I. L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France

  • I] LA MÉMOIRE IMMÉDIATE DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE EST AMNÉSIQUE : VICHY, LE MYTHE RESISTANCIALISTE ET LES FRANÇAIS (1944-années 60)

    A) A la Libération, on cherche à reconstruire la France et l’unité des Français
    -Les « années noires » (sous le régime de Vichy) ont profondément divisé les Français
    -L’élaboration du « mythe résistancialiste » dès 1944
    -Ce mythe est entretenu par tous les acteurs, y compris les historiens

    B) L’éclatement des mémoires dans les années 1950
    -Une bipolarisation mémorielle liée à la guerre froide
    -Le développement d’une « contre-mémoire » maréchaliste
    -Les déportés ont encore du mal à se faire entendre

    C) La construction d’une mémoire officielle sous DE GAULLE : la « mémoire gaullienne
    -DE GAULLE doit à nouveau unir les Français face aux crises de 1958
    -Le transfert des cendres de Jean MOULIN au Panthéon (1964) : un symbole fort de la politique mémorielle de DE GAULLE

     

    II] APRÈS LE DÉPART DE DE GAULLE, UN NOUVEAU REGARD EST PORTE PAR SUR LES PAGES SOMBRES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE (années 1970)

    A) Nouvelles générations, nouvelles mentalités : le mythe résistancialiste brisé (« Le miroir se brise » selon Henry ROUSSO)
    -Les baby-boomers n’ont pas connu la Seconde Guerre mondiale
    -Le film Le chagrin et la pitié (Marcel OPHÜLS, 1969) révèle la banalité du pétainisme et de la collaboration

    B) La France de Vichy (Robert Owen Paxton, 1973) : un tournant historiographique et mémoriel
    -Tabou, l’histoire de Vichy est réexaminée par 2 étrangers
    -Les historiens français se réemparent progressivement du sujet

    C) En parallèle, la mémoire juive émerge et s’affirme
    -Le procès EICHMANN (1961) a peu à peu libéré la parole des survivants
    -La mémoire du génocide des Juifs se développe face au négationnisme

     

    III] RÉGLER LES COMPTES DU PASSE ET SE SOUVENIR POUR L’AVENIR : LA FRANCE ET LES ENJEUX MÉMORIELS DE LA PÉRIODE 39-45 DEPUIS LES ANNÉES 1980

    A) Le temps des procès dans les années 1980-1990
    -La traque des criminels du régime de Vichy recommence à partir de 1979
    -Le malaise des historiens face aux procès
    -Un climat de suspicion qui révèle bien un « passé qui ne passe pas » (Henry ROUSSO, Éric CONAN, 1994)

    B) L’État encadre et reconstruit la mémoire de la Seconde Guerre mondiale : la « vague mémorielle » déferle en France dès 1990
    -Les acteurs publics reconnaissent leur responsabilité dans les crimes commis sous Vichy
    -La reconstruction et le renouvellement de la mémoire se font par des projets politiques et des lois mémorielles
    -Les historiens dénoncent l’instrumentalisation de la mémoire par l’État et les hommes politiques

    C) Aujourd’hui, le « devoir de mémoire » est encore très présent mais reste toujours sélectif
    -Une demande sociale encore forte pour les grands récits de la Seconde Guerre mondiale
    -Les historiens sont aujourd’hui en mesure d’aborder tous les sujets, y compris la mémoire
    -Certains groupes sont toutefois oubliés par la mémoire collective et nationale

  • LEXIQUE

    Collaborationniste :

    Néologisme créé par Jean-Pierre AZEMA pour désigner les politiques, les militaires et les intellectuels favorables à l’établissement d’un régime fasciste en France et à la victoire de l’Allemagne. Les collaborationnistes soutiennent idéologiquement l’occupant, ce qui n’est pas toujours le cas des collaborateurs.
    Le terme fait l’objet d’un chapitre au sein de l’ouvrage de Jean-Pierre AZEMA et Olivier WIEVIORKA, Vichy, 1940-1944 (Perrin, collection « Tempus », 2004).

    Collaborateur (« collabo’ ») :

    Français favorable au régime de Vichy et à la collaboration avec l’Allemagne et œuvrant généralement avec zèle en leur faveur. Néanmoins, la collaboration peut être volontaire ou non et elle recouvre de multiples réalités (coopération économique, policière, etc.).

    Devoir de mémoire :

    Expression couramment employée depuis les années 1990 qui désigne l’obligation d’entretenir, par divers moyens (à l’école, par l’intermédiaire de commémorations…), le souvenir des souffrances endurées par le pays ou par des victimes précises (et de réparer, alors, le préjudice matériel et moral qu’elles ont subi).

    Épuration :

    Mise à l’écart des collaborateurs à la Libération, de façon sauvage et spontanée d’abord (épuration sauvage ou extrajudiciaire), par les tribunaux avec l’intervention de l’Etat ensuite (épuration légale) par le biais d’ordonnances (26 juin 1944, 26 août 1944, etc.).

    Juste (parmi les nations) :

    Titre décerné par l’État d’Israël depuis 1963 (par l’intermédiaire du mémorial Yad Vashem) à ceux qui ont œuvré au sauvetage des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. 25 000 personnes ont été ainsi honorés, dont 2 700 Français.

    Loi mémorielle :

    Loi qui cherche à établir une vérité historique officielle sur un sujet et qui vise de plus à réprimer ceux qui nient cette vérité ou la falsifient.
    Le concept est apparu en France à l’occasion du débat relatif à la loi sur d’éventuels « aspects positifs » de la colonisation (2005) contre laquelle s’étaient levés grand nombre d’historiens au sein de l’association « Liberté pour l’histoire ». Celle-ci distingue généralement quatre lois mémorielles : la loi Gayssot (punissant le négationnisme, 13 juillet 1990), la loi du 29 janvier 2001 reconnaissant le génocide arménien, la loi Taubira (reconnaissant la traite et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité, 21 mai 2001) et la loi du 23 février 2005 sur la présence française outre-mer.

    Malgré-Nous :

    Terme utilisé en Alsace et en Lorraine pendant la Seconde Guerre mondiale pour désigner les personnes incorporées de force dans la Wehrmacht (armée allemande).

    Négationnisme :

    Fait de nier l’existence du génocide des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale (Shoah). Par extension, le négationnisme désigne la contestation ou la minimisation de tout crime ou fait historique démontré scientifiquement et/ou officiellement reconnu (par une organisation internationale ou un État).
    Il s’agit d’un néologisme créé par Henry ROUSSO en 1987 (dans l’ouvrage Le syndrome de Vichy – 1944-1987) et enrichi depuis (voir les travaux de Valérie IGOUNET sur la question). Le négationnisme est considéré depuis 1990 comme un délit (loi Gayssot), passible d’un an de prison et de 35 000 euros d’amende.

    Politique mémorielle :

    Ensemble des moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics pour entretenir et commémorer le souvenir d’un événement, d’une personnalité ou d’un groupe de personnes (musées, mémoriaux, cérémonies officielles, actions éducatives, etc.).

    Repentance :

    Issu de la sphère religieuse, le mot désigne l’acte par lequel une institution (État, entreprise, etc.) reconnaît officiellement une faute, un crime commis dans le passé.
    Le terme cristallise des tensions mémorielles, en particulier dans les années 2000 au cours desquelles le président Nicolas SARKOZY s’est ouvertement exprimé contre toute repentance, en particulier dans le cas de la colonisation, reprenant la tendance imprimée par Daniel LEFEUVRE (Pour en finir avec la repentance coloniale, 2006).

