L’entrée de la Chine à l’ONU commentée en 1972

« Assumant le leadership du Tiers-monde, il est probable que la Chine infléchira notablement les relations des divers pays ou groupes de pays, y compris leurs rapports au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU). […] Les hégémonies “verticales” (États-Unis, URSS, Grande-Bretagne, France) sont contestées. Les pays en voie de développement multiplient leurs “contacts horizontaux” ; ils font preuve d’une plus grande solidarité et tendent à pratiquer une diplomatie non engagée. Mais, dira-t-on, ne vont-ils pas tomber de l’emprise américano-soviétique sous la coupe de Pékin ? Il est certain que la Chine pèsera de tout son poids et usera de son droit de veto pour soutenir les justes revendications du tiers-monde. Elle saisira l’Onu de toutes les questions touchant à l’indépendance et au développement, appuyée sur la majorité numérique des pays pauvres. De ce fait, elle acquerra une puissance inégalée. Cela dit, il est peu probable que l’on puisse assister à une emprise chinoise du type de celle qu’ont exercée les Américains et les Soviétiques. Car, d’une part, la Chine ne possède pas les formidables moyens de ces deux pays ; d’autre part, on peut penser que l’entrée de la Chine va mettre fin à la politique des “blocs”, à l’antagonisme bipolaire et exclusif. »

Léon TRIVIERE (1915-1998), « Pékin à l’Onu, Taipei exclu », Études, janvier 1972.

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