Le face-à-face Chine-Japon (2010)

« S’agissant de la construction régionale, [les conceptions de la Chine et du Japon ] sont opposées : pour la Chine, son périmètre devrait être celui de l’ASEAN+3 alors que le Japon milite pour l’ASEAN+6, qui inclut l’Autralie, l’Inde et la Nouvelle-Zélande. […] La raison du désaccord est évidente. La Chine préfère le cadre de l’ASEAN+3, où son influence est plus forte ; le Japon privilégie au contraire ASEAN+6 car les liens étroits qu’il a tissés avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande et plus récemment l’Inde, lui permettraient d’établir un « arc de la démocratie » en rempart contre les ambitions chinoises. L’accès aux ressources, vital pour chacun des deux pays, les oppose aussi violemment. Pour les hydrocarbures par exemple, deux différends les ont déjà opposés. Outre le contentieux territorial sur l’archipel Senkaku/Diaoyutai, un désaccord les sépare sur leurs frontières maritimes et donc sur la propriété des ressources halieutiques ou énergétiques de certaines zones, notamment les gisements pétroliers et gaziers situés en mer de Chine orientale. Ils s’étaient déjà longuement affrontés par Russie interposée sur le tracé du pipeline acheminant le pétrole sibérien vers la région Asie-Pacifique. »

C. MEYER, Chine ou Japon, quel leader pour l’Asie ?, Presses de Sciences Po, coll. « Nouveaux débats », 2010.

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