    Résistancialisme :

    Néologisme créé par Henry ROUSSO en 1987 (Le syndrome de Vichy) pour désigner l’élaboration par le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) du mythe d’une France unanimement résistante pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Service du travail obligatoire (STO) :

    Réquisition de main d’œuvre encadrée par l’État et instaurée par Pierre LAVAL le 16 février 1943 pour répondre aux exigences de l’Allemagne (incarnée par Fritz SAUCKEL – le « négrier de l’Europe » – chargé de la réquisition de la main d’œuvre pour le Reich). Le STO concerna environ 600 000 Français.

    Shoah :

    Ce terme (qui signifie « catastrophe » en hébreu) vise à souligner la spécificité du génocide des juifs perpétré par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Son emploi se diffuse en France après la sortie du film Shoah de Claude LANZMANN en 1985.

    Syndrome de Vichy :

    Expression définie ainsi par Henry ROUSSO dans un ouvrage du même nom en 1987 : « l’ensemble hétérogène des symptômes, des manifestations, en particulier dans la vie politique, sociale et culturelle, qui révèlent l’existence du traumatisme engendré par l’occupation.

    Thèse de l’épée et du bouclier :

    Soutenue par l’historien Robert ARON en 1954 (Histoire de Vichy), cette thèse repose sur l’idée d’un double jeu du régime de Vichy. Collaborant malgré lui, PETAIN aurait été le « bouclier » (défendant la France contre tout excès de l’occupant) et DE GAULLE aurait été l’« épée » (préparant la reconquête du territoire). Tous deux auraient agi de concert. Cette thèse sera remise en question dans les années 1970, en particulier par Robert PAXTON.

    Vichysto-résistant :

    Concept destiné à qualifier les Français qui, favorables aux idées du régime de Vichy (la Révolution nationale), se sont tout de même engagés, souvent sur le tard et pour de multiples raisons (opportunisme, prise de conscience…), dans la Résistance.
    Utilisée dans les prétoires, le terme est d’abord avancé par Laurent DOUZOU et Denis PESCHANSKI en 1996 (« La résistance française face à l’hypothèque Vichy » in Denis PESCHANSKI (dir.), Vichy, 1940-1944), puis dans un sens plus large par Jean-Pierre AZEMA en 1997 (Vichy, 1940-1944). Plusieurs travaux ont enrichi cette catégorie de résistants (Bénédicte VERGEZ-CHAIGNON, Les vichysto-résistants, 2008 ; Johanna BARASZ, « De Vichy à la Résistance : les vichysto-résistants 1940-1944 », Guerres mondiales et conflits contemporains, 2011). Pour J. BARASZ, les vichysto-résistants peuvent être définis comme « des hommes dont l’expérience vichyste marque, d’un point de vue idéologique, organisationnel, stratégique et/ou relationnel, les formes de leur résistance ».

    CHRONOLOGIE

    26 juin 1944 :

    Ordonnance promulguée par le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) à Alger relative à la répression des faits de collaboration : elle rend possible l’épuration dite « légale » ou « judiciaire ».

    9 août 1944 :

    Ordonnance promulguée par le GPRF à Alger : elle considère le régime de Vichy comme illégal et, donc, tous les textes édictés par le gouvernement de PETAIN comme « nuls et non avenus ».

    25 août 1944 :

    Dans un Paris libéré, le Général DE GAULLE lance les bases du discours résistancialiste en prononçant une allocation célèbre à l’Hôtel de ville : « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle ».

    23 juillet 1945 :

    Début du procès du Maréchal PETAIN devant la Haute Cour de justice (créée le 18 novembre 1944). Condamné à mort et à l’indignité nationale, sa peine sera commuée en réclusion à perpétuité par DE GAULLE (17 août 1945). Pierre LAVAL n’a pas le même égard : il est fusillé le 15 octobre 1945.

    16 janvier 1947 :

    Le président de la IVe République, Vincent AURIOL, promulgue une première loi d’amnistie des collaborateurs. Deux autres lois suivront en 1951 et 1953.

    20 février 1953 :

    Amnistie des treize « Malgré-nous », membres de la division SS « Das Reich » coupable du massacre d’Oradour-sur-Glane.

    1954 :

    Publication de l’Histoire de Vichy de l’essayiste Robert ARON qui reprend les grandes lignes de la défense de PETAIN lors de son procès à travers la thèse du « bouclier [PETAIN] et de l’épée [DE GAULLE] ».

    18 juin 1960 :

    Inauguration par le général DE GAULLE du Mémorial de la France combattante au fort du Mont-Valérien (Suresnes) où furent exécutés 1 007 résistants.

    11 avril 1961 :

    Ouverture du procès d’Adolf EICHMANN (acteur majeur de la « Solution finale ») à Jérusalem.

    24 avril 1961 :

    Création du Concours national de la résistance et de la déportation (CNRD) par le ministère de l’Education à l’initiative d’associations d’anciens résistants et déportés.

    19 décembre 1964 :

    Transfert des cendres de Jean MOULIN au Panthéon.

    1966 :

    L’historien allemand Eberhard JÄCKEL publie La France dans l’Europe de Hitler, traduit en français en 1968. Il tente de montrer que l’Allemagne nazie a eu peu d’égards pour la France malgré la collaboration et il minimise le rôle de la Résistance.

    Mai 1968 :

    Révolte étudiante partie de la région parisienne ; parmi les slogans revendicatifs figurent des références à la Seconde Guerre mondiale : « CRS = SS », « ni travail, ni famille, ni patrie ».

    Avril 1971 :

    Initialement programmé pour une diffusion à la télévision (ORTF) en 1969, le film Le chagrin et la pitié (Marcel OPHÜLS), qui révèle la banalité de la collaboration sous Vichy, sort dans quelques cinémas parisiens : il attirera 560 000 spectateurs.

    21 septembre 1972 :

    Lors d’une conférence de presse, le président POMPIDOU affirme vouloir « tourner la page des années sombres ». C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre la grâce accordée à Paul TOUVIER, chef de la milice lyonnaise, en 1971.

    1973 :

    Publication en français de La France de Vichy, 1940-1944 de l’historien américain Robert PAXTON qui fait voler en éclat la thèse de Robert ARON (dite du « bouclier et de l’épée ») en démontrant la réalité de la collaboration d’État.

    9 mai 1975 :

    Valéry GISCARD D’ESTAING, attaché à la réconciliation franco-allemande et à la construction européenne (« lancée » un 9 mai), décide de supprimer le jour férié du 8 mai. La décision est mal accueillie par les Français et son successeur, François MITTERRAND, reviendra sur cette mesure.

    1er novembre 1978 :

    Après une vingtaine de tentatives infructueuses durant les quatre années précédentes, le négationniste Robert FAURISSON parvient à faire publier un article intitulé « Le Problème des chambres à gaz, ou la rumeur d’Auschwitz » dans Le Matin de Paris.

    Mars 1979 :

    Ouverture d’une procédure judiciaire à l’encontre de Jean LEGUAY, haut-fonctionnaire sous Vichy accusé de crime contre l’humanité pour sa participation à la rafle du Vel d’Hiv (1942). Il mourra avant l’ouverture de son procès (1989).

    1979 :

    Création de l’association des fils et filles des déportés juifs de France (FFDJF) par Serge et Beate KLARSFELD dans le but de défendre les droits des descendants des déportés juifs. Un an plus tôt, Serge KLARSFELD publiait un Mémorial de la déportation des juifs de France répertoriant toutes les victimes juives déportées depuis la France.

    4 juillet 1987 :

    Klaus BARBIE, chef de la Gestapo de la région lyonnaise, est condamné à la prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité.

    1988 :

    Publication en français de La destruction des Juifs d’Europe de l’historien américain Raul HILBERG alors que l’édition originale date de 1961.

    13 juillet 1990 :

    La loi Gayssot sanctionne désormais l’expression publique du négationnisme.

    1994 :

    Dans Une jeunesse française, Pierre PEAN révèle le rôle ambigu exercé par le président MITTERRAND sous le régime de Vichy.

