEDOS, Petite contribution à l’histoire de la radio, Paris : L’Harmattan, 2012, 227 p [notice SUDOC].

    OUVRAGES SPÉCIALISÉS :

    • François CAZENAVE, Les radios libres : des radios pirates aux radios locales privées, Paris : PUF, collection « Que sais-je ? », 1984, 127 p [notice SUDOC].
    • Jean-Louis CREMIEUX-BRILHAC, Hélène ECK, « France » in Hélène ECK, La guerre des ondes. Histoire des radios de langue française pendant la Deuxième Guerre mondiale, Paris : Armand Colin, 1985 [notice SUDOC].
    • Luc BERNARD, Europe 1 : La grande histoire dans une grande radio, Paris : Éditions du Centurion, 1990, 755 p [notice SUDOC].
    • Caroline ULMANN-MAURIAT, Naissance d’un média : histoire politique de la radio en France, 1921-1931, Paris : L’Harmattan, 1999, 270 p [notice SUDOC].
    • Jean-Pierre FILIU, Mai 68 à l’ORTF : une radio-télévision en résistance, Paris : Nouveau monde, 2008, 347 p (issu de la thèse de l’auteur) [notice SUDOC].
    • Denis MARECHAL, RTL, histoire d’une radio populaire : de Radio Luxembourg à RTL.fr, Paris : Nouveau monde, 2010, 582 p (issu de la thèse de l’auteur) [notice SUDOC].
    • Marine BECCARELLI, Les nuits du bout des ondes : introduction à l’histoire de la radio nocturne en France, 1945-2013, Bry-sur-Marne : INA, 2014, 330 p (issu du mémoire de M2 de l’auteure) [notice SUDOC].

    HISTOIRE DE LA TELEVISION

    OUTILS ET OUVRAGES GÉNÉRAUX :

    • Christian BROCHAND, Histoire générale de la radio et de la télévision en France, 3 tomes, Paris : La Documentation française, 1994-2006 (issu de la thèse de l’auteur) [notice SUDOC].
    • Michel HERVE, Les grandes dates de la télévision française, Paris : PUF, collection « Que sais-je ? », 1995, 127 p [notice SUDOC].
    • Karl POPPER et alii, La télévision, un danger pour la démocratie, Paris : Anatolia, 1995, 92 p (la télévision, outil intéressant pour l’éducation, a perdu sa vertu au profit du sensationnalisme) [notice SUDOC].
    • Pierre BOURDIEU, Sur la télévision, Paris : Liber, 1996, 96 p (texte issu de deux conférences télédiffusées dans lesquelles P. BOURDIEU critique la « loi de l’audimat » qui déforme l’objectivité et la qualité des programmes et du journalisme) [notice SUDOC].
    • Stéphane OLIVESI, Histoire politique de la télévision, Paris : L’Harmattan, 1998, 320 p (issu de la thèse de l’auteur) [notice SUDOC].
    • Jean-Noël JEANNENEY (dir.), L’écho du siècle. Dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France, Paris : Hachette Littératures, collection « Pluriel », 1999, 602 p (réédition en 2001) [notice SUDOC].
    • Robert PROT, Précis d’histoire de la radio et de la télévision, Paris : L’Harmattan, 2006, 466 p [notice SUDOC].
    • Jean-Jacques LEDOS, Petite contribution à l’histoire de la télévision, Paris : L’Harmattan, collection « Questions contemporaines », 2012, 196 p [notice SUDOC].
    • Monique SAUVAGE, Isabelle VEYRAT-MASSON, Histoire de la télévision française de 1935 à nos jours, Paris : Nouveau monde, 2012, 401 p (réédité au format poche en 2014) [notice SUDOC].
    • Jean-Jacques LEDOS, Dictionnaire historique de la télévision : de ABC à Zworykin, Paris : L’Harmattan, 2013, 609 p [notice SUDOC].

