L’héritage de Vichy : 100 mesures toujours en vigueur

Réf. Cécile DESPRAIRIES, L’héritage de Vichy – Ces 100 mesures toujours en vigueur, Paris : Armand Colin, 2012, 256 p.

 

Formée à la philosophie, Cécile DESPRAIRIES s’est consacrée, sur le tard, à l’histoire, plus particulièrement à la période de l’Occupation. Dans son ouvrage paru en 2012, L’héritage de Vichy – Ces 100 mesures toujours en vigueur, elle s’intéresse aux dispositions nées sous Vichy (mais qui constituent souvent une

L’héritage de Vichy (2012)

récupération de projets du Front populaire) et qui, en dépit de l’ordonnance du 9 août 1944 considérant comme nuls et non avenus tous les textes réglementaires constitutionnels édictés sous le régime de PETAIN, ont perduré en France depuis lors. DE GAULLE concèdera tout de même, dans ses Mémoires, que « les doctrines sociales de la révolution nationale, organisation corporative, charte du travail, privilèges de la famille, comportaient des idées qui n’étaient pas sans intérêt ». Si la structuration de l’ouvrage est thématique (vie quotidienne, alimentation, culture…), on peut regrouper ces mesures selon leur justification intrinsèque en temps de guerre et d’occupation (voir l’interview de l’auteure dans Libération).

  1. Les mesures favorisant l’occupation et la collaboration :

La police d’État (23 avril 1941), calquée sur le modèle allemand (y compris l’uniforme) dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants ;

Le code de la route pour aider l’occupant allemand à se repérer ; la signalétique était alors sommaire en France, on copiera celle en vigueur en Allemagne ;

Le menu du jour au restaurant, en raison des restrictions, qui propose un plat à prix fixe ;

La loi de non-assistance à personne en danger (paradoxale car elle punit littéralement quelqu’un qui n’a rien fait !) qui oblige les Français à porter secours à un Allemand blessé ;

La carte nationale d’identité obligatoire pour être en mesure de décliner son identité à tout moment ;

L’heure d’été, réglée sur l’horaire en vigueur à Berlin (supprimée à la libération, elle sera remise en place en 1976 dans le cadre du choc pétrolier).

2. Les mesures répondant aux caractères et préoccupations allemands :

Les œuvres de MOZART, oubliées mais rediffusées alors sur les ondes françaises ;

Le handball, destiné à supplanter le football, trop britannique ; le rugby se jouera désormais à XV plutôt qu’à XIII comme au Royaume-Uni

Le judo, sport du Japon, alors allié des Allemands, est introduit en France ;

La visite médicale à l’école, les Allemands étant très préoccupés par l’hygiène ;

Le carnet de vaccination ou encore la médecine du travail répondent à ce même souci des maladies ;

Le sport au baccalauréat, exigence imposée par le culte du corps du régime totalitaire nazi.

3. Les mesures propres à l’idéologie de Vichy :

La fête des mères, célèbre exemple qui révèle l’importance donnée à la femme génitrice ;

Les ordres des médecins et des architectes dans l’esprit corporatiste de Vichy ;

Les comités d’entreprise, cadres, également, de l’encadrement professionnel strict ;

Le salaire minimum qui, bien inférieur au salaire du STO (service du travail obligatoire), permettait d’inciter les jeunes à y souscrire ;

L’accouchement sous X destiné à promouvoir les naissances face aux risques d’infanticides ou d’avortement, notamment dans le cadre des relations entre Françaises et Allemands ;

La Fête du Travail, renvoyant à la devise de Vichy (« Travail, famille, patrie ») ;

Le concours du meilleur ouvrier de France, créé en 1941, vantant les qualités professionnelles des artisans, sur le modèle du Reichsberufswettkampf allemand.

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