    16 juillet 1995 :

    Le président Jacques CHIRAC reconnaît la complicité de l’État français dans la déportation des Juifs de France et dans les crimes commis sous Vichy. Son initiative sera imitée plus tard par la police, l’Église et la SNCF.

    2 avril 1998 :

    Maurice PAPON, secrétaire général de la préfecture de la Gironde entre 1942 et 1944, est condamné à dix ans de prison pour complicité de crimes contre l’humanité, 18 ans après que son rôle dans la déportation de Juifs soit révélé par Le canard enchaîné.

    Décembre 2000 :

    Naissance de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

    Janvier 2005 :

    Ouverture du Mémorial de la Shoah dans le quartier du Marais à Paris.

    10 mars 2006 :

    Un décret institue la Journée commémorative de l’appel du Général de Gaulle.

    16 mai 2007 :

    Le jour de son investiture à la présidence de la République, Nicolas SARKOZY annonce vouloir imposer la lecture dans les collèges et lycées de la dernière lettre du jeune résistant Guy MÔQUET (fusillé en 1941).

    8 mai 2010 :

    Les « Malgré-nous » sont officiellement reconnus comme « victimes du nazisme ».

    27 mai 2015 :

    Entrée au Panthéon de quatre grandes figures de la Résistance : Pierre BROSSOLETTE, Geneviève DE GAULLE ANTHONIOZ, Germaine TILLION et Jean ZAY.

    29 octobre 2016 :

    Le président de la République, François HOLLANDE, reconnaît la responsabilité de l’État dans l’internement des Tziganes en France (environ 6 500 personnes) durant la Seconde Guerre mondiale.

     

    PERSONNAGES-CLÉ

    Lucie AUBRAC (1912-2007)

    Née Lucie BERNARD, elle enseigne l’histoire à Strasbourg où elle rencontre Raymond SAMUEL, issu d’une famille juive, qu’elle épouse en 1939. En août 1940, elle organise l’évasion de son mari, prisonnier de guerre à Sarrebourg, puis le couple s’installe à Lyon et entre en résistance (mouvement Libération-Sud), adoptant le pseudonyme « Aubrac ». En 1943, elle monte l’opération qui libère Raymond des mains de la Gestapo de Lyon, puis les AUBRAC partent à Londres (1944). Après la guerre, Lucie AUBRAC cherche à intégrer le Parti communiste puis milite pour les droits de l’homme au sein du Mouvement de la Paix (fondé en 1948). Elle témoignera au procès de Klaus BARBIE (1987) puis s’affairera à porter la mémoire de la Résistance dans les établissements scolaires.

    Klaus BARBIE (1913-1991)

    Klaus BARBIE intègre la SS en 1935 et officie d’abord aux Pays-Bas au début de la Seconde Guerre mondiale où il poursuit juifs et opposants avec zèle (assaut sur le ghetto d’Amsterdam par exemple). Il est envoyé en France à partir du printemps 1942 et prend la tête de la Gestapo de la région lyonnaise en février 1943. Surnommé « le boucher de Lyon », il donnera l’ordre de torturer et d’exécuter de nombreux résistants (comme Jean MOULIN) mais aussi des otages, et de déporter des milliers de Juifs à Drancy (dernière étape avant Auschwitz), dont les 44 enfants d’Izieu raflés le 6 avril 1944. A la fin de la guerre, il parvient à regagner l’Allemagne et intègre en 1947 le Counter Intelligence Corps de l’armée américaine. En 1951, BARBIE est accusé de vol par la police allemande et il est exfiltré vers l’Argentine avec l’aide des services secrets américains (CIA) et du Vatican. Il s’installe en Bolivie sous le nom de « Klaus ALTMANN », puis s’adonne à des activités subversives (trafic de drogue, trafic d’armes, soutien logistique aux dictatures… – il crée une organisation paramilitaire d’extrême-droite « Les fiancés de la mort »). Il collabore activement avec le régime bolivien et avec la CIA. Retrouvé par les associations et les autorités françaises dans les années 1970, il est arrêté et expulsé vers la France en février 1983. Quatre ans plus tard, au terme de neuf semaines de procès, la cour d’assises du Rhône reconnaît Klaus BARBIE coupable de dix-sept crimes contre l’humanité et le condamne à la prison à perpétuité. C’est la première fois que ce chef d’accusation est retenu en France.

    René BOUSQUET (1909-1993)

    Fils d’un notaire radical-socialiste de Montauban, il débute sa carrière comme chef de cabinet du préfet de Tarn-et-Garonne puis gravit les échelons de la Fonction publique d’Etat (chef de cabinet du sous-secrétaire d’Etat à l’Intérieur à 22 ans, sous-préfet à 24 ans…) dans les années 1930. Préfet de la Marne en 1940, il devient Secrétaire général à la Police de Vichy en 1942, à la demande de LAVAL dont il est l’un des proches. Il met alors en place le fichage, l’arrestation et la déportation des Juifs de France. Collaborant avec l’ennemi (il fera déporter 60 000 Juifs jusque décembre 1943), il noue des liens avec la Résistance en 1943, perdant ainsi la confiance de l’occupant qui l’arrête en 1944. Touché par l’épuration à la Libération, il est condamné à l’indignité nationale en 1949. En 1958, il est amnistié. Ecarté de la haute-fonction publique, BOUSQUET est recruté par la Banque de l’Indochine et se lance en politiques aux législatives de 1958 (soutenu par l’UDSR, l’Union démocratique et socialiste de la Résistance). Actif dans le monde de la presse (La Dépêche du Midi), René BOUSQUET soutient financièrement les campagnes présidentielles de François MITTERRAND (qu’il a rencontré durant la guerre). En 1989, plusieurs associations déposent plainte contre lui pour crimes contre l’humanité. Il est inculpé en 1991, mais l’instruction n’est pas achevée lorsqu’il est assassiné de cinq balles le 8 juin 1993 par un déséquilibré, Christian DIDIER, recherchant la célébrité.

    Charles DE GAULLE (1890-1970)

    Issu d’une famille bourgeoise du nord de la France (les DE GAULLE étaient en fait une famille de juristes parisiens originaires de la province de Champagne), saint-cyrien, Charles DE GAULLE participe à la Première Guerre mondiale en tant qu’officier ; il est plusieurs fois blessé et fait prisonnier. Entre les deux guerres, il enseigne à l’école de guerre où il défend une stratégie nouvelle de guerre de mouvement, reposant sur l’utilisation de blindés. Mais il n’est pas suivi par l’état-major français. Sous-secrétaire d’État à la guerre en 1940, il est chargé de coordonner l’action avec le Royaume-Uni pour la poursuite du combat. Hostile à l’armistice, il rejoint Londres dès le 17 juin 1940 (il lance son célèbre appel le lendemain à la BBC) et organise la résistance extérieure, puis intérieure notamment grâce à Jean MOULIN. Il s’impose à la tête de la France libre alors que les Américains tentent de lui opposer le général GIRAUD. À la Libération, DE GAULLE devient chef du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF). À ce poste qu’il occupe de 1944 à 1946, il réorganise la France avec l’aide des forces politiques issues de la résistance. En désaccord sur la IVe République avec les principaux partis politiques, il démissionne en janvier 1946 et ne reviendra qu’en 1958, après sa « traversée du désert ».

    Serge KLARSFELD (né en 1935)

    Né en Roumanie, Serge KLARSFELD échappe de peu à la Gestapo en 1943, tandis que son père, juif, est arrêté puis envoyé à Auschwitz. Devenu avocat au barreau de Paris, il épouse en 1963 Beate KÜNZEL avec qui il débute des activités liées à la traque d’anciens nazis, en France et en Europe, et à la protection de la mémoire juive. Après avoir publié Le mémorial de la déportation des Juifs de France (76 000 noms de déportés), il fonde ainsi l’association des Fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF) en 1979. Le couple sera à l’origine de poursuites contre René BOUSQUET, Jean LEGUAY, Maurice PAPON et Paul TOUVIER.