    OUVRAGES SPÉCIALISÉS :

    • Jérôme BOURDON, Histoire de la télévision sous De Gaulle, Paris : Anthropos/INA, 1990, 359 p (issu de la thèse de l’auteur) [notice SUDOC].
    • Jérôme BOURDON, Haute fidélité : pouvoir et télévision, 1935-1994, Paris : Seuil, 1994, 373 p [notice SUDOC].
    • Marie-Françoise LEVY (dir.), La télévision dans la République : les années 50, Paris : CNRS/IHTP, 1999, 242 p (actes de rencontre scientifique) [notice SUDOC].
    • Isabelle VEYRAT-MASSON, Quand la télévision explore le temps : l’histoire au petit écran, 1953-2000, Paris : Fayard, 2000, 567 p (issu de la thèse de l’auteure) [notice SUDOC].
    • Agnès CHAUVEAU, « L’homme politique et la télévision », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n°80, 4/2003, p. 89-100 (article) [lien CAIRN] [notice SUDOC].
    • Evelyne COHEN, Marie-Françoise LEVY (dir.), La télévision des Trente Glorieuses : culture et politique, Paris : CNRS, 2007, 318 p (actes de rencontre scientifique) [notice SUDOC].
    • Jean-Pierre FILIU, Mai 68 à l’ORTF : une radio-télévision en résistance, Paris : Nouveau monde, 2008, 347 p (issu de la thèse de l’auteur) [notice SUDOC].
    • Patrick EVENO, Denis MARECHAL (dir.), La culture audiovisuelle des années 1960-1970, Paris : L’Harmattan/INA, 2009, 192 p (actes de rencontre scientifique) [notice SUDOC].
    • Gilles DELAVAUD, Denis MARECHAL (dir.), Télévision : le moment expérimental. De l’invention à l’institution (1935-1955), Rennes : Apogée/INA, 2011, 602 p (actes de rencontre scientifique) [notice SUDOC].
    • Isabelle GAILLARD, La télévision : histoire d’un objet de consommation, 1945-1985, Paris : ECTHS, 2012, 352 p (issu de la thèse de l’auteure) [notice SUDOC].
    • Emmanuel LEMIEUX, On l’appelait Télé-Paris : l’histoire secrète de débuts de la télévision française (1936-1946), Paris : L’Archipel, 2013, 205 p [notice SUDOC].

    VERS L’HISTOIRE D’INTERNET

    • Jérôme BOURDON, Valérie SCHAFER (dir.), Histoire de l’Internet, l’Internet dans l’histoire, Paris : Nouveau monde, 2012, 293 p (issu du n°18 de la revue Histoire des médias) [notice SUDOC].
    • Tiphaine Zetlaoui, Histoire(s) de l’Internet, Paris : L’Harmattan, 2015, 222 p [notice SUDOC].

    L’OPINION PUBLIQUE ET SA FORMATION

      • Alfred SAUVY, L’opinion publique, Paris : PUF, collection « Que sais-je ? », 1956, 127 p [notice SUDOC].
      • Dominique REYNIE, Le triomphe de l’opinion publique : l’espace public français du XVI au XXe siècle, Paris : Odile Jacob, 1998, 357 p [notice SUDOC].
      • Jacques ANTOINE, Histoire des sondages, Paris : Odile Jacob, 2005, 282 p [notice SUDOC].
      • Alain GARRIGOU, L’ivresse des sondages, Paris : La Découverte, 2006, 122 p [notice SUDOC].
      • Pierre ROSANVALLON, La contre-démocratie : La politique à l’âge de la défiance, Paris : Seuil, 2006, 344 p (une histoire de la défiance du système politique par l’opinion ; réédité au format poche en 2014) [notice SUDOC].
      • Christian DELPORTE, La France dans les yeux, une histoire de la communication politique de 1930 à nos jours, Paris : Flammarion, 2007, 490 p [notice SUDOC].
      • Jacques JULLIARD, La reine du monde : essai sur la démocratie d’opinion, Paris : Flammarion, 2007, 125 p (essai cherchant à démontrer l’importance et l’intérêt de l’opinion publique dans la pratique démocratique actuelle) [notice SUDOC].