    Claude LANZMANN (né en 1925)

    Né dans une famille juive, Claude LANZMANN adhère aux Jeunesses communistes à 18 ans et devient un membre actif de la Résistance de Clermont-Ferrand durant l’Occupation. Après la Libération, il étudie la philosophie en France et en Allemagne où il critique les limites de la dénazification. Il devient journaliste pour Elle, France Dimanche ainsi que la revue Les temps modernes, fondée par Jean-Paul SARTRE et Simone DE BEAUVOIR (avec qui il entretient une relation amoureuse jusque 1959). A partir des années 1970, il se consacre au cinéma documentaire, accouchant, en 1985, d’une œuvre fleuve (9 heures, sans aucune image d’archives), Shoah, auquel il consacre douze ans de travail (recherche documentaire, recherche des survivants, des bourreaux, des témoins, une dizaine de campagnes de tournage et plus de 4 ans de montage).

    Pierre LAVAL (1883-1945)

    Né dans une famille modeste du Massif central, Pierre LAVAL s’enrichit grâce à son métier d’avocat. Réformé pendant la Grande Guerre, il milite en faveur du pacifisme et se range un temps du côté de l’extrême-gauche révolutionnaire. Parachuté à Aubervilliers (une cité ouvrière proche de Paris), il devient député-maire de la ville sous l’étiquette socialiste. Durant l’entre-deux-guerres, il cumule les postes de ministre (de la Justice, du Travail), en particulier aux Affaires étrangères. A ce titre, soucieux de protéger la France contre la menace allemande, il négocie une alliance avec l’Italie de MUSSOLINI ainsi qu’avec l’URSS de STALINE. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il presse les parlementaires de voter les pleins pouvoirs au Maréchal PETAIN le 10 juillet 1940. Il obtient alors la vice-présidence du Conseil et engage, par calcul, la voie de la collaboration. Critiqué par PETAIN, il est renvoyé en décembre 1940, puis réinstallé avec d’importants pouvoirs par l’occupant allemand en avril 1942. Haï par la population, il est rattrapé en Espagne à la Libération, jugé puis condamné à mort au terme d’un procès bâclé.

    Jean LEGUAY (1909-1989)

    Haut-fonctionnaire, travaillant avant la guerre dans les ministères de l’Agriculture et du Travail, il seconde René BOUSUET à la préfecture de la Marne puis au sein du Secrétariat général de la police (il est nommé délégué). Il participe dans ce cadre à la commission préparatoire de la rafle du Vélodrome d’Hiver du 16 et 17 juillet 1942. Démissionnaire en 1943, comme BOUSQUET, il devient préfet de l’Orne. Révoqué de son grade dans le cadre de l’épuration d’après-guerre, il est amnistié en 1955. Après 1945, ses activités s’orientent vers les affaires, en particulier aux Etats-Unis (pour Nina Ricci ou le groupe Warner-Lambert). En 1979, une instruction judiciaire est ouverte contre lui pour crime contre l’humanité, mais il meurt avant que le procès n’ait lieu.

    François MITTERRAND (1916-1996)

    F. MITTERRAND naît dans la ville charentaise de Jarnac au sein d’une famille bourgeoise, catholique et conservatrice. Dans les années 1930, monté à Paris, il entretient des relations étroites avec les milieux d’extrême-droite, anti-communistes et xénophobes, comme les Volontaires nationaux du colonel DE LA ROCQUE. En septembre 1939, lors de l’engagement de la France dans la Seconde Guerre mondiale et terminant ses études d’avocat à Paris, il est envoyé sur la ligne Maginot. Capturé, il s’enfuit en 1942 et finit par occuper un poste au sein du régime de Vichy (il est chargé de la réinsertion des prisonniers) ; le Maréchal PETAIN lui remet même l’insigne du régime, la Francisque. Il entre dans la Résistance en 1943 et s’y distingue tellement qu’il devient ministre des Anciens combattants à la Libération. Il sera 11 fois ministre (ou secrétaire d’Etat) sous la IVe République, aux premières loges de la guerre d’Algérie par ailleurs (c’est lui qui organise la répression au début du conflit). Principal adversaire de DE GAULLE sous la Ve République, il fonde, le 12 juin 1971, un nouveau parti socialiste sur les ruines de l’ancienne SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière), discréditée par son engagement dans les guerres coloniales. Ce « Parti socialiste » l’accompagnera jusqu’à l’Elysée où il régnera 14 ans.

    Jean MOULIN (1899-1943)

    Passionné par le dessin, Jean MOULIN embrasse une carrière préfectorale dès 1919. De 1925 à 1930, il est sous-préfet d’Albertville (à l’époque le plus jeune sous-préfet de France). Dans les années 1930, parallèlement à ses fonctions de sous-préfet et préfet (d’abord dans l’Aveyron en 1937, puis dans l’Eure-et-Loir en 1939), il est nommé chef de cabinet du ministre Pierre COT. En raison de ses idées républicaines marquées à gauche (radical-socialiste), il est révoqué par le régime de Vichy du maréchal Pétain le 2 novembre 1940 et placé en disponibilité. Refusant l’occupation nazie, il rejoint en septembre 1941 l’organisation de résistance la France libre à Londres et devient un proche du général DE GAULLE qui le charge d’unifier les mouvements de la Résistance (Conseil national de la Résistance). Trahi, il est arrêté à Caluire-et-Cuire, dans la banlieue de Lyon, le 21 juin 1943 et conduit au siège de la Gestapo à Lyon où il est torturé. Il mourra de ses blessures dans le train qui le transporte en Allemagne (8 juillet 1943).

    Maurice PAPON (1910-2007)

    Fils de notable, Maurice PAPON débute sa carrière au sein de cabinets politiques au début des années 1930. Sa carrière dans la Fonction publique se poursuit après l’armistice de 1940 : il devient secrétaire général de la préfecture de Gironde en juin 1942. Dans cette région où la population juive est importante, plusieurs rafles importantes sont organisées la même année. À partir de 1943 et surtout en 1944, PAPON entre en contact avec des réseaux de résistance, ce qui lui permet de poursuivre sa carrière de fonctionnaire (préfet de Corse, préfet de Constantine en Algérie). Préfet de police de Paris à partir de mars 1958, il est alors impliqué dans la répression sanglante de la manifestation du 17 octobre 1961 organisée par le FLN, puis dans celle du 8 février 1962, organisée par le PCF pour protester contre l’OAS (affaire de la station de métro Charonne). Elu maire (de Gretz-Armainvilliers, sa ville natale), puis député (sous l’étiquette gaulliste de l’UDR), il devient ministre du Budget de 1978 à 1981. Cette même année, le Canard enchaîné révèle au grand jour le rôle de Maurice PAPON dans la déportation des Juifs bordelais. Après 17 ans de tractations judiciaires, il est condamné puis incarcéré pour complicité de crime contre l’humanité le 2 avril 1998 (il sera libéré pour raisons de santé en 2002).

    Robert PAXTON (né en 1932)

    Issu d’une famille bourgeoise de Virginie, Robert PAXTON étudie l’histoire à Washington, puis à Oxford et Harvard. Il s’installe à Paris en 1960 pour rédiger sa thèse sur la formation des officiers français à l’époque contemporaine. Publiée en 1966 (Parades and Politics at Vichy. The French Officer Corps under Maréchal Pétain), elle lui permet de devenir professeur à l’université de Columbia, à New York. En construisant sa thèse, PAXTON avait remarqué que les archives allemandes contredisaient l’Histoire de Vichy publiée en 1954 par Robert ARON. Il poursuit ce sillon de recherche pour démontrer la participation de l’Etat français à la déportation des Juifs (Vichy France: Old Guard and New Order, 1972, connu en français sous le nom La France de Vichy) : c’est la révolution paxtonienne ».

    Philippe PETAIN (1856-1951)

    Né dans une famille de cultivateurs du nord de la France, PETAIN s’oriente vers une carrière militaire, formé à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Jeune général au début la Grande Guerre, il organise la défense de Verdun en 1916. Il obtiendra la dignité de Maréchal de France en 1918. Dans l’entre-deux-guerres, il se distingue pendant la guerre du Rif au Maroc (1925), prend le ministère de la Guerre (1934) et devient ambassadeur de France dans l’Espagne de FRANCO (1939). Rappelé au gouvernement le 17 mai 1940 après le début de l’invasion allemande, il s’oppose à la poursuite d’une guerre qu’il considère comme perdue et dont il impute bientôt la responsabilité au régime républicain. Devenu président du Conseil, il appelle, dès le 17 juin, à cesser le combat et signe l’armistice le 22 juin 1940. Investi des pleins pouvoirs constituants par l’Assemblée nationale le 10 juillet 1940 et met en place un régime autoritaire et collaborationniste : le régime de Vichy. Il est ramené de Suisse vers la France où il est jugé en juillet 1945. Condamné à mort, sa peine est commuée en prison à perpétuité par DE GAULLE, alors chef du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF).

    Paul TOUVIER (1915-1996)

    Issu d’une famille savoyarde catholique et nationaliste, Paul TOUVIER participe à la Seconde Guerre mondiale au sein de la 8e division d’infanterie nord-africaine. Il revient à Chambéry en 1940 et adhère à la Milice dont il gravira progressivement les échelons, motivé par l’ascension sociale et ses convictions. Chef régional du deuxième service de la Milice à Lyon en 1944, il participe à la persécution des Juifs et à la lutte contre les résistants. En cavale après la Libération, il est arrêté en 1947 à Paris, avant de s’évader. La grâce présidentielle (23 novembre 1971), obtenue grâce à son réseau de relations, est révélée par L’Express et suscite de nombreuses plaintes pour crimes contre l’humanité à partir de 1973. Il est finalement arrêté en 1989, jugé et condamné en 1994 à la réclusion criminelle à perpétuité. Il est alors le premier Français condamné pour crimes contre l’humanité.

  • Emmanuel MACRON : l’histoire au service de la communication

    Antoine FLANDRIN, « L’histoire de France selon Macron », Le Monde, 16 septembre 2017. Dans un article au titre évocateur – mais en même temps très vague, « L’histoire de France selon MACRON », le journaliste Antoine FLANDRIN, interrogeant l’historien Patrick GARCIA (IHTP), tente de cerner le rapport à l’histoire du président ou, plutôt, ...
    Lire la Suite

    L’héritage de Vichy : 100 mesures toujours en vigueur

    Réf. Cécile DESPRAIRIES, L'héritage de Vichy - Ces 100 mesures toujours en vigueur, Paris : Armand Colin, 2012, 256 p. Formée à la philosophie, Cécile DESPRAIRIES s'est consacrée, sur le tard, à l'histoire, plus particulièrement à la période de l'Occupation. Dans son ouvrage paru en 2012, L'héritage de Vichy - ...
    Lire la Suite

    Le devoir de mémoire : histoire d’une formule

    Réf. : Sébastien LEDOUX, "Qui a inventé le devoir de mémoire ?", L'Histoire, n° 419, janvier 2016, p. 22-23. Le devoir de mémoire apparaît aujourd’hui comme une expression récurrente dans les hautes sphères de l’État à l’heure des grandes (et multiples) commémorations. Ce devoir – le terme est fort – ...
    Lire la Suite

    Les premiers témoignages écrits sur la France des années noires (1944-1949)

    Réf. : Laurent JOLY, Françoise PASSERA, « Se souvenir, accuser, se justifier : les premiers témoignages sur la France et les Français des années noires (1944-1949) », Guerres mondiales et conflits contemporains 2016/3 (N° 263), p. 5-34. « C’est dans les quatre première années après la guerre que paraissent les récits ...
    Lire la Suite
  • "La France [de 1940] a placé sa confiance dans les vieilles gloires de la guerre précédente, notamment le maréchal PETAIN […]. Il se croit à l’abri, derrière la protection illusoire de la ligne Maginot. Et lorsque les armées nazies déferlent sur le pays saisi de stupeur, DE GAULLE voit ce ...
    Lire la Suite
    "A l’automne 1960, étudiant à Harvard, j’arrivais à Paris pour entamer ma thèse d’histoire sur le corps des officiers dans la France de Vichy. Bien que seize ans seulement se soient écoulés depuis la Libération, je croyais naïvement qu’un historien pouvait étudier la France de l’Occupation avec la même liberté ...
    Lire la Suite
    "En consacrant une aile du musée des Invalides à la Seconde Guerre mondiale, le chef de l’État poursuit son « devoir de mémoire ». Le président de la République avait promis ce musée dès la fin 1995 aux quelque quatre mille survivants de la France libre. Il voulait y voir figurer les ...
    Lire la Suite
    "Le rôle du PCF dans la Résistance a longtemps été un enjeu politique. Après guerre, des polémiques sont nées, dans le contexte de la guerre froide, en particulier avec les gaullistes. Il s’agit d’une époque où le PC représente un bon quart de l’électorat. Les critiques à l’égard du parti ...
    Lire la Suite
    « Tout le monde sait qu’il a fallu attendre jusqu’en 1941 et l’agression hitlérienne contre la Russie pour que le Parti communiste abandonne sa politique de neutralité envers l’Allemagne nazie. Encore lui faudra-t-il des mois avant que son organisation commence à se manifester. C’est seulement au printemps 1942 que les ...
    Lire la Suite
    « La mémoire est la vie, toujours portée par des groupes vivants et à ce titre, elle est en évolution permanente, ouverte à la dialectique du souvenir et de l’amnésie, inconsciente de ses déformations successives, vulnérable à toutes les utilisations et manipulations, susceptible de longues latences et de soudaines revitalisations ...
    Lire la Suite
    "Il est, dans la vie d'une nation, des moments qui blessent la mémoire, et l'idée que l'on se fait de son pays. Ces moments, il est difficile de les évoquer, parce que l'on ne sait pas toujours trouver les mots justes pour rappeler l'horreur, pour dire le chagrin de celles ...
    Lire la Suite
  • AFFICHES

    Le PCF s’autoproclame parti des 75 000 fusillés (1945)

    Affiche du Parti communiste français (PCF) pour les élections municipales et législatives de 1945-1946.

    Le FNDIRP pour les procès Barbie et Touvier (années 1970)

    Affiche de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP), années 1970.

    Le PCF s’autoproclame « Parti des fusillés » (1945)

    Affiche du Parti communiste français (PCF), 1945.

    La FNDIRP contre PETAIN au moment de son procès (1945)

    Affiche de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP), 1945.

    Des déportés indifférenciés après-guerre

    Affiche du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD), 1945.

    ARCHIVES ET DOCUMENTS HISTORIQUES

    Le PCF s’autoproclame parti des 75 000 fusillés (1945)

    Affiche du Parti communiste français (PCF) pour les élections municipales et législatives de 1945-1946.

    La mémoire gaulliste par les timbres (1957-1961)

    Extraits d’une série de 23 timbres commémoratifs émis par la Poste de 1957 à 1961. Seuls trois célèbrent des femmes.

    La Seconde Guerre mondiale dans un manuel scolaire de 1951

    Histoire Tle L-ES-S, Nathan (collection Guillaume LE QUINTREC), 2017, p. 26.

    La nostalgie des partisans de PETAIN (1951)

    Brochure diffusée par la revue d’extrême-droite Aspects de la France, désireuse de réhabiliter la mémoire de PETAIN (1951).

    Les historiens à la barre de la justice

    L’historien Jean-Pierre AZEMA vient apporter son éclairage sur le régime de Vichy et la collaboration lors du procès Papon (dessin de Noëlle HERRENSCHMIDT publié dans Le Monde, 3 novembre 1997).

    MONUMENTS ET BÂTIMENTS

    Aucun article trouvé.

    ŒUVRES

    Aucun article trouvé.

    PHOTOGRAPHIES

    Les héros de la Résistance dans l’espace public : l’exemple de la station Guy Môquet (Paris)

    Le 27 janvier 1946, la station de métro parisienne « Marcadet-Balagny » est rebaptisée « Guy Môquet », en hommage au jeune prisonnier fusillé en octobre 1941 au camp de Chateaubriant (Loire-Atlantique).

    PRESSE

    SCHEMAS & INFOGRAPHIES

    L’épuration en France après la Seconde Guerre mondiale

    Histoire Terminale L-ES-S, Belin (coll. David COLON), 2016, p. 25.

    Le Mémorial de la Shoah à Paris, un lieu de mémoire depuis 1956

    Manuel d’histoire-géographie Terminale ES-L-S, Belin, 2016, p. 31.

    Le retour des déportés

    Manuel d’histoire-géographie Terminale ES-L-S, Belin, 2016, p.28.


  • Principaux faits et lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France

    Histoire Tles L/ES, Hachette (coll. Vincent ADOUMIE, Pascal ZACHARY), 2012, p. 57.

    La France dans la Seconde Guerre mondiale

    Histoire Tle L-ES-S, Nathan (collection Guillaume LE QUINTREC), 2017, p. 12.

  • ARCHIVES

    DE GAULLE au Mémorial du Mont-Valérien le 18 juin 1965

    Le général de GAULLE assiste ici aux cérémonies commémorant les 25 ans de l’appel du 18 juin (ORTF).

    DISCOURS

    E. MACRON réaffirme la responsabilité de la France dans la rafle du Vél d’Hiv

    Extrait d’un discours du 16 juillet 2017 (AFP), tenu en présence du Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU.

    Jacques CHIRAC reconnaît la responsabilité de l’Etat dans la rafle du Vel d’Hiv (1995)

    Discours du 16 juillet 1995, repris par le journal de France 2.

    Le retour plein de symboles de DE GAULLE à Paris (25 août 1944)


    Vidéo diffusée par FR3 Île-de-France le 25 août 2014

    DOCUMENTAIRES

    Aucun article trouvé.

    EXTRAITS DE FILM

    INTERVIEWS

    Robert PAXTON présente « Vichy et les Juifs » (2015)

    Robert PAXTON sur France Info, 20 octobre 2015.

    Un témoin : Daniel CORDIER, ancien secrétaire de Jean MOULIN (2013)


    « On n’est pas couché », France 2, 11 mai 2013

    PRODUCTION WEB

    REPORTAGES TV

    E. MACRON réaffirme la responsabilité de la France dans la rafle du Vél d’Hiv

    Extrait d’un discours du 16 juillet 2017 (AFP), tenu en présence du Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU.

    MITTERRAND contre la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat (1992)

    A l’occasion de la commémoration de la rafle du Vel d’hiv en ce 16 juillet 1992, Robert BADINTER, président du Conseil constitutionnel, exprime son indignation face au public présent ayant hué François MITTERRAND pour ne pas avoir reconnu la responsabilité de la République française pour les actes commis par le gouvernement de Vichy (reportage de FR 3, 17 juillet 1992).

    Jacques CHIRAC reconnaît la responsabilité de l’Etat dans la rafle du Vel d’Hiv (1995)

    Discours du 16 juillet 1995, repris par le journal de France 2.

    Robert PAXTON, « premier historien de Vichy » (1997)

    Journal télévisé (20 h) de France 2, 30 octobre 1997.

    DE GAULLE au Mémorial du Mont-Valérien le 18 juin 1965

    Le général de GAULLE assiste ici aux cérémonies commémorant les 25 ans de l’appel du 18 juin (ORTF).

    Dès 1944, les rues de Paris changent de nom

    « France Libre Actualités » diffusé le 27 octobre 1944

    Le retour plein de symboles de DE GAULLE à Paris (25 août 1944)


    Vidéo diffusée par FR3 Île-de-France le 25 août 2014


  • CINEMA

    • Le père tranquille (1946). Drame de René CLEMENT avec NOËL-NOËL, Maurice DELAÎTRE, Maurice CHEVIT.
      Comme une majorité des dizaines de films tournés après la Libération, Le père tranquille met en scène un homme commun (« tranquille » en apparence) qui officie en secret dans un mouvement de résistance dont il est le chef respecté.
    • La bataille du rail (1946). Film historique de par René CLEMENT avec Jean DAURAND, Jean CLARIEUX, Tony LAURENT.
      Répondant à une commande du Conseil national de la Résistance (CNR) et de la fédération Cheminots de la Confédération générale du travail (CGT), René CLEMENT s’inscrit dans le mouvement néoréaliste avec ce film glorifiant les cheminots-résistants, sauvant les Juifs et réalisant des actes de sabotage. Prix du jury au Festival de Cannes 1946.
    • Le silence de la mer (1949). Drame de Jean-Pierre MELVILLE avec Howard VERNON, Nicole STEPHANE, Jean-Marie ROBIN.
      Adapté d’une nouvelle publiée clandestinement en 1941, ce drame prend la forme d’un huis-clos dans lequel un officier allemand, francophile, loge chez deux Français et cherche tant bien que mal à les sortir de leur mutisme patriotique. Réalisé sans soutien (MELVILLE refusant toute affiliation au syndicat des réalisateurs) et dans des conditions précaires (pellicule achetée au marché noir), ce film annonce les procédés de la Nouvelle vague.
    • Nuit et brouillard (1956). Documentaire d’Alain RESNAIS.
      Réalisé pour le Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale à l’occasion du dixième anniversaire de la libération des camps de concentration et des centres de mise à mort, ce film de 32 minutes est l’un des premiers à révéler les conditions de vie (et de mort) des déportés (touchés par le décret « Nuit et brouillard »/ »Nacht und Nebel » du 7 décembre 1941). Il sera touché par la censure.
    • La traversée de Paris (1956). Comédie dramatique de Claude AUTANT-LARA avec Jean GABIN, BOURVIL, Louis DE FUNES.
      Le périple comique (au destin tragique) de deux Français des classes populaires qui doivent convoyer des valises remplies de viande de l’autre côté de Paris durant l’Occupation.
    • Paris brûle-t-il ? (1966). Fresque historique de René CLEMENT avec Jean-Paul BELMONDO, Alain DELON, Krik DOUGLAS.
      Une production franco-américaine au casting international à la manière du Jour le plus long (1962). Plusieurs acteurs de l’époque (comme le PCF) ont posé un regard sur la conception du film, lequel donne la part belle à la résistance parisienne.
    • Le franciscain de Bourges (1968). Drame de Claude AUTANT-LARA avec Hardy KRÜGER, Jean-Pierre DORAT, Gerard BERNER.
      Le film témoigne d’un regard nouveau porté sur l’Allemagne à travers l’histoire d’un franciscain allemand, infirmier militaire dans une prison (à Bourges) où est pratiquée la torture, qui vient en aide à deux résistants français.
    • Le chagrin et la pitié (1969). Documentaire de Marcel OPHÜLS.
      Le film mêle images d’archives et témoignages d’habitants de Clermont-Ferrand livrant leurs souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Il dérange car il montre un peuple « ni noir, ni blanc, mais noir et blanc » (Claire ANDRIEU). La réalité de la collaboration apparaît alors, poussant peut-être l’ORTF (chaîne de télévision unique à l’époque) à interdire sa diffusion télévisuelle.
    • L’armée des ombres (1969). Drame de Jean-Pierre MELVILLE avec Lino VENTURA, Simone SIGNORET, Paul CRAUCHET.
      Le spectateur suit Philippe GERBIER, ingénieur des Ponts et Chaussées et chef d’un mouvement de la Résistance. Les difficultés des « combattants de l’ombre » sont clairement montrée ici : dénonciation, camps… Classique du cinéma français, le film traduit la fin du « mythe résistancialiste ».
    • Mais où est donc passée la septième compagnie ? (1973). Comédie de Robert LAMOUREUX avec Pierre MONDY, Jean LEFEBVRE, Aldo MACCIONE.
      Vu par près de 4 millions de spectateurs à sa sortie, cette comédie populaire est portée par trois acteurs empathiques et gaffeurs qui se retrouvent malgré eux en première ligne dans la guerre face aux Allemands en 1940. Dans ce film et ses deux suites (1975 et 1977) sont évoqués la débâcle, la collaboration, l’attentisme de certains Français…
    • Lacombe Lucien (1974). Drame de Louis MALLE avec Pierre BLAISE, Aurore CLEMENT, Holger LÖWENADLER.
      Dérangeant voire glaçant, le film montre l’instabilité de l’adolescence et le poids des choix dans la France de la Seconde Guerre mondiale par l’intermédiaire de son jeune protagoniste principal, Lacombe LUCIEN, qui, rejeté par les maquisards, intègre la Gestapo.
    • Monsieur Klein (1976). Drame de Joseph LOSEY avec Alain DELON, Jeanne MOREAU, Michael LONSDALE.
      Mis en scène par l’Américain Joseph LOSEY, ce drame plonge le personnage incarné par Alain DELON dans les rouages de la Solution finale. Profitant de la situation désespérée des populations juives pour faire des affaires (commerce d’œuvres d’art), Monsieur KLEIN va être confondu avec un homonyme juif, le mettant alors en position d’insécurité.
    • Le dernier métro (1980). Drame de François TRUFFAUT avec Catherine DENEUVE, Gérard DEPARDIEU, Jean POIRET.
      L’un des meilleurs films de TRUFFAUT qui dresse une galerie de personnages (une troupe de théâtre) touchés à des degrès divers par la guerre et l’Occupation.
    • Papy fait de la résistance (1983). Comédie DE Jean-Marie POIRE avec Martin LAMOTTE, Christian CLAVIER, Michel GALABRU.
      L’action prend place en 1943 au sein d’une famille bourgeoise dont les appartements sont occupés par les nazis. Cette farce ironise sur la France de l’Occupation et met en scène aussi bien des résistants que des miliciens, des collabos et des attentistes.
    • Shoah (1985). Documentaire de Claude LANZMANN.
      Salué par la critique, le documentaire montre sans détours l’ampleur du massacre des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale en interrogeant de nombreux témoins et en revenant sur les lieux de l’Holocauste. D’une durée inédite (10 heures), il diffuse en France la notion de « Shoah » (« catastrophe » en hébreu) et lui attache des images durables dans la mémoire collective.
    • Au revoir les enfants (1987). Drame de Louis MALLE avec Gaspard MANESSE, Raphael FEJTÖ, Francine RACETTE.
      Un drame poignant, dur et sans concession montrant le quotidien des enfants d’un collège catholique bouleversé par l’arrestation de trois enfants juifs cachés par le prêtre de l’établissement.
    • Uranus (1990). Comédie dramatique de Claude BERRI avec Gérard DEPARDIEU, Michel BLANC, Jean-Pierre MARIELLE.
      Adapté de l’œuvre de Marcel AYME, le film aborde frontalement la question de la collaboration par la confrontation toute en tensions, en 1945, des habitants d’un village dont l’implication dans la guerre a été fort variable.
    • Un héros très discret (1996). Drame de Jacques AUDIARD avec Mathieu KASSOVITZ, Albert DUPONTEL, Anouk GRINBERG.
      Adapté du roman de Jean-François DENIAU, il s’agit du deuxième film de Jacques AUDIARD qui s’intéresse au « talent » d’usurpateur d’un rêveur opportuniste qui a réussi, en 1944, à se faire passer pour un grand résistant, lequel pourra ensuite intégrer l’administration d’après-guerre (épuration).
    • Monsieur Batignole (2002). Comédie dramatique de Gérard JUGNOT avec Jules SITRUK, Gérard JUGNOT, Jean-Paul ROUVE.
      Un acteur populaire (Gérard JUGNOT) suit, pour ce film, une trame déjà vue : un Français sans histoire décide d’agir sous l’Occupation (1942) et prend en charge un enfant juif.
    • Indigènes (2006). Film de guerre de Rachid BOUCHAREB avec Jamel DEBBOUZE, Samy NACERI, Roschdy ZEM.
      Un film, récompensé (justement) pour l’interprétation de ses acteurs au Festival de Cannes, qui a œuvré pour raviver la mémoire des combattants des colonies françaises, animés par des passions diverses, qui ont participé, comme ici, à la libération du territoire français, de la frontière italienne à l’Alsace.
    • Elle s’appelait Sarah (2010). Drame de Gilles PAQUET-BRENNER avec Kristin SCOTT THOMAS, Mélusine MAYANCE, Niels ARESTRUP.
      Plus habitué aux comédies, le réalisateur s’intéresse à une journaliste américaine qui prépare un article lié à la rafle du Vél’ d’Hiv’ (16 juillet 1942) et qui suit, par la même occasion, les traces d’une petite fille juive déportée lors de cette rafle, Sarah.
    • La rafle (2010). Drame historique de Rose BOSCH avec Jean RENO, Mélanie LAURENT, Gad ELMALEH.
      Le film retrace la Rafle du Vél’ d’Hiv’ (16 juillet 1942). Cinématographiquement poussif, parfois anachronique et sans guère de nuances, le film participe au devoir de mémoire typique des années 2000.
    • A la vie (2014). Comédie dramatique de Jean-Jacques ZILBERMANN avec Julie DEPARDIEU, Johanna TER STEEGE, Suzanne CLEMENT.
      Trois rescapées d’Auschwitz, qui ne se sont pas revues depuis leur retour en France, se retrouvent à Berck-Plage, en 1960.
    • En mai fais ce qu’il te plaît (2015). Drame de Christian CARION avec Olivier GOURMET, August DIEHL, Alice ISAAZ.
      Une œuvre plate qui aborde la débâcle et l’exode de 1940 en France sous un angle mélodramatique et trop peu nuancé.
    • Le voyage de Fanny (2016). Drame de Lola DOILLON avec Léonie SOUCHAUD, Fantine HARDUIN, Cécile DE FRANCE.
      Adapté du livre « autobiographique » de l’auteure Fanny BEN-AMI (Le journal de Fanny), le film raconte le périple à travers la France occupée vers la Suisse d’un groupe d’enfants juifs provenant d’un foyer.
    • La folle histoire de Max et Léon (2016). Comédie de Jonathan BARRE avec David MARSAIS, Grégoire LUDIG, Alice VIAL.
      Une comédie populaire dans la veine de La Grande vadrouille ou de La Septième compagnie par deux humoristes ayant démarré par des vidéos parodiques sur Youtube.
    • Les enfants de la chance (2016). Drame de Malik CHIBANE avec Philippe TORRETON, Pauline CHEVILLER, Matteo PEREZ.
      Inspirée d’une histoire vraie, une plongée dans un hôpital des Hauts-de-Seine où étaient soignés, durant la Seconde Guerre mondiale, des enfants juifs – les « enfants de la chance » – ainsi protégés des rafles allemandes.
    • Un sac de billes (2017). Drame de Christian DUGUAY avec Dorian LE CLECH, Batyste FLEURIAL, Patrick BRUEL.
      Une adaptation du roman de Joseph JOFFO, publié en 1973 (et déjà adapté à l’écran par Jacques DOILLON en 1975), dans lequel deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes tentent d’échapper aux autorités allemandes et vichystes.
    • Nos patriotes (2017). Drame de Gabriel LE BOMIN avec Marc ZINGA, Alexandra LAMY, Louane EMERA.
      Librement adapté du roman Le Terroriste noir de Tierno MONENEMBO, le film suit un jeune tirailleur sénégalais qui, dans les Vosges, participe à la mise en place d’un maquis de résistants.

    TÉLÉVISION

    • Holocauste (1978). Mini-série en 7 épisodes (NBC) réalisée par Marvin CHOMSKY avec Fritz WEAVER, James WOODS, Meryl STREEP.
      Diffusée en 1979 en France, cette mini-série mélodramatique (et ponctuée d’erreurs historiques), qui suit deux familles berlinoises (l’une nazie, l’autre juive) durant la Seconde Guerre mondiale, a contribué à faire découvrir à l’opinion françaises les crimes génocidaires perpétrés contre les Juifs.
    • René Bousquet ou le grand arrangement (2007). Téléfilm (Arte) de Laurent HEYNEMANN avec Daniel PREVOST, Ludmila MIKAEL, Macha MERIL.
      Dans les années 1970, l’ancien responsable de la Police à Paris est rattrapé par son passé. Accusé d’avoir participé à la Rafle du Vél d’Hiv, BOUSQUET tentera de se défendre jusqu’à son assassinat.
    • Un village français (2009-2017). Série historique en 7 saisons (France 3) créée par Frédéric KRIVINE, Philippe TRIBOIT et Emmanuel DAUCE avec Robin RENUCCI, Audrey FLEUROT, Thierry GODARD.
      L’une des meilleures séries françaises des années 2010. Encadrée par l’historien Jean-Pierre AZEMA, elle suit le destin de plusieurs familles d’un même village du Jura. La psychologie des personnages est particulièrement bien travaillée, les turpitudes des choix à réaliser sous l’Occupation sont bien montrées. La série consacre définitivement la fin du mythe résistancialiste et la réalité d’un peuple ni noir, ni blanc, « mais noir et blanc » (Claire ANDRIEU).
    • Résistance (2014). Mini-série en 6 épisodes (TF1) créée par Dan FRANCK avec Pauline BURLET, Tom HUDSON, César DOMBOY.
      La saga de TF1 semble exploiter, avec un gros budget, le simple filon des 70 ans de la Libération à travers cette évocation du groupe de résistants du Musée de l’homme (Paris). Le traitement historique est mauvais, tout comme l’interprétation et la mise en scène, anachroniques.
    • Vichy, la mémoire empoisonnée (2016). Documentaire (France 3) de Michaël PRAZAN.
      Le documentaire montre bien le lent mouvement de reconnaissance du passé sombre de la France et de l’État au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le réalisateur s’attache presque exclusivement au processus politique, laissant de nombreux éléments de côté (sarkozysme) ou oubliant plusieurs groupes de mémoire (« Malgré-nous », Tziganes).
    • Monsieur Paul (2016). Téléfilm (France 2) d’Olivier SCHATZKY avec François MOREL, Laurent GERRA, Hélène ALEXANDRIDIS.
      Le récit de l’enquête du journaliste de L’Express, Jacques DEROGY, sur l’ancien responsable de la Milice lyonnaise, Paul TOUVIER, en cavale depuis 1948.

    MUSIQUE

    • Maréchal, nous voilà (1941) d’André DASSARY.
      L' »hymne de Vichy » est composé en suivant un véritable objectif de propagande. La musique est entêtante, destinée à être fredonnée par les petits Français ; elle est d’ailleurs en grande partie plagiée sur un morceau de Casimir OBERFELD, Juif qui sera déporté à Auschwitz.
    • La France de demain (1941) d’André DASSARY.
      Une autre chanson de propagande interprétée par André DASSARY, vantant la reconstruction de la France sous l’égide de la « Révolution nationale » (Travail-Famille-Patrie) lancée par Vichy.
    • Le grand Charles (1944) de Mireille BROCEY.
      Un chant de la France libre appelant DE GAULLE au pouvoir.
    • Liberté (1945) de Charles TRENET.
      Une chanson populaire célébrant la Libération et le recouvrement de la liberté en dépit des dissenssions dans la « France d’après ».
    • Douce France (1947) de Charles TRENET.
      Composée par Charles TRENET en 1943 pour soutenir les prisonniers et expatriés français, la chanson est enregistrée après la guerre et symbolise la quiétude retrouvée de la nation française au début des Trente glorieuses.
    • L’affiche rouge (1955) de Louis ARAGON.
      Le poète ARAGON rend hommage, dix ans après la fin du conflit, au « groupe Manouchian » vilipendé par les Allemands sur la célèbre « affiche rouge ». Le poème, intitulé « Strophes pour se souvenir », est mis en musique par Léo FERRE.
    • La tondue (1964) de Georges BRASSENS.
      Mobilisé pour le STO puis réfugié à Paris, Georges BRASSENS est témoin des scènes d’épuration sauvage à la Libération qu’il retranscrit ici.
    • Comme toi (1982) de Jean-Jacques GOLDMAN.
      D’origine juive polonaise, GOLDMAN livre une chanson poignante relatant le destin tragique d’une petite Sarah, « qui n’avait pas huit ans », déportée durant la Seconde Guerre mondiale.
    • Des problèmes de mémoire (2006) de ROCE.
      Une évocation des « trous de mémoire » dans la France des années 2000.

    LITTÉRATURE

    • Antoine DE SAINT-EXUPERY, Pilote de guerre (1943)
    • Antoine DE SAINT-EXUPERY, Lettre à un otage (1943)
    • Louis ARAGON, La Diane française (1943). Un exemple de poèmes écrits sous l’Occupation et mettant en valeur la Résistance.
    • Primo LEVI, Si c’est un homme (1945). L’œuvre, témoignage majeur de l’enfer d’Auschwitz, est passé inaperçue à sa sortie en Italie (moins d’un millier d’exemplaires vendus). Il est traduit et publié en français en 1987 (100 000 exemplaires écoulés).
    • Marc BLOCH, L’étrange défaite (1946). Écrit « à chaud », en 1940 par le grand historien et résistant Marc BLOCH (fusillé par les Allemands en 1944), cet essai examine avec une étonnante lucidité les raisons de la défaite française face à l’Allemagne nazie, pointant ainsi les dysfonctionnements de l’armée et de l’appareil politique.
    • Pierre CLOSTERMANN, Le grand cirque (1946)
    • Robert ANTELME, L’espèce humaine (1947). Rédigé dans un langage familier, il s’agit de l’un des premiers témoignages sur l’univers concentrationnaire (ici, Buchenwald).
    • Robert MERLE, Week-end à Zuydcoote (1949). Prix Goncourt (1949), le livre suit les rencontres d’un groupe de soldats français piégés à Dunkerque en 1940, comme le fut Robert MERLE.
    • Charles DE GAULLE, Mémoires de guerre (1954-1959). Rédigées pendan la « traversée du désert » du général, ces « mémoires » retranscrivent des souvenirs plus ou moins complets, plus ou moins sincères, du parcours et des opérations de DE GAULLE durant la Seconde Guerre mondiale.
    • François CAVANNA, Les Russkoffs (1979). Le dessinateur François CAVANNA (Charlie Hebdo) relate ses souvenirs des années 1940, particulièrement son envoi à Berlin dans le cadre du STO.
    • Joseph BIALOT, C’est en hiver que les jours rallongent (2002). Un témoignage écrit sur le tard par Jospeh BIALOT, résistant envoyé à Auschwitz en 1944.

    PEINTURE

    • Bernard BUFFET (1928-1999), Les horreurs de la guerre. Les fusillés, huile sur toile, 265 x 600 cm, 1954.
      Peintre expressionniste au talent mésestimé, BUFFET transposait ici, dans une série sur « les horreurs de la guerre », le souvenir sombre de la Seconde Guerre mondiale.

  • A